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mercredi 9 octobre 2024

Alors il faut te dire adieu de nouveau : le suicide de Christian Mistral

Aujourd'hui j'aimerais t'envoyer de l'amour Christian. À la suite de l'annonce de ta mort, en 2020, je me souviens avoir lu les propos d'un membre de ta famille, sur Facebook, où il était question du fait que tu as manqué d'amour. C'est terrible, c'est injuste, mais c'est ça.

Je viens d'aller mettre ta page Wikipédia à jour, pour y inscrire la date exacte de ton décès, et pour préciser qu'il s'agissait d'un suicide. Page Wiki que j'ai presque entièrement créée, lorsque j'ai appris que tu es mort, étant donné que la précédente était chétive, maigrichonne, et ne disait rien. (Je n'ai pas cherché à être indulgent, et j'ai documenté ta brutalité, notamment en citant Marie-Françoise Taggart.)

Mise à jour : Les modérateurs Wikipédia ont finalement entendu raison, et ont fini par autoriser mes modifications, après avoir pris connaissance de la publication Facebook ci-dessous.

C'est Jean Barbe qui a annoncé qu'il s'agissait d'un suicide. Je lui laisse la parole, et j'enchaîne avec ce que j'ai écrit comme commentaire sous la triste, la funèbre publication.


Merci Jean Barbe pour cette annonce. Je m'étais demandé. Je m'étais demandé si c’était un suicide – ça semblait lui coller. Mais après, dans les jours suivant l’annonce de son trépas, comme on en parlait pas, j’ai fini par me dire que non. Je suis content de lire une certaine forme d’amour à son endroit, ici, en dépit des choses indéniablement horribles qu’il a faites. Comme chez la plupart des gens ayant vibré au contact de son œuvre, c’est une ambiguïté proche de l’amour-haine qui m’habite à son égard. Peut-être est-il question d’un peu plus d'amour que de haine. L’ai lu jeune ado, à une époque où je pouvais contempler ses écrits sans l’altération des filtres sociaux ; pour tout dire, je ne savais pas pour ses démêlés avec la justice. Et plus vieux, quand je suis entré en contact avec lui par le biais de la blogosphère, il s’est montré profondément chaleureux (sans omettre de m’engueuler, parfois, aussi). Personne ne m’a jamais autant encouragé – c’était le meilleur prof imaginable. Cet homme était de la trempe de Rimbaud, et avait trempé sa plume dans le même encrier de génie que Céline. Mais comme eux, c’était un esprit indomptable. Un salaud et tout ce qu’on sait déjà. Je pense que c’est notre Céline québécois : on brûle si l’on s’en approche trop, mais on jouit à le lire en secret. Christian, je viens de compulser ton blogue, avec le mot-clé suicide… Reste en paix, si cela est possible.

Christian, j'aimerais un jour te comprendre. À la façon de celui désirant élucider le problème social que tu posais, soulevais, incarnais : comment ont pu coexister ces deux êtres en toi ? Quelle est la relation entre ton génie, tes problèmes de santé mentale, ton vécu (dont j'ignore la plus grande partie) et tes agissements monstrueux ?

vendredi 4 octobre 2024

Architecte littéraire

Plus jeune, mon souhait, simple et naturel, si simple et naturel que je pourrais me demander pourquoi il ne s'est pas concrétisé (réponse : un enfant a le droit de rêver sans que ses rêves se concrétisent, un enfant a la liberté d'être tout ce qu'il souhaite être dans le futur), c'était d'être architecte. C'était un rêve plein d'amour et plein de bon sens. Le dessin, une activité où je me démarquais. J'ai eu une phase où j'aimais dessiner des maisons (de devant), avec beaucoup de détails. Jubilante union de la créativité et de l'exactitude rectiligne.

En vieillissant, je me suis reconnu dans ces profils doubles, ces profils alliant créativité et logique. Le premier à m'avoir épaté, c'est bien sûr l'ingénieur romancier, Boris Vian !

Il y en eut plusieurs. Je me souviens de cette lecture – je n'ai pas de mémoire photographique me permettant de savoir où les mots se situaient sur la feuille, mais ma mémoire épisodique me permet de savoir où j'ai lu ces mots, où ils me sont revenus en tête – dans laquelle Baudelaire disait de Poe que ce dernier avait une nature rare, alliant poésie et esprit mathématique. J'aimerais retrouver les mots de Baudelaire, qui étaient pénétrants, puissants, en vérité si évocateurs.

Je réalise, tandis que les années passent, comme cette observation n'était pas anodine.

Il me brûle d'exposer mes démarches dans ces deux branches, mais une superstition raisonnable me souffle que ce ne serait pas une bonne idée. Pas tout de suite. Pourquoi écrire ici que, d'octobre à décembre 2023, les soirs et le week-end, au café, j'ai retapé 101 189 mots de différents auteurs que j'aime et qui me nourrissent ? Pourquoi révéler que j'ai utilisé des techniques de scénarisation, comme le storyboard, pour un projet en prose ? Et pourquoi ne pas affirmer qu'en contraste, dans l'acte créatif même, j'ai puisé à une émotion brute qui eût fait sourire Bobin, qui a écrit promets-moi d’écrire la phrase dans son entier quand tu feras ce livre, sinon tu ferais de la littérature et il ne faut jamais faire de littérature, il faut écrire et ce n’est pas pareil, promets-moi ? Parce que ce n'est qu'une fraction de la pointe de l'iceberg, et que ça ne ferait pas justice à tout ce que j'ai entrepris.

Le Voldemort-littéraire-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom m'a déjà fait le plus beau cadeau qui soit, qu'il m'est arrivé de consulter périodiquement, lorsqu'il m'a écrit : 

« Suis captivé par le parallèle entre la révélation progressive de ta parole et celle de ton image, ces deux parties du tout identitaire. J'y vois un signe de plus d'un travail orienté, lié, axé sur la construction de l'édifice plutôt que la seule fabrication de briques, ce trait frappant chez toi, plus même que ton talent déjà fort rare, pour la simple raison qu'il n'est pas rare, ce trait: il est rarissime. Or, sans lui, pas d'Oeuvre. Essaie, pour voir: je parie que tu peux nommer comme ça sans difficulté en une minute cinq ou dix Oeuvres sérieuses et même importantes bâties par des talents pourtant moyens. Ché pas, moi, Michener mettons, ou Galsworthy, ou Ducharme, ou Molière, ou Irving. Mais combien peut-on en nommer où le talent transcendant a suffi sans ce trait? Pas des masses, évidemment: déjà, tant de talents transcendants sont étouffés dans l'oeuf, tant d'autres étouffent leurs possesseurs, ou s'étouffent eux-mêmes (ceux dans l'oeuf, on sait pas leurs noms; les seconds, à titre d'exemples, seraient illustrés par Cocteau ou Capote, et Scott Fitzgerald, à l'écriture trop parfaite, me semble avoir été des troisièmes). Cocteau, Capote, F. Scott, trois talents transcendants, chacun ayant produit de transcendants ouvrages mais pas, en somme, d'Oeuvre. Pas d'édifice. Une pile de briques d'or demeure une pile de briques. Ça fait que, anyway, ce trait-là, si tu l'as, prends-en soin! »

Est-il besoin de préciser qu'il a stimulé ma vocation d'écrivain ? Oui, assurément, et je lève les bras aux ciels pour le remercier. Merci, vieux, tu as vu en moi un architecte littéraire.

samedi 22 juillet 2023

Salut, Christian !

 


C'est ce que je me suis dit en voyant l'édifice que j'ai soupçonné de t'abriter.

J'ai rêvé à toi, en passant. Tu n'étais pas mort. Tu l'avais fakée, ta mort, classique, pour voir ce qu'on dirait de toi. Je me disais que je ne m'en sortais pas trop pire. Du reste, vieux, tu passais tes journées à t'entraîner à des jeux vidéo, avec un ou des potes, je ne sais plus si le pluriel est applicable. Tu voulais que je joue avec vous. Être bon, ça nécessitait un nombre d'heures délirant. Je n'avais pas le temps. Mais j'étais content que tu sois en vie. Et que tu fasses quelque chose qui te plaise.

samedi 9 octobre 2021

Avoir des buts, ou ne pas avoir de buts ? Telle est la question...


Il y avait un certain temps que je n'étais pas allé visionner le contenu de « Solange » sur YouTube. La dernière fois, elle m'avait donné l'impression d'être dans une profonde crise, un mal-être.

Sur un coup de tête, dans un élan de légèreté, j'y suis retourné aujourd'hui.

C'est puissant, cette vidéo. C'est révélateur. Ça a le potentiel de changer une vie.

Il est vrai que certains buts peuvent devenir des fardeaux. Il est vrai également que la société nous met de la pression « pour devenir quelqu'un ». On nous vrille souvent dans le crâne que la société est hiérarchique, et qu'il faut aspirer à gravir les échelons de cette hiérarchie. Jordan Peterson, dont je parle parfois sur ce blogue, est un grand amateur de cette idée de hiérarchie. D'ailleurs, il rappelle souvent à l'être humain qu'il ne peut pas ne pas avoir de buts, sous peine d'errer. Néanmoins, une question de tempérament est sans doute en jeu.

Flash : ce que Mistral écrivait, dans sa jeune vingtaine, dans Vamp, au sujet de la hiérarchie sociale : « [Ils] me voyaient de si loin, à travers leur grille, devinant en moi l'étoffe d'un grand plaideur ou d'un tribun populaire ou d'un financier plein aux as ou d'un n'importe quoi au sommet de leur échelle sciée à la base, et croyant dur comme fer que je raterais ma vie si je refusais d'en gravir les barreaux. Tous les misérables qui comme moi commencent au bas de l'échelle voient bien qu'on en a saboté les pieds et qu'elle ne supportera jamais leur poids jusqu'au sommet. Certains l'oublient ou choisissent de ne plus y penser, jusqu'à ce qu'à l'heure du bilan, l'ange justicier de la mémoire leur remette le nez dedans avant de les précipiter dans la chute. »

Comme elle le dit, les enfants, par exemple, existent, tout simplement. Ils ne se disent pas : « Je commencerai à exister quand j'aurai atteint tel but... » Ce que les adultes peuvent faire.

J'adore l'ouverture d'esprit, la souplesse de la pensée d'Ina Mihalache.

Elle me rappelle en fait la brillante lettre de Hunter S. Thompson sur le sujet.

J'ai moi-même une montagne de buts. Et je me demande si, parfois, cette montagne ne retombe pas sur moi. Ça fait un bon moment déjà que je songe à m'orienter vers la décroissance (celle relative aux objectifs).

Ces buts que j'avais cartographiés, pour mon futur, je serais bien plus heureux, en fait, s'ils n'étaient qu'un territoire d'affinités. C'est-à-dire que j'ai découvert un certain nombre de domaines qui me plaisent ; je pourrai, si je le veux, en plus ou moins grande proportion, m'y réaliser, y jouer.

Cela dit, il est impossible de ne pas avoir de buts. Ne serait-ce que de petits buts. Solange, par exemple, à la fin de sa vidéo, rappelle à ses admirateurs qu'ils peuvent la financer sur Patreon. Sa vidéo comportait certainement ce but, tout comme celui de communiquer des pensées. Bien qu'elle affirme ne pas savoir qui elle est, et où elle va, elle sait quand même qu'elle évolue dans un certain spectre de l'existence, comme artiste, comme touche-à-tout.

Aussi, sauf tout le respect que je porte à sa personne et à la vidéo dont il est question, je pense qu'il est un peu facile de dire qu'on ne veut pas de buts, qu'on ne veut être personne, lorsqu'on a déjà percé, lorsqu'on est un artiste accompli.

Peut-être faut-il trouver un équilibre lorsqu'on vise des buts ; peut-être faut-il s'entraîner à en avoir de vrais, et reconsidérer les objectifs qui ne semblent plus nous convenir.

Dans tous les cas, cette vidéo s'avère particulièrement inspirante...

vendredi 3 septembre 2021

He schooled us 'bout school right there

J'ai toujours adoré cette pensée au sujet de l'école. Quelle honnêteté ! Ce propos, de l'air frais.

« C'était dingue, cette vie. Il me semblait que tout le monde était à l'école, tout le monde à part moi. Et pour étudier quoi, bon Dieu? Pour aller où? Je connaissais la musique; du temps que c'était mon métier d'aller à l'école, j'étais le meilleur de tout leur foutu système. Mais à quoi cela rimait-il de se bourrer le crâne d'inepties pour devenir inamovible, de se prêter au jeu, d'acquérir le minimum de connaissances requis pour décrocher un papier à enluminures et courir occuper une case dans un organigramme, une place qui existait déjà, pour se mettre délibérément à la merci d'un implacable engrenage de mort lente et être, tout au long de sa chienne de vie, absolument et misérablement dispensable? D'autres chemins menaient au pouvoir, d'autres moyens existaient d'orienter sa destinée, plus viables et plus dignes. »

— Christian Mistral

vendredi 1 janvier 2021

Adieu, mon gars, adieu, mon vieux

Mistral. Tu étais le plus grand, ici. Sans contredit. Tu étais le Louis-Ferdinand Céline québécois. On n'a pas su t'estimer pour ce que tu étais, pour ce que tu as produit. Mais en as-tu laissé la chance aux gens? Le Louis-Ferdinand Céline québécois. C'est pas qu'une approximation, qu'une comparaison flatteuse. On ne dit pas de choses mielleuses aux trépassés. Tu l'étais. Mais c'est d'ailleurs ça, le problème. Tu avais un grand caractère qui croyait pouvoir tout surplomber. Et tu étais destructeur. Et tu as fait mal. Je le dis, je l'écris, mais c'est presque une abstraction. (J'avais une relation particulière à ta personne et à ton œuvre, du fait que mon grand frère m'avait prêté ton premier roman quand j'avais quatorze ou quinze ans — c'est longtemps après que j'apprenais, pour tes déchéances. Je distinguais le génie avant l'homme, chez toi.) Par instinct, je me suis toujours tenu loin de toi. De peur... de peur de la peur, justement. C'était une peur fondée, rationnelle.

Je pense que Dan Bigras, récemment, à Tout le monde en parle, a bien décrit, avec justesse, avec nuance, qui tu étais. Un grand écrivain. Doublé d'un autosaboteur et d'un homme tourmenté et tourmentant par la violence... Même Bukowski doit t'avoir attrapé par les épaules, au paradis, pour t'expliquer quelques affaires.

Lorsque tu n'étais pas sous l'emprise de substances, tu savais parfois être un franc ami et un être particulièrement sensible. On s'entend, sensible, c'est le prérequis, pour être poète. Mais on s'entend également que tu as peut-être pris Baudelaire un peu trop au pied de la lettre. Je regrette que tu l'aies si mal gérée, cette sensibilité. N'est-ce pas dans Vamp que tu as écrit que tu appartenais à cette race de gens refoulant leur sensibilité comme d'autres piétinent le raisin?

La grande tour où j'estimais, en toute logique, que tu habitais me paraît tellement vide maintenant. Lorsque je déambulais dans Montréal, j'aimais modifier mon itinéraire pour passer près de celle-ci. À présent, quand je la vois, au loin, je n'aperçois qu'une géante construction sans âme.

J'avais écrit ça à ton sujet. Ça fait si longtemps! Il y a huit ans. À l'improviste, sans vérifier, j'aurais dit deux, trois, quatre ans maximum.

Vent vital

Pâle adolescent qui ne savait distinguer
Son appétit pour le ciel, l'ambition macabre
Au cœur, j'eus envie - d'un coup blanc! - de dézinguer
Ma face: être un lent bouquet de perles cinabre...

Las d'écarquiller mes yeux comme un déglingué,
Mais le cœur, pas assez, d'avoir des mains-dolabres
Et de ne pas savoir quel destin défricher,
J'enfourchai un livre mauve, un vrai poisson-sabre.

J'étais tombé sur le plus grand livre, un bouquin
Rotant sa verve, spume denchée de requin,
Le plus extatique voyage crépitant!

«La poésie sera en avant», clama R.
Le Grand M., par-delà le réel haletant,
Des mains tisse un parler sensoriel, crucial air...

jeudi 10 février 2011

Christian Mistral, le géant aux doigts fins

Si vous ne connaissez pas Christian Mistral, vous êtes ou bien perdus, ou bien pas originaires du Québec... Cet homme est un conteur, remuant le triste arbre de la vie pour en faire tomber des fruits poétiques. Mistral raconte sa vie, c'est presque uniquement ce qu'il fait. Ses romans sont des « romans-réalité » pour ainsi dire. Notre bonhomme est une sorte de bohème, un rebelle, un barbare au coeur fébrile et à l'intelligence affûtée. Il croit être un génie. C'en est un : mais seulement lorsqu'il décide de faire le bien.

Christian Mistral est le premier romancier que j'ai lu à l'adolescence. Je ne lisais pas à cette époque, et pourtant, à l'âge de quatorze ou quinze ans, je me suis rué tête première dans Vamp, le roman mythique, où abonde un vocabulaire riche. Je me suis alors cogné le crâne ! Mon vocabulaire souffreteux ne me permettait pas de bien sonder le texte. J'avais alors décidé, je m'en souviens, de chercher chacun des mots dans le dictionnaire, et de tous les noter. Quel infernal exercice c'était, si l'on considère la richesse du vocabulaire de Mistral. Depuis, j'ai dû relire Vamp quatre ou cinq fois. Sans compter ses autres romans. À chaque fois, je suis étonné par la qualité de ses textes.

Lorsqu'on ouvre un livre de Christian Mistral, les mots ont un tranchant relief. Ils se soulèvent, s'amplifient, se rapprochent de vous, se gorgent de passion ; ils ont une odeur, une vie ; on est instantanément ailleurs, fascinés d'être pourtant ; si l'on retrouve des virtuoses de la musique, qui semblent faire de chaque envolée de notes un serment unique, alors chaque mot des livres de Mistral est sacré, et vous captive ; les phrases qu'ils forment se déroulent de façon ardente, gironde, avec une implacable, inlassable beauté, ainsi qu'une matière en fusion, dangereuse, qui progresse, étonne dans un vrai mystère, fait rêver... Quand je le lis, dégustant la succession suave et surprenante des expressions qu'il sait former, je pense : « Nul choix de mots ne serait plus parfait ; ah oui, ce mot également complète la suite parfaitement ; celui-ci aussi ! » ; telle est la réaction simpliste de celui qui s'enhardit face au génie de l'autre, génie dont le fruit semble si intellectuellement accessible, mais dont la gestation a été, à vrai dire, un tourbillon démené, où tout a dû être crument ressenti, réfléchi, repensé, soupesé, flairé par l'âme ! Voulu depuis les entrailles !

Le ton des textes de l'auteur québécois ont, par moments intercalés au joual, quelques reflets pour ainsi dire royaux, sans pourtant porter une essence guindée. Ses mots les plus riches ont la hauteur des étoiles, et ses descriptions aux paroles rares ont souvent la texture du rêve des grands peintres. Mais essentiellement, son ton est vrai, véritablement vrai, on l'entend penser ; c'est un grand conteur... Christian Mistral est violemment doué, et je le remercie d'être ce qu'il est.