Littéralement. Des mots sous divers reflets, mais ce n'est pas un dico. Blogue littéraire et geek de Guillaume C. Lajeunesse.
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jeudi 21 novembre 2024
mardi 14 novembre 2023
Catherine Dorion
On le comprend en lisant le témoignage de son ancien attaché politique. « Catherine n’a pas tiré notre mouvement vers le haut. Au contraire, elle s’est appuyée sur les épaules de notre parti pour se hisser elle-même plus haut », écrit-il.
On le saisit également avec la chronique de, oui, Richard Martineau.
Bien que la politique doive être un milieu, certes, assez aride, et quoi d'autre ? laborieux, compliqué, fastidieux, etc., elle avait la chance d'utiliser son charisme, son intelligence, tout son talent pour accomplir quelque chose de grand. Ce n'est pas donné à tous de pouvoir œuvrer pour un parti comme celui-là, de faire ce genre de carrière. Enfant gâtée, elle a galvaudé un bel avantage que la vie lui a offert, à mon avis.
Une nouvelle Gérald Godin, alors ? Ses slams, pas plus que son implication en politique, ne sont à la hauteur.
dimanche 7 mai 2023
Mon beau Québec, c'est d'une tristesse de lire ça...
D'abord, cet excellent dossier du Journal de Montréal.
Puis l'opinion de Mathieu Bock-Côté d'un côté ; et celle de Richard Martineau de l'autre.
Mais, optimiste (on m'a souvent dit naïf), je suis sûr qu'il y a quelque chose à faire.
samedi 20 octobre 2012
Deuxième partie
Je ne connais rien à la politique. Mais je vais admettre avoir un faible pour Baroque Aubasmot. On parle souvent de charisme. Moi je parlerais d'intégrité ; il en dégage, ou à tout le moins semble en dégager beaucoup. L'autre, il semble vicieux.
Pour la version abrégée du débat :
Pour la version abrégée du débat :
mercredi 5 septembre 2012
Identité pas menacée ?
Bien non, bien sûr que non. Mon convive, l'autre soir, il disait que non. Que ça ne ferait rien de faire l'indépendance. Que ce serait tout aussi bien de rester au sein du Canada que de s'en séparer.
Allez donc lire ceci.
Allez donc lire ceci.
vendredi 31 août 2012
Réfutation et léger reflux gastrique
Cher
ami,
C'est
avec un plaisir doux-amer que j'ai discuté avec toi au sujet de la
politique autour d'un repas. Je n'ai rien contre ta personne, mais le
système d'arguments que tu as employé m'a vivement titillé, plus
précisément par ce que j'estime être un enchevêtrement fragile de
bonnes et de moins bonnes idées.
Je
n'ai aucune affection pour cette thématique, néanmoins, je suis
fort entiché de rigueur et de logique.
C'est
pourquoi j'aimerais réitérer mes arguments qui, à l'écrit,
devraient apparaître plus clairs.
Il
appert qu'il est difficile, avec la matière flasque des mots,
d'avoir raison : je n'aspire pas à avoir raison, mais à exposer la
logique de mon système, qui est diamétralement opposée à la
tienne, croyant avoir relevé des syllogismes — j'entends au sens
général — dans ton discours.
Voter
ou ne pas voter ?
Que
tu veuilles ou non voter, cela te regarde. Ultimement, la décision
revient à chacun. Moi-même, plus jeune, je ne votais pas. Je
croyais : un vote intelligent, à tout prendre, est perdu dans une
mer de votes imbéciles. N'est-ce pas semblable à ton opinion ?
C'est sensiblement la même chose. Néanmoins, j'étais ouvertement
dépressif et défaitiste. Et j'admettais sans honte ne rien
connaître à l'univers de la politique.
Or,
il appert que voter change effectivement quelque chose. C'est la plus
élémentaire des évidences. Qu'à tes yeux les partis aient grosso
modo une même valeur, je le comprends. Mais je n'approuve pas ce
raisonnement. Souvent, tout est dans les détails. Te viendrait-il à
l'esprit de substituer le chiffre 2,2 au chiffre 2,3, ou encore
4,4456 à 4,4457, voire 10 à 11 ? Pourtant, ces chiffres sont si
proches. Si on arrondit, ils ont la même valeur. Ne vois pas, je
t'en prie, en cette analogie
un
sophisme. (Je reviendrai d'ailleurs à la question des analogies.)
J'entends simplement souligner, par cet exemple, que des choses
apparemment très similaires peuvent au fond être très différentes.
Là où les mathématiques nécessitent le plus de rigueur, les
aberrations numériques susproférées créeraient des cataclysmes.
Ainsi, ce qui semble être « globalement aussi bien » ou «
globalement la même chose » peut déboucher, dans son évolution,
sur des scénarios catastrophiques pour une société.
Du
reste, tu affirmais que si Hitler était au pouvoir, tu voterais,
exceptionnellement, dans ce cas, — et heureusement, contre lui.
Faut-il nécessairement qu'une calamité fonde sur le peuple et la
société pour vouloir s'en débarrasser ? Ne peut-on pas prévoir ?
Puis,
ayant établi cette base selon laquelle rien ne pouvait être changé
concrètement, ayant abandonné la question pratique de voter, tu te
diriges du côté purement théorique de la question.
Tu
affirmais en somme : si voter ne sert absolument à rien, alors ce
geste est strictement porteur d'un idéalisme. Mais pourquoi
(disais-tu) se déplacer, perdre son temps, pour un tel idéalisme
(ce qui, selon toi, encourage un système mauvais) ? Tu préfères te
lier à un autre rêve, l'utopie d'un système meilleur. Un idéal
n'en vaut-il pas un autre ?
C'est
là où je ne suis pas d'accord. Tu compares un idéal, le tien, à
ce qui n'est pas un idéal, mais selon moi un pur enjeu pragmatique.
Je ne vote pas pour qu'un idéal se concrétise, je vote pour
participer à la démocratie. Je crois qu'il est égoïste d'affirmer
: mon vote doit
changer
quelque chose ; non, ton vote se borne à participer du concept du
vote. Que celui qui obtient le plus de voix l'emporte.
On
ne vote pas pour tenter de renverser, à soi seul, un système. C'est
une forme de sondage, très formel. Figure-toi le problème à
l'envers. Imagine une carte, avec des couleurs : celles-ci, avant le
vote, te permettent de voir, en exclusivité, dans la tête des gens,
qui vote pour qui. Lorsqu'il y a élection, on veut simplement lever
le voile de l'obscurité sur cela. Il faut penser la population comme
un ensemble, comme un organe. Cet organe, même s'il est tiraillé,
même si n'est pas d'accord avec certaines parties de lui-même, au
final il va s'exprimer.
Or,
pourquoi cette dichotomie : ne rien pouvoir changer, ou tout vouloir
changer ?
Du
reste, tu soutenais que voter, c'est « encourager ce système » :
erreur : parler, c'est déjà interpréter. C'est de la sémantique.
Tu gorges une affirmation supposément objective d'un sens rempli
d'accusations. Or, on peut très bien voter et vouloir une structure
différente.
Au
demeurant, tu disais que ce système doit changer. En revanche, tu
n'apportais aucune solution. Ta solution était strictement théorique
: « Si personne n'allait plus voter... » — des mathématiques
tellement abstraites qu'elles ne pourraient jamais rejoindre les
mathématiques appliquées ! Bien que je sois très idéaliste, en
fait immensément idéaliste, j'aime également ce qui est concret. À
défaut de te soumettre une thèse sur la théorie des structures, je
te soumettrai néanmoins cette idée : une substitution trop radicale
de systèmes a des conséquences néfastes ; toute évolution qui est
entreprise trop rapidement est vouée au risque de contrecoups
immenses, voire à la possibilité d'un échec. Imagine un homme à
qui l'on ne grefferait pas un organe, mais plusieurs. Des changements
doivent s'exercer lentement. Ce système dont tu rêves ne sera pas
transplanté de l'imagination la plus pure au concret le plus sale,
désolé. Sinon, pour être plus lumineux, je crois qu'il y
suffisamment de bon sens, d'intelligence, de politiciens à tout
prendre intelligents, pour que ce système évolue peu à peu.
Ensuite,
la question de l'analogie. Que tu n'as pas appréhendée comme il le
fallait. Je t'ai soumis une analogie où j'évoquais un choix de vie,
par exemple choisir d'être itinérant, bandit ou mener une vie
normale, versus voter pour un parti qui ne nous correspond pas
entièrement. Mon point était le suivant : parfois, aucun choix qui
s'offre à nous ne nous convient parfaitement : mais un choix peut
tout de même être fait : en ce sens, je ne faisais pas de parallèle
rigoureux entre le choix individuel et le choix social, ou, comme tu
l'as peut-être pensé, entre le choix individuel et le choix qu'une
nation peut faire. Non, tu as vu trop loin, ou alors pas assez près
: le seul point que mettait en caractère gras l'analogie — car
c'est précisément cela, une analogie : extraire un élément
structurel d'un tout, et l'appliquer à une autre question, pour
qu'il y ait saillance psychologique afin de favoriser la
compréhension de façon imagée ; aucune analogie n'est parfaite,
puisqu'on ne retrouve pas dans la nature des choses, et des choses de
l'esprit, deux mécanismes qui soient tout à fait pareils : du
moins, ces derniers seront toujours liés à d'autres détails,
d'autres idées, d'autres systèmes —, c'était que lorsqu'on doit
choisir entre différents éléments, tous peuvent nous rebuter, mais
l'un d'eux peut s'avérer, tout de même, supérieur.
Puis,
il y a l'accusation de l'argument fallacieux. Ce qu'on ne comprend
pas n'est pas fallacieux pour autant. Rectification langagière : le
sophisme est destiné à tromper, il n'est pas involontaire, sans
quoi il n'est que faute de compréhension, paralogisme.
En
conclusion par rapport à ce volet : ne vote pas si ça te conforte
quant à une utopie. En revanche, tenter de démontrer « logiquement
» qu'il ne faut pas voter, donc que ce raisonnement
s'applique à tous, est hautement absurde.
Le
Québec libre
Ce
débat a été plus bref mais mérite qu'on s'y attarde.
La
langue française, tu ne la sens pas menacée ? Mon argument reposait
effectivement sur le fait que nous sommes cernés, ici en Amérique,
par les pressions anglophones. Une foule d'indices te permettront de
t'en persuader : introduction de termes anglais dans notre discours,
incapacité qu'ont nombre d'universitaires à bien manier la langue,
jeunes carriéristes qui s'accommodent d'un milieu de travail
strictement en anglais, l'impossibilité d'être servi en français
dans certains établissements montréalais, la multiplication des
immigrants ne voulant pas parler notre langue. Tu penses que tout est
quantifiable ? La science ne fait que courir derrière le bon sens.
Puis,
tu as dit : « D'accord, supposons que la langue française
dépérirait... Ce serait tout bonnement l'évolution. Elle se
transformerait en autre chose. Regarde les langues, toutes, elles ont
évolué » : il y a une différence entre l'évolution d'une langue,
sur une très longue période de temps, et tolérer sa décrépitude
précoce, son oxydation, laquelle est due à des pressions
culturelles et au laxisme des gens qui nous gouvernent.
Ensuite,
j'ai évoqué quelques avantages d'un Québec libre. Si tu
reconnaissais qu'il y en avait certes quelques-uns, tu disais, une
fois de plus défaitiste : sans être fédéraliste, je crois que le
Québec peut être très bien au sein du Canada, aussi. J'observe
tous les scénarios, et ils se valent...
Cette
attitude du « ceci ou cela, pourquoi l'un ou l'autre ? », qui fait
l'omission d'un extraordinaire éventail de détails, me happe
fantastiquement. On dirait l'hébétude caractéristique des gens
ayant connu un traumatisme psychologique. Il m'apparaît clair que le
fondement de cette logique est l'indécision, l'absence de
préférences, voire l'apathie. Ou alors, à force de trop avoir
intellectualisé, les émotions, le goût de s'investir se sont
endormis.
Parlant
d'émotions, j'ai évoqué, pour appuyer l'idée d'un Québec libre,
l'idée de la dignité. J'ai évoqué la pensée suivante : que
dirais-tu du fait que ton voisin possède toutes tes clés, et doive
t'ouvrir la porte lorsque tu arrives chez toi ? Oh, ce serait certes
tolérable, — surtout pour toi, puisque tu sembles avoir l'esprit à
la tolérance, étant donné que tu embrasses une vaste perspective
de possibles.
Il
est fondamental d'admettre que si nous possédons, en tant qu'êtres
humains, une identité individuelle, nous possédons également une
identité sociale. Si cette identité est troublée, divisée, salie,
il va de soi qu'il faut y remédier. Soit dit en passant, voici un
extrait de la chanson de Boucher :
Même
si mon voisin
Rentre sans sonner
J'aimerais ça garder
Toutes
mes clés chez nous
Finalement,
j'ai évoqué le fait qu'il y a mille bonnes raisons de faire
l'indépendance. Des raisons économiques, culturelles, etc. Comme
nous ne pouvions pas en discuter en long et en large — je ne suis
pas un expert de la question —, d'un haussement d'épaules, tu as
conclu à l'invalidité de mon propos. Et tu as réitéré cette
misérable idée : « Ceci vaut bien cela. »
Du
reste, voici ce que j'estime fallacieux — mais qui n'est sans doute
que paralogisme — : ne pas vouloir investiguer un tantinet, assumer
qu'une chose n'est
pas car
tu ne la connais pas. C'est comme si tu contestais l'efficacité de
la médecine, car moi, qui ai une haute estime de cette branche de la
science, et qui tente de te communiquer mon engouement à ce sujet,
je ne suis pas médecin et ne peux pas te parler de cette profession
abondamment. Voici un exemple plus simple encore : c'est comme si je
te disais « je t'assure, le dictionnaire est bourré de mots, va
voir », et que tu me répondais : « pas envie »
Il y
aurait mille avantages à être libres. En voici plusieurs.
Cela
dit, ne t'en fais pas, je n'ai rien contre toi individuellement. Je
suis apte à faire la distinction entre la dimension humaine d'une
personne et des théories avec lesquelles je suis en désaccord. Je
crois que tu es un chic type, une très bonne personne, qui possède
un esprit riche. Seulement, je suis obnubilé par la théorie, de
même que par la défense de mes idées. Qui plus est, je trouve les
débats oraux horriblement imprécis — c'est pour moi comme
si l'on traçait des théorèmes mathématiques dans le vide, avec
des craies d'air ; bref, qu'est-ce qu'on en retiendrait ? Comment
pourrait-on comparer ? — et c'est pourquoi je privilégie la voie
de l'écriture.
vendredi 10 août 2012
lundi 30 juillet 2012
Léo Bureau-Blouin
Je pense exactement comme Stéphane Laporte... En fait, c'est prétentieux de dire ça. Son texte est d'une rare éloquence... Une chronique superbement réussie, entrelaçant humanité et lucidité.
Le mépris envers l'âge, c'est un coup bas, digne d'un esprit obtus. Quid du manque d'expérience ? Je crois qu'un esprit étincelant est parfois au-dessus d'icelle.
Le mépris envers l'âge, c'est un coup bas, digne d'un esprit obtus. Quid du manque d'expérience ? Je crois qu'un esprit étincelant est parfois au-dessus d'icelle.
lundi 2 juillet 2012
Dolan, un chroniqueur, et les chats qui sont des chats
Je n'avais jamais lu quoi que ce soit d'écrit par Xavier Dolan. Pour tout dire, cet individu m'était fort étranger. Je savais tout simplement qu'il aimait à se pavaner, avec aux coins des lèvres un sentiment de glamour frôlant la fatuité, dans le monde du cinéma. Ceci dit, j'ai été surpris par son éloquence. Et je suis d'accord avec son opinion.
Or, un chroniqueur du Journal de Québec lui a approximativement demandé de fermer sa gueule. Voici le commentaire que je voulais publier ici ; hélas, j'ai pris conscience de la limite de 2000 caractères trop tard.
Monsieur,
Je crois que tenter de pratiquer l'ostracisme par rapport à un artiste, lui refusant le droit au monde de la pensée politique et de la discussion à saveur sociale, est une piètre et subreptice tentative d'invalider ses arguments.
Tout être est pluridimensionnel. Quant à moi, le seul critère à considérer, quand vient le temps d'octroyer le droit de parole, serait : cette personne a-t-elle fait un effort de pensée, avant de s'exprimer ? Non, mieux: ne pas juger a priori, et laisser tout le monde s'exprimer. Ce serait peut-être, qui sait, démocratique.
Au demeurant, il me semble manifeste que Xavier Dolan est un esprit articulé, qui possède de surcroît une plume sachant faire mouche (ce qui me suggère encore davantage que son esprit possède finesse et raison).
Je crois que sa conclusion, qui vous semble être une banale injure, est davantage porteuse de sens que vous ne le croyez. Qu'il y ait eu manque de tact — peut-être est-ce un spontané aveu de détresse —, c'est possible, mais ne vaut-il pas mieux appeler un chat un chat ? Si le chat avait été, plutôt, un félidé, l'aurait-on taxé de jouer sur les mots, ou d'être hypocrite ? Ainsi, si j'accuse quelqu'un de commettre un paralogisme, ce n'est qu'une façon polie et masquée de le traiter d'imbécile.
Je crois aussi en la démocratie. Xavier Dolan, visiblement, quant à lui, ne s'en prend pas à elle. Le fait est que cette institution morale, en fait, est sévèrement, sordidement bafouée. Là, selon moi, est le grave ennui. M. Dolan ne critique pas notre régime politique, ou un parti politique tout bonnement. Il s'en prend à cette foire hystérique qui prétend au titre de modèle social juste. Tristement, si l'on est minimalement objectif, on voit bien qui a mis le feu au chapiteau. Ainsi, Xavier Dolan ne critique pas les gens dans le chapiteau, qui ont choisi de s'asseoir à droite plutôt qu'à gauche, il s'insurge contre les aveugles et les sourds qui ne voient pas que la toile s'embrase à une vitesse ahurissante.
La démocratie, c'est effectivement une chose magnifique. Qu'est-ce qu'une chose ? D'accord, pas trop de philosophie. Reste qu'une chose, c'est imaginaire, c'est symbolique. En l'occurrence, la démocratie, ça frôle l'utopie. Ah ! À tout le moins, n'est-il pas un dicton qui affirme que l'idéal est comme les étoiles, en ce sens qu'il ne peut pas être atteint, mais qu'il faut quand même s'en servir comme guide ? La démocratie est un idéal, soit. Mais en ce moment, le ciel regorge de nuages et les étoiles se font silencieuses.
Il y a un gouffre important, au Québec, à l'heure actuelle, entre la démocratie utopique qui devrait nous faire rêver, nous enthousiasmer, dont on devrait sans relâche tâcher de s'approcher, et celle qui est réelle, qui ne mérite plus ce nom.
Au diable les opinions politiques. Personne ici, entre vous, Xavier Dolan, et moi, n'est stipendié. Le Parti Libéral du Québec est suprêmement vil. Qu'est-ce, sinon, que se faire du capital politique sur une crise inventée de toutes pièces ? Qu'est-ce que la loi 78 ? Qu'est-ce que cautionner la violence des policiers, et faire des étudiants de faux terroristes, ET PAR LE FAIT MÊME, tenter de disqualifier massivement les autres partis politiques (qui portaient le carré rouge, symbole dont ses adversaires ont lâchement transformé le message) ?
Et quoi encore ? Comme le dit Dolan, le PLQ nous darde ses sophismes comme un lanceur de couteaux.
La politique, ultimement, devrait être «candide» ; il ne devrait pas y avoir de stratégies de manipulation. Tout devrait se jouer dans les idées. « Voici notre bilan, voici ce que l'on veut accomplir à présent. N'oubliez pas de voter pour nous ! »
Je sais, je vous semble sans doute être indécrottablement idéaliste. C'est vrai ; mais parfois, des éclairs de cynisme traversent mon esprit : comme lorsque je suis capable d'admettre qu'un peuple n'a pas l'intellect très aiguisé par rapport à certaines questions.
Il ne devrait jamais être question de guerre médiatique, ou de stratégies malicieuses. Une bouffée de mensonges emboucane la pièce.
Dolan ne questionne pas la liberté d'expression, il ne questionne pas la légitimité des opinions de chacun. Il tente simplement de signaler à autrui que les choses ne sont pas faites dans les règles de l'art, et qu'il y a un tricheur à table. L'imbécile n'est pas celui qui prend part au jeu de société en suivant les règles, c'est celui qui ne voit pas que le joueur à côté tripote les règles à sa guise, (presque) au vu et au su de tous.
Car s'il est possible d'avoir une réflexion au sujet de la politique, on peut avoir, également, une réflexion out of the box, et regarder cette étrange dynamique avec recul. Après tout, Dolan serait peut-être mieux d'être exclu, en effet, de cet univers, si tant est que cela lui permette d'avoir une perspective fraîche sur la chose. Peut-être pas fraîche, car nombreux sont ceux qui pensent comme lui, mais réaliste. Il y a des imbéciles. Et il est terrible lorsqu'on les ensemence de mensonges.
Le peuple, parfois, a besoin de l'aiguillon de la vérité. L'imbécillité n'est pas toujours incurable.
Je vous souhaite une bonne journée.
Or, un chroniqueur du Journal de Québec lui a approximativement demandé de fermer sa gueule. Voici le commentaire que je voulais publier ici ; hélas, j'ai pris conscience de la limite de 2000 caractères trop tard.
Monsieur,
Je crois que tenter de pratiquer l'ostracisme par rapport à un artiste, lui refusant le droit au monde de la pensée politique et de la discussion à saveur sociale, est une piètre et subreptice tentative d'invalider ses arguments.
Tout être est pluridimensionnel. Quant à moi, le seul critère à considérer, quand vient le temps d'octroyer le droit de parole, serait : cette personne a-t-elle fait un effort de pensée, avant de s'exprimer ? Non, mieux: ne pas juger a priori, et laisser tout le monde s'exprimer. Ce serait peut-être, qui sait, démocratique.
Au demeurant, il me semble manifeste que Xavier Dolan est un esprit articulé, qui possède de surcroît une plume sachant faire mouche (ce qui me suggère encore davantage que son esprit possède finesse et raison).
Je crois que sa conclusion, qui vous semble être une banale injure, est davantage porteuse de sens que vous ne le croyez. Qu'il y ait eu manque de tact — peut-être est-ce un spontané aveu de détresse —, c'est possible, mais ne vaut-il pas mieux appeler un chat un chat ? Si le chat avait été, plutôt, un félidé, l'aurait-on taxé de jouer sur les mots, ou d'être hypocrite ? Ainsi, si j'accuse quelqu'un de commettre un paralogisme, ce n'est qu'une façon polie et masquée de le traiter d'imbécile.
Je crois aussi en la démocratie. Xavier Dolan, visiblement, quant à lui, ne s'en prend pas à elle. Le fait est que cette institution morale, en fait, est sévèrement, sordidement bafouée. Là, selon moi, est le grave ennui. M. Dolan ne critique pas notre régime politique, ou un parti politique tout bonnement. Il s'en prend à cette foire hystérique qui prétend au titre de modèle social juste. Tristement, si l'on est minimalement objectif, on voit bien qui a mis le feu au chapiteau. Ainsi, Xavier Dolan ne critique pas les gens dans le chapiteau, qui ont choisi de s'asseoir à droite plutôt qu'à gauche, il s'insurge contre les aveugles et les sourds qui ne voient pas que la toile s'embrase à une vitesse ahurissante.
La démocratie, c'est effectivement une chose magnifique. Qu'est-ce qu'une chose ? D'accord, pas trop de philosophie. Reste qu'une chose, c'est imaginaire, c'est symbolique. En l'occurrence, la démocratie, ça frôle l'utopie. Ah ! À tout le moins, n'est-il pas un dicton qui affirme que l'idéal est comme les étoiles, en ce sens qu'il ne peut pas être atteint, mais qu'il faut quand même s'en servir comme guide ? La démocratie est un idéal, soit. Mais en ce moment, le ciel regorge de nuages et les étoiles se font silencieuses.
Il y a un gouffre important, au Québec, à l'heure actuelle, entre la démocratie utopique qui devrait nous faire rêver, nous enthousiasmer, dont on devrait sans relâche tâcher de s'approcher, et celle qui est réelle, qui ne mérite plus ce nom.
Au diable les opinions politiques. Personne ici, entre vous, Xavier Dolan, et moi, n'est stipendié. Le Parti Libéral du Québec est suprêmement vil. Qu'est-ce, sinon, que se faire du capital politique sur une crise inventée de toutes pièces ? Qu'est-ce que la loi 78 ? Qu'est-ce que cautionner la violence des policiers, et faire des étudiants de faux terroristes, ET PAR LE FAIT MÊME, tenter de disqualifier massivement les autres partis politiques (qui portaient le carré rouge, symbole dont ses adversaires ont lâchement transformé le message) ?
Et quoi encore ? Comme le dit Dolan, le PLQ nous darde ses sophismes comme un lanceur de couteaux.
La politique, ultimement, devrait être «candide» ; il ne devrait pas y avoir de stratégies de manipulation. Tout devrait se jouer dans les idées. « Voici notre bilan, voici ce que l'on veut accomplir à présent. N'oubliez pas de voter pour nous ! »
Je sais, je vous semble sans doute être indécrottablement idéaliste. C'est vrai ; mais parfois, des éclairs de cynisme traversent mon esprit : comme lorsque je suis capable d'admettre qu'un peuple n'a pas l'intellect très aiguisé par rapport à certaines questions.
Il ne devrait jamais être question de guerre médiatique, ou de stratégies malicieuses. Une bouffée de mensonges emboucane la pièce.
Dolan ne questionne pas la liberté d'expression, il ne questionne pas la légitimité des opinions de chacun. Il tente simplement de signaler à autrui que les choses ne sont pas faites dans les règles de l'art, et qu'il y a un tricheur à table. L'imbécile n'est pas celui qui prend part au jeu de société en suivant les règles, c'est celui qui ne voit pas que le joueur à côté tripote les règles à sa guise, (presque) au vu et au su de tous.
Car s'il est possible d'avoir une réflexion au sujet de la politique, on peut avoir, également, une réflexion out of the box, et regarder cette étrange dynamique avec recul. Après tout, Dolan serait peut-être mieux d'être exclu, en effet, de cet univers, si tant est que cela lui permette d'avoir une perspective fraîche sur la chose. Peut-être pas fraîche, car nombreux sont ceux qui pensent comme lui, mais réaliste. Il y a des imbéciles. Et il est terrible lorsqu'on les ensemence de mensonges.
Le peuple, parfois, a besoin de l'aiguillon de la vérité. L'imbécillité n'est pas toujours incurable.
Je vous souhaite une bonne journée.
mardi 22 mai 2012
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