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mercredi 1 avril 2026

Pourquoi je n'ai pas terminé le baccalauréat en psychologie

Pourquoi n'ai-je pas terminé le baccalauréat en psychologie ? Et pourquoi ne le finirai-je sans doute jamais ?

Tout d'abord, quelle place occupe la psychologie dans ma vie ? Une énorme.

Je réfléchis et je respire comme un psychologue, en vérité. Quand je pense, quand je parle, je fais allusion à Freud, à Jung, à James, à Skinner, à Cyrulnik (il a le potentiel d'être controversé dans cette liste – mais c'est pour moi un géant).

Quand je pense, quand je parle, c'est : analyse de la personnalité et des émotions, Big Five, psychodynamique, psychopathologies, théorie de l'attachement, concepts de psychométrie, faits intéressants tirés des neurosciences...

Au début de la trentaine – je n'avais pas encore étudié à l'université, mon certificat en psychologie ayant eu lieu durant mes 33 et 34 ans – j'ai fréquenté, amoureusement pour ainsi dire, mais brièvement, une psychologue fraîchement diplômée. J'avais alors une cinquième secondaire pour tout diplôme. En marchant sur la rue avec elle, une fois, elle me fait part de son étonnement : nous avions, selon elle, le genre de discussions qu'elle avait avec ses camarades... au doctorat.

Un certificat, ai-je dit ? Ça, je l'ai complété. Et c'est là qu'on s'approche du noeud de ce billet.

Étant donné mes connaissances en psychologie, et ma passion pour celle-ci, ce diplôme peut me faire passer pour un underachiever. Les ressources humaines du monde entier, irréfléchies par nature, me perçoivent certainement ainsi, et il s'en est fait ressentir dans mon cheminement de carrière.

Mais qu'en est-il du contexte de ce certificat ?

Je l'ai complété à 33-34 ans, comme mentionné. À temps partiel, tandis que j'occupais un emploi exigeant à temps plein. Cela faisait une quinzaine d'années que je n'étais pas allé à l'école. Je n'avais pas la moindre idée comment étudier, ne l'ayant pas fait au secondaire. J'étais affligé d'un TDAH massif. J'ai choisi certains des cours les plus difficiles – le certificat, c'est un cours obligatoire, et neuf optionnels, à choisir parmi les cours du bac – dont les cours de neurosciences.

En parallèle, je traduisais Shakespeare, ses sonnets plus précisément. Un travail où je me suis imposé des contraintes extrêmes : utilisation de l'alexandrin pour donner la réplique au pentamètre iambique, respect de la métrique, du schéma des rimes, etc. J'ai également mis un point d'honneur à respecter les enjambements, l’imagerie poétique, l’émotion... surtout l’émotion... le vocabulaire, etc.

Sans ces contraintes (si j'avais traduit comme les autres traducteurs l'ont fait), cela m'aurait pris 100 à 200 heures. J'ai sciemment choisi d'en mettre 600 à 700. Autrement, cela aurait dénaturé Shakespeare.

Mais revenons à l'école.

Pourtant, ma moyenne a été de A. C'était avant l'avènement des IA génératives qui peuvent nous soutenir intellectuellement. J'avais un dossier académique qui me qualifiait pour le doctorat.

J'ai complété le certificat, et puis, et puis...

*

Et puis je suis tombé amoureux. Et puis le désir d'écrire (mes propres oeuvres), refoulé, se faisait ardent. Et puis je suis devenu père. Pour vous situer, c'était aux environs de la pandémie. Sinon, le certificat, simple diplôme de premier cycle, m'a ouvert quantité de portes dans mon entreprise. Cinq promotions en cinq ans. L'ascension bloquée enfin permise.

J'ai bien sûr voulu continuer à étudier. J'étais sur une lancée. J'étais fier de moi – je dirais même enivré par ces improbables noces avec l'école. Je me suis essayé à d'autres certificats, que j'ai jugés tous plus ennuyants les uns que les autres ; j'ai dû laisser ces programmes derrière.

Finalement, l'idée m'est venue : le baccalauréat en psychologie. Si j'avais aimé le certificat, il serait normal de poursuivre mon chemin dans ce programme.

Je m'y suis inscrit, j'ai été accepté. Quelques fois, à vrai dire. Malgré cela, je n'ai dû faire qu'une session. Qui s'est bien déroulée au demeurant. Bon, quelques soucis de santé m'ont peut-être retenu dans ma course...

Quand j'ai mis les études de côté après cette session-là – je devais avoir 37 ans – j'ai renoué avec l'écriture de nouveau, mon moteur créatif s'étant un peu atrophié durant la pandémie. J'ai pondu l'un des plus beaux recueils de poésie qui sommeillait en moi.

Puis je me suis attaqué à de gros morceaux : certains romans qui m'habitaient depuis longtemps. L'un a tenté de venir au monde pendant dix ans, ce qui était impossible avec l'université et la traduction des sonnets. J'ai finalement réussi à l'écrire à trente-neuf ans. L'autre, plus massif encore, qui doit bien avoir mûri en moi quinze ans, je l'écris présentement.

Et ces romans, ce n'est qu'une fraction des livres que j'entends écrire.

C'est pour cela, entre autres, que je n'ai pas complété le baccalauréat en psychologie. Pas par manque d'ambition.

Il était plus important pour moi de réviser mes traductions de Shakespeare. Il était plus important pour moi de porter la dette psychique des 30 romans que je voulais écrire. D'accoucher de nouvelle poésie et de pièces de théâtre. De suivre mes autres élans intellectuels. De bâtir ma carrière. De m'occuper de mon fils.

De vivre.

mardi 5 décembre 2023

Merci, gentlemen

I have never let schooling interfere with my education.

Voilà une belle citation. Je pensais qu'elle était attribuable à Mark Twain, mais il semblerait qu'elle soit plutôt de Grant Allen.

vendredi 11 août 2023

Articulation de prises de conscience : 1 de 2

Le vent noir venant de ma fenêtre, venant de la nuit fraîche, me fait de vraies douceurs et rend agréable cette séance de pianotage à l'ordinateur.

Je rentre du café, où j'ai réfléchi, où j'ai pris des notes sur mon cellulaire.

Me voici donc qui veux en faire un billet de blogue.

Récemment, je suis tombé sur une publication de Dr Fanny Nusbaum Paganetti, qui met en lumière le rôle du Default Mode Network (DMN) dans la créativité. Pour le stimuler, que faire ? Rien, précisément. Pendant une à deux heures par jour. Des activités solitaires et automatiques permettent au DMN de déployer notre « génie créatif ». Une chouette approche. Cette stratégie, c'est le « boss de l’eurêka » comme elle le dit. Avec ça, de l’eurêka, en veux-tu en v'là.

Mais ce n'est pas tout. La journée même, si je me souviens bien, je syntonise ICI Musique, pour m'encourager tandis que je fais la vaisselle. L'animateur parle soudain d'Archimède, qui, en s'enfonçant dans son bain, voyant l'eau monter, a l'un de ces moments d'eurêka.

Alors là, je me suis dit : la vie me parle.

Quelques jours plus tôt, j'étais retombé sur cette noble et si bien formulée suggestion de Rainer Maria Rilke : « Ne vivez pour l'instant que vos questions. Peut-être, simplement en les vivant, finirez-vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses. »

J'étais bien déterminé à vivre mes questions. Mais cette passivité m'agaçait un peu. Ainsi, me faire montrer le chemin de l'eurêka m'est apparu comme un régal.

Je ne suis pas quelqu'un qui se repose beaucoup, dans la vie. L'arrêt de travail aide certainement à prendre conscience de cette nécessité. Toujours est-il, j'ai décidé d'appliquer le conseil de Dr Nusbaum Paganetti. Et des eurêka, il m'en est venu, justement.

Et le plus beau, le plus gros :

(Un peu de contexte, d'abord)

J'ai complété un certificat en psychologie, axé en bonne partie sur la neuropsychologie, contre toutes attentes, il y a quelques années. Je dis contre toutes attentes, car j'étais certain que je demeurerais un autodidacte qui n'irait jamais à l'université.

Plus tard, j'ai jonglé avec l'idée de poursuivre ce chemin académique, et de faire un baccalauréat en psychologie – j'y ai été inscrit un certain temps, j'en ai fait la moitié, et j'ai obtenu une super moyenne.

Mais j'ai mis le BAC de côté, au milieu de 2022. Pour des raisons de santé, pour des raisons personnelles, de même que pour des raisons de réalisation personnelle. En ce qui a trait à la dernière raison énumérée : il me fallait regagner mes rêves, mes propres projets.

Or, depuis, j'étais en proie à un tiraillement intérieur. J'aurais aimé décrocher ce BAC. Je raisonnais en termes de standards sociaux : c'est généralement le « standard » pour un travailleur. Ou bien je me flagellais de la sorte : je suis un intellectuel, un gars cérébral, ça serait la moindre des choses pour moi de terminer ça. Et ainsi de suite. On remarquera que je m'appuyais sur des arguments extérieurs à moi, pour me convaincre d'y retourner, ou me culpabiliser.

(Fin de la mise en contexte.)

Ainsi, le plus beau et le plus gros eurêka, dans tout ça ?

Je regardais les cours du bac en psycho, et ça m'a fait réaliser que j'ai aimé ça. J'ai aimé cette expérience.

Cet insistant appel, en moi, je l'avais attribué à un conditionnement social. J'avais l'impression que mon esprit me disait « Tu dois le faire. »

En vérité, mon cœur me disait : « Tu t'étais attaché à cette expérience. Tu as éprouvé de l'amour pour ce chemin. »

Voilà. Eurêka.

**

Mais d'autres objectifs plus importants sont au programme de mon existence, de mon plan de vie. C'est principalement pour ça que j'ai mis ce programme universitaire de côté.

Avoir de l'amour, comme dans une relation amoureuse, n'est pas toujours suffisant pour continuer à aller de l'avant.

Ainsi, la meilleure réaction possible, c'est me faire la promesse que si, dans le futur, je juge toujours ce périple académique pertinent, et que l'envie demeure, je m'y lancerai de nouveau une fois que j'aurai vécu mes autres rêves, qui sont plus prioritaires.

jeudi 5 mai 2022

L'idée, toé

Faire une session scolaire, en même temps que je supervise la publication d'un recueil de poèmes, que j'ai un jeune bébé et que je suis sur un mandat difficile au travail. J'arrêtais pas de tomber malade en plus. Malgré tout, les notes finales sont entrées, et je suis satisfait. C'est ça qui compte. Pas trop abîmé ma moyenne.

Baisser du rideau, la sombre pièce est terminée, soupir de soulagement.

Je ne peux pas croire que c'est fini, et mon inconscient non plus, car je rêve encore d'école.

vendredi 3 septembre 2021

He schooled us 'bout school right there

J'ai toujours adoré cette pensée au sujet de l'école. Quelle honnêteté ! Ce propos, de l'air frais.

« C'était dingue, cette vie. Il me semblait que tout le monde était à l'école, tout le monde à part moi. Et pour étudier quoi, bon Dieu? Pour aller où? Je connaissais la musique; du temps que c'était mon métier d'aller à l'école, j'étais le meilleur de tout leur foutu système. Mais à quoi cela rimait-il de se bourrer le crâne d'inepties pour devenir inamovible, de se prêter au jeu, d'acquérir le minimum de connaissances requis pour décrocher un papier à enluminures et courir occuper une case dans un organigramme, une place qui existait déjà, pour se mettre délibérément à la merci d'un implacable engrenage de mort lente et être, tout au long de sa chienne de vie, absolument et misérablement dispensable? D'autres chemins menaient au pouvoir, d'autres moyens existaient d'orienter sa destinée, plus viables et plus dignes. »

— Christian Mistral

jeudi 3 juin 2021

Rien à ajouter



Ou si j'ajoutais quelque chose : l'intelligence du gars dans l'armée m'a tout de suite frappé: son expression précise, ses idées bien articulées, la cohérence de sa définition de l'intelligence, son regard droit et allumé.

J'ai à peu près deviné le résultat. J'ai seulement inversé, dans l'ordre, Tyler et Kaylee.

mardi 2 mars 2021

Il a cent pour cent raison



La différence entre la motivation intrinsèque et la motivation extrinsèque. Cette dernière tue le talent, éteint la flamme, et bientôt l'âme s'est tue.

L'école est souvent un établissement pénitentiaire où l'empiffrement sans goût et la régurgitation subséquente sont assimilés à l'apprentissage.

mardi 19 janvier 2021

Un bon prof de français

Un bon prof de français, selon moi, d'abord et avant tout, n'est pas psychorigide.

Il ne trafique pas la langue pour la faire coïncider avec ses désirs. Avec ses désirs arrêtés.

Mais un tel bonhomme doit être rigoureux. L'étant, il l'est d'abord envers lui-même. Puis envers la langue. Pour la faire chanter plus. Si la langue l'aime, elle le lui montrera. Par exemple, il n'a pas une rigueur de façade, qui consisterait à resserrer, dans un caprice, la définition de ses figures de style; il n'a pas ce genre d'ersatz de rigueur qui lui ferait voir des erreurs de syntaxe quand c'est son cerveau, d'une arrogante cécité, qui en commet.

La langue française est une maîtresse. Elle est ouverte d'esprit, intuitive, suave. Elle ne se laisse pas approcher par les mécréants et les cœurs mesquins. Elle n'aime pas les individus restrictifs et radins.

La muse qu'est le français réclame de l'ouverture d'esprit, un goût pour l'enchantement, et une habileté qui dépasse les recettes sombrement mathématiques. Quiconque a une recette claire et étriquée face à cette langue est damné.

Un bon prof de français, selon moi, en somme, n'est pas psychorigide...

samedi 28 novembre 2020

Bonne citation de Musk

Comme le relate cet article, Elon Musk affirme: «Je crois que l'université permet surtout de se divertir et de prouver qu'on sait s'acquitter de ses tâches, mais on n'y va pas pour apprendre.»

samedi 21 novembre 2020

Psychology Today au sujet de l'école

D'extraordinaires citations!

Deux que l'on retrouve dans cet article:


“I have never let my schooling interfere with my education.”

- Mark Twain


“What does education often do? It makes a straight-cut ditch of a free, meandering brook.”

- Henry David Thoreau

mardi 4 février 2020

Elon Musk

« Il n'est même pas nécessaire d'obtenir un diplôme de l'université... Pas du tout... Pas même du secondaire. Si quelqu'un obtient un diplôme d'une grande université, cela peut être une indication qu'il sera capable de grandes choses, mais ce n'est pas nécessairement le cas.

[...]

Il suffit de chercher des preuves d'habileté exceptionnelle, et s'il y a les traces de réalisations exceptionnelles, alors il est probable que cela se poursuivra. »

Elon Musk

samedi 31 août 2019

jeudi 1 août 2019

Psychologie de la motivation et des émotions: un résumé

Voici un article que je veux faire depuis un mois!

C'est un pas si succinct résumé de mon cours de Psychologie de la motivation et des émotions. Pourquoi?

D'abord, c'est un sujet qui m'intéresse. J'avais autrefois conçu mon propre système motivationnel et émotionnel. Ce n'était pas vaguement théorique, quoique ce n'était pas scientifique, du fait de mon statut d'observateur et d'amateur d'introspection, plutôt que de scientifique. Le but était de mieux vivre. Donc d'augmenter ma motivation et de mieux cerner et gérer mes émotions. Il y a une grande quantité de choses que j'ai vues dans ce cours qui ne m'étaient pas, en un sens, étrangères. J'avais quelquefois, pour ainsi dire, conçu des idées similaires, mais dans une autre langue, et il me suffisait de traduire pour opérer un rapprochement avec l'enseignement.

D'autre part, je crois que c'est le seul cours, dans la même optique, qui m'a appris quelque chose de pratique, à l'échelle de ma vie personnelle. Ce billet est donc un rappel pour moi-même.

Je ne citerai pas d'auteurs, d'études ou rien, du moins pas dans le détail, ce sera juste les grandes lignes.

MOTIVATION

ACA (truc mnémotechnique): autonomie, compétence et appartenance. Ce serait les trois besoins psychologiques fondamentaux. Si ces besoins sont frustrés, cela altère notre bien-être et notre fonctionnement.

Ex.: un employeur qui ne fournirait pas un environnement permettant de bien développer ces besoins aliénerait ses travailleurs.

Plus précisément, pour l'autonomie, il pourrait s'agir de donner un sens au travail. On a alors plus de chances de vouloir le faire. Il faut par ailleurs quelqu'un, dans cette optique, qui reconnaît qui on est, nos sentiments. On sent alors qu'on est soi-même et qu'on peut s'exprimer.

Dans une étude, nous pouvions observer la corrélation suivante: une grande autonomie au travail entraînait moins d'épuisement professionnel (burnout), plus de vigueur, plus d'engagement, plus de performance.

Une grande appartenance avait le même effet, si je me souviens bien, mais c'était moins marqué.

Du reste, on ne peut pas toujours laisser une entière autonomie à quelqu'un. Comment se faire encadrant sans être contrôlant?

Ceci nous mène au support à l'autonomie. Sans trop entrer dans le détail, il s'agit d'offrir un cadre au sein duquel il est possible pour la personne concernée de faire ses choix (selon un éventail donné), et d'avoir une attitude positive et bienveillante à l'égard de la personne à qui l'on offre ce type de support. On peut aussi créer du sens en expliquant pourquoi il faut réaliser telle tâche. Il faut éviter le plus possible la pression de même que le contrôle. Enfin, il faut éviter d'offrir des récompenses trop concrètes (un cadeau, de l'argent), dans la mesure où ça émousse la motivation intrinsèque. Ce sont surtout les récompenses ayant un lien avec la notion de compétence qui peuvent accroître la motivation intrinsèque. Ex.: «Bravo d'avoir réussi ton test pour le permis de conduire!»

En ce qui a trait justement aux types de motivations, on en retrouve deux: intrinsèque et extrinsèque. Mais ce n'est pas clivé. Ça évolue sur un spectre.

Naturellement, quand on parle de motivation intrinsèque, c'est quelque chose qui vient de soi, un grand moteur.

Tandis que la motivation extrinsèque (dans le sens le plus pur), c'est par rapport à quelque chose d'extérieur à soi. Aller à l'école pour plaire à sa famille, obtenir un diplôme parce que les groupes de ressources humaines en exigent absolument un, avoir un véhicule qui attire l'attention.

Une motivation qui fut intrinsèque peut, malheureusement, devenir extrinsèque. Par exemple, si une personne aime dessiner et qu'on la «force» à le faire, ceci pourrait endommager sa motivation intrinsèque.

Une étude avec des «puzzles» pour des adultes démontrait que ce qui soutient le plus la motivation intrinsèque, c'est une rétroaction verbale (plutôt qu'une récompense).

C'est bon à savoir pour un employeur. Féliciter ses employés plutôt que d'utiliser le nanane au bout du bâton (comme la carotte pour le cheval) serait une bonne chose. Moins cher pour l'entreprise, et plus humain...

Quoiqu'une paie adéquate est certainement la bienvenue, mais ça, c'est une autre paire de manches.

Toujours est-il, ce qui explique ce que je mentionne un peu plus haut, c'est la satisfaction du besoin de compétence. Par contre, pour que ça fonctionne, il faut que ça soit dans un contexte qui supporte l'autonomie.

Davantage de recherche a démontré (après, jusqu'à quel point faut-il extrapoler?) que pour une tâche complexe, une récompense réduit l'efficacité. Mais pour une tâche simple et ennuyeuse, donner des récompenses, ça augmente la vigueur qu'on met dans la tâche, la rapidité avec laquelle on l'exécute.

Lorsqu'on a une motivation intrinsèque, mais qu'on se fait récompenser, on finit par s'interroger (plus ou moins consciemment) à savoir si on aime réellement ça. Le locus de causalité change d'endroit.

Si l'on résume pour ce point: les récompenses tangibles (ex.: de la nourriture, un prix en argent) ont tendance à susciter moins de motivation intrinsèque et à faire diminuer la créativité. Les récompenses verbales, quant à elle, ont tendance à augmenter la motivation intrinsèque. Il faut cependant faire attention au contrôle; il faudrait remplacer celui-ci par du support à l'autonomie.

Du reste, quand on a du choix (quand on est autonome), les expériences typiquement considérées comme des échecs seraient vues positivement. On les percevrait alors de façon informative. Ce qui mène à une meilleure performance.

En terminant, voici le dernier point que j'ai décidé d'aborder par rapport à la motivation: la résignation acquise. Celle-ci découle d'une frustration trop longue par rapport à nos besoins de compétence. Autrefois, dans un livre de psychologie, j'avais lu à ce sujet; sans savoir que cela portait ce nom. Par exemple, si des requins sont dans un bassin, et qu'une vitre coupe le bassin en deux, les requins vont se cogner contre la vitre en voulant aller vers l'autre moitié. Après un certain temps, ils ne voudront plus tenter de franchir la limite invisible qu'est la vitre. Si l'on retire la vitre à leur insu, ils ne voudront toujours pas aller dans l'autre portion du bassin, qui leur était inaccessible. Il en va de même pour l'être humain: lorsqu'on le limite constamment, celui-ci risque de finir par se limiter lui-même, plus tard, à cause des croyances ainsi acquises à son propre sujet.

ÉMOTIONS

J'y vais d'abord avec deux principes étonnants, mais pour le moins réjouissants. Aussi, j'y vais de mémoire, car je n'ai que des notes sommaires au moment où je rédige cet article.

D'abord, une étude qu'il nous avait été donné de lire suggérait que les émotions positives n'ont pas le caractère éphémère qu'on leur prête parfois. Elles auraient une espèce d'effet cumulatif et ainsi protecteur. Pour imager, elles permettent de développer dans l'esprit un certain fond de stabilité. Ce type de ressource mentale sera utile ultérieurement lors de moments plus difficiles.

Par ailleurs, dans la broaden-and-build theory, on dit que les émotions négatives induiraient, psychologiquement parlant, une espèce de vision tunnel. C'est-à-dire que la pensée et les actions puiseraient dans un répertoire momentanément restreint. En fait, on serait dans les comportements de survie. Tandis que les émotions positives permettraient une pensée et des actions plus souples, diversifiées, etc.

Ensuite, il a été question de la notion d'estime de soi. Lorsqu'on pense à celle-ci, normalement, c'est à l'estime en tant que trait. C'est-à-dire: «J'ai telle estime de moi-même dans l'ensemble, ou pour telle chose.» (ex.: j'ai telle estime de moi-même en général, ou j'ai telle estime de moi-même en tant que musicien).

Par contre, nous avons vu dans le cours l'estime de soi en rapport au sociomètre. C'est-à-dire que notre estime de nous-mêmes dépendrait fortement de l'opinion qu'ont les autres. Par exemple, si une personne a un comportement jugé inapproprié par la plupart des membres d'un groupe, le sociomètre de l'individu concerné va l'en aviser: son estime va baisser. Il devra donc procéder à des ajustements comportementaux afin de gagner l'estime d'autrui. Il y aurait une question de survie associée à cela. Une personne ne peut pas compromettre la survie d'un groupe. Ainsi, le groupe l'avise de ce qu'elle doit faire pour être mieux adaptée.

Ce type d'estime de soi-même ne serait pas incompatible, à ce que je sache, avec l'estime de soi en tant que trait.

J'ai par ailleurs mes réserves. Quid du cas où un groupe est malsain? On dit en psychologie qu'il faut avoir une personnalité pathologique pour être bien intégré à une société malsaine.

De façon beaucoup plus amusante, voici une citation provenant d'Internet, dont la source exacte est toutefois nébuleuse. Non! Il ne s'agit pas d'une parole de Freud...

“Before you diagnose yourself with depression or low self-esteem, first make sure that you are not, in fact, just surrounded by assholes”

À présent, parlons du contrôle personnel. Du contrôle personnel et de l'égo-dépletion! Les chercheurs en psychologie m'amusent. Ils nappent des idées relativement simples d'un beau crémage de vocabulaire (mais les écrivains font pareil). C'est en fait du self-control et de la fatigue mentale, pour ainsi dire.

Le contrôle personnel (ou self-control) est une chose que l'on exerce dans quantité d'activités.

Surveiller ce que l'on mange, s'entraîner, être attentif, voilà qui constituerait autant d'occasions d'exercer son contrôle personnel.

Notons qu'il est peu nécessaire d'utiliser le contrôle personnel lorsque la motivation intrinsèque est forte. (Ceci rejoint parfaitement l'idée que j'avais conçue, autrefois, dans mon propre système — j'avais remarqué qu'il était inutile, voire agressant pour soi-même, d'employer la pression quand la passion, ou la motivation intrinsèque, était déjà présente).

Aussi, développer son aptitude au contrôle personnel dans un domaine permettrait de développer cette aptitude dans d'autres sphères existentielles ou d'activités. Effet transversal.

La chargée de cours que nous avions proposait de ne pas employer le contrôle personnel dans trop de domaines (deux maximum, suggérait-elle). Deux, c'est bien faible, je crois. Cela dit, je la rejoins sur un point: il faudrait se réserver des domaines où l'on exclut ce type d'emprise sur soi, histoire de conserver sa santé mentale et ne pas s'épuiser.

Ceci nous mène naturellement à la notion d'égo-dépletion (que je traduirais par fatigue mentale). À l'instar d'un muscle qu'on surentraîne, notre mental peut finir par flancher, si on le soumet à trop de contrôle personnel.

Il y aurait toutefois des façons d'augmenter son réservoir d'énergie mentale. Recevoir de l'argent pourrait favoriser cela. La volonté d'aider autrui pourrait stimuler cela.

Penser qu'on a une énergie mentale illimitée retarderait également l'égo-dépletion.

Parions qu'Arnold n'était pas dans un état d'égo-dépletion rapidement, vu sa fantastique motivation et sa croyance en ses capacités.

Or, à défaut d'être un culturiste mutant, le glucose lui aussi aiderait! Il n'a même pas besoin d'être métabolisé. Nous avons des capteurs dans la bouche associés au striatum, dans le cerveau. Dès que le glucose est détecté, ceci nous fournit une certaine énergie. On pourrait donc recracher ce brownie, pas même besoin de l'avaler. Cela dit, je ne me suis pas fait prier pour manger quantité de biscuits en rédigeant cet ardu billet de blogue. Étant d'ailleurs dans un café au moment où j'écris ces lignes, je me voyais mal recracher mes bouchées.

Plus sérieusement, j'ai l'hypothèse que si le striatum a l'impression d'être régulièrement berné puisqu'on fait seulement semblant de se nourrir de sucre, le phénomène s'estompera.

Maintenant, traitons des buts qu'on se fixe.

Quels points sont à considérer par rapport à ceux-ci?

- Le réalisme de ce qu'on veut entreprendre
- Les étapes à franchir
- Notre efficacité personnelle*

*Efficacité personnelle: ce n'est pas de l'estime de soi, mais notre efficacité par rapport à une tâche.

Mais encore?

Pour des buts non spécifiques, il faut chercher à les rendre plus spécifiques. Ex.: s'entraîner trois fois par semaine.

Nous pouvons aussi penser aux buts SMART: spécifiques, mesurables, atteignables (action oriented), réalistes, temporels.

Atteignable et réaliste, c'est très proche. Réaliste, entendre: est-ce important pour nous, est-ce que ça change quelque chose?

Mais voici beaucoup plus intéressant encore: l'implantation d'intention. Il n'y a qu'en psychologie qu'on retrouve des choses d'une si désarmante simplicité et tout à la fois si sensées.

Il est possible de se programmer, afin d'implanter en soi-même nos intentions. C'est probablement parce que ça place un ancrage dans la psyché, parce que ça laisse une trace cérébrale qui constitue un repère pour les actions futures.

La formule va tout simplement comme suit: Si... alors...

Ex.: Si je vois qu'il fait beau à l'extérieur, alors j'irai marcher.

Aussi, puisque cette formule repose nécessairement sur l'environnement, on se sert de celui-ci pour nous accompagner dans nos desseins.

On peut aussi se programmer pour une situation inverse. Ex.: si on m'offre de l'alcool, alors je refuserai.

Or, le fait d'utiliser cette formule à voix haute nous engagerait d'une certaine façon. Est-ce que ça rend notre ambition plus concrète? On voit en tous les cas qu'on sort de la pure abstraction, de l'intention vague reléguée à quelque coin de la pensée.

En terminant, notre dernier cours portait sur l'expertise et la pratique délibérée. C'est probablement le seul cours que je n'ai pas aimé. On nous disait que l'expertise est le fruit d'une immense pratique (10 000 heures, lorsqu'on veut atteindre une expertise du plus haut niveau); et le talent intrinsèque n'existerait pas (seuls certains traits de caractère d'investissement et de minutie influeraient sur le développement des aptitudes). Et l'on critiquait au passage la théorie des intelligences multiples, puisque celle-ci n'aurait pas de pouvoir prédictif — ça dépend ce qu'on veut prédire!

Je crois à la profonde diversité des formes d'intelligence, et je crois au talent.

J'aime bien citer Baudelaire à cet effet:

«Ne mépriser la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie.»

CONCLUSION

Les deux chargées de cours étaient fort appréciables. Tous les chargés de cours ne sont pas agréables, si je puis formuler cet euphémisme.

Par ailleurs, je n'ai pas terminé le cours avec 96% pour rien, sacrebleu. Ça aura valu les moments où je tremblais de fatigue... J'étais un peu égo-déplété, ou tout bonnement épuisé.

mercredi 31 juillet 2019

L'autodidactisme

J'estime l'autodidactisme très supérieur, comme mode d'apprentissage, à l'enseignement scolaire. J'oserais dire que l'école est rectiligne et qu'elle impose des boulets inutiles. Bénis soient ceux qui y vont et y survivent.

Voici quelques autodidactes ou individus ayant quitté l'école tôt:


Écrivains

- Ray Bradbury
- Truman Capote
- Jack Kerouac
- Charles Baudelaire
- Arthur Rimbaud
- Victor Hugo
- Edgar Allan Poe
- William Shakespeare
- Henry Miller
- Ernest Hemingway
- H. P. Lovecraft
- Walt Whitman
- F. Scott Fitzgerald
- Boris Vian (pour l'écriture et une majorité d'intérêts)
- Louis-Ferdinand Céline (comme écrivain)
- Réjean Ducharme
- Dany Laferrière
- Hermann Hesse
- William Faulkner
- Mark Twain
- Frank Herbert (il quitte l'université après un an)
- Philip K. Dick
- Christian Mistral
- Charles Fort
- Georges Perec
- Gabriel García Márquez


Artistes

- Klô Pelgag
- Lady Gaga
- Kurt Cobain
- Eminem
- Bob Marley
- John Lennon
- Yoko Ono
- Matt Damon
- Brad Pitt
- Tom Hanks
- Salvador Dalí
- Frida Kahlo
- Tjalf Sparnaay (comme artiste)
- Vincent Willem van Gogh (il a principalement appris par lui-même)
- Léonard de Vinci
- Quentin Tarantino
- Steven Spielberg
- James Cameron
- Stanley Kubrick
- Christopher Nolan
- Michael Moore


Science & mathématiques

- Nikola Tesla
- Les frères Wright
- Srinivasa Ramanujan (l'un des plus grands mathématiciens)
- Boris Cyrulnik (pour plusieurs de ses intérêts)
- Charles Darwin
- Blaise Pascal
- Galilée
- André-Marie Ampère
- Gottfried Wilhelm Leibniz (mathématicien autodidacte)
- Walter Pitts (maths, psychologie, neurosciences)


Architectes

- Gustave Eiffel
- Le Corbusier


Philosophes

- David Hume
- Ludwig Wittgenstein (en ce qui a trait à la philosophie)
- Karl Marx


Technologie

- Bill Gates
- Paul Allen
- Steve Jobs
- Mark Zuckerberg


Divers

- Christophe Colomb
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jeudi 11 juillet 2019

Dialogue avec un informaticien excentrique dans une soirée de poésie

- Oussé que t'as étudié?
- J'ai fait la magique étude du bonheur, que nul n'élude!
- Je veux dire, t'as étudié en quoi, t'as étudié en «poèmes»?
- Hmm...
- OK. À quelle école tu es allé?
- Je ne sniffe pas de colle. C'est très inapproprié de supposer ça.
- Tu es allé à quelle université?
- Ce n'est pas pertinent de mêler l'universalité à ça. Ou très pertinent, c'est selon.

lundi 1 juillet 2019

Un billet de blogue sur son blogue à l'UQAM



Il y a quelques années, j'avais le cœur nuageux, une journée, au travail... L'écriture était, à ce moment-là, un peu incertaine, et le boulot, lui, un labeur plutôt lourd, puisque sans grand sens.

Stephan arrive, avec sa tête de poète habituelle et sa crinière poivre et sel, avec son air frais et élégant d'éternel étudiant, et il me dit: «Tu sais quoi? J'arrive à mon cours à l'UQAM, aujourd'hui. Et qu'est-ce que je vois à l'écran, à l'avant? Ton blogue. On a décortiqué ton blogue!»

C'était, dans le cadre de son certificat en création littéraire, un atelier de création populaire, en tout cas un cours sur les formes modernes d'écriture, si je ne m'abuse.

Voilà qui m'avait instantanément réjoui! D'autant plus que je n'avais qu'une 5e secondaire pour toute scolarité, à ce moment-là. Assez drôle dans ce temps-là de savoir que son matériel se retrouve à l'université. Ça va de soi, mais je le souligne: personne ne m'avait consulté, cela dit!

Aussi, ceci me ramène à une évidence: il faut être le mouvement, en avant, généré par la passion; pas celui qui épluche et raisonne en arrière.

vendredi 13 janvier 2017

L'école...

L'école ne me choque pas à cause des efforts que je devrais y déployer, mais à cause des efforts que je ne devrais pas y faire !