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mardi 30 décembre 2025

Ma mère m'a ghosté à Noël

Sans farce. C'est tout à fait elle. Une sacrée humoriste.

Si c'était seulement moi, ça ne serait qu'un petit accro ; ne m'a-t-elle pas habitué à pire ? L'auguste femme a également ghosté mon garçon de quatre ans. C'est là qu'un papa, en général, montre ses crocs.

Le 17 décembre, je lui écris :

« Cette année, je ne prévois pas aller à Laval. Je préfère célébrer chez moi. Amélie et toi êtes les bienvenues.

De mon côté, j’ai besoin que les déplacements ne soient pas toujours dans le même sens.

Laisse-moi savoir. »

J'envoie un message sensiblement similaire à ma soeur. Toutes deux m'ignorent.

Pas d'accusé de réception. Pas d'engagement dans une démarche. Pas de « on va y penser. » Pas de contre-proposition.

Le silence le plus plat. Mais un mépris saillant.

Peu après Noël, un soir, l'indécence : publication en ligne des photos de son party privé, où un autre enfant est célébré.

Je ne demande pas la lune, pour mon fils. Juste un soupçon d'intérêt.

Contexte : Une fois mon fils né, elle aura mis presque deux ans à le rencontrer. Ma mère habite à moins de 15 km de chez moi. Sa famille belge, à mon fils, habite à 5 600 km, et a fait sa connaissance bien avant. C'est plus de 370 fois plus loin. N'est-ce pas aberrant ?

J'ai donc roulé mes manches et j'ai écrit à ma mère. J'ai mis les points sur les i. J'ai parlé de ses sabotages (dénigrement de mes rêves académiques, plus jeune). J'ai parlé de son absence de reconnaissance (je lui ai fourni l'impulsion pour vendre sa résidence, qui tombait en miettes, durant la pandémie). Je lui ai parlé, surtout, de sa propension à invisibiliser ses enfants.

Elle m'a traité ainsi, mais ne traitera pas Gabriel de la sorte.

Après mon message, elle m'a retiré de ses amis Facebook. Si ce n'est pas la preuve qu'elle tente d'invisibiliser, de ghoster les gens ?

vendredi 12 décembre 2025

Je viens de comprendre, Gabriel

Pas le Gabriel du précédent billet. Cette fois-ci, je parle de mon fils.

Je viens de comprendre, Gabriel ! Je suis en train de lire ton portrait de développement, rédigé par la garderie. Je te perçois souvent comme plus vieux que tu l'es ; mais ça vient de me frapper. Dans ton portrait de l'enfant, on mentionne certaines passions récurrentes (les robots -- génial !), ton meilleur ami qui est ton point d'appui, ta réserve par rapport aux autres enfants... Mais tu es tout petit ! Et tu vis tout ça, déjà. Et tu es déjà évalué ! La société t'évalue déjà, c'est fou, ça...

Je n'ai pas fait le grand saut dans la société avant 5 ans -- en maternelle. Je pleurais tout le temps. Voulais ma maman. Ce que tu es courageux, Gabriel ! Tu as intégré la société fièrement il y a quelques années déjà. Et à 4 ans, bientôt cinq, tu es tout petit, encore ! Tu es tout petit, mon loulou !

Et c'est normal de vouloir ton espace, normal de ne pas t'ouvrir aux autres enfants facilement, et ainsi de suite. Ton obsession pour les robots me semble super chouette. À cinq ans, en maternelle, j'étais obsédé par les soleils ; je ne dessinais et ne peignais que ça, au point où, je crois, c'était remonté jusqu'aux oreilles de mes parents.

Tu es un chouette, un admirable, un merveilleux enfant, Gabriel. Allez, je vais compléter la lecture de ton portrait.

Dors bien. Je ne sais pas si tu en as marre, du fond de ton sommeil, d'entendre la méditation de Patricia en boucle.

dimanche 26 janvier 2025

P.A.P.A.

Papa – je viens de la pogner : présence, attention, présence, attention...

Ça ne fait pas tout, mais ça fait une grande partie du travail. C'est ce que je réalise. Un petit être, c'est pas compliqué, ça veut ses parents, leur présence, leur proximité. Moi, je suis du genre à courir comme une poule pas de tête dans l'appartement pour passer le balai, faire la vaisselle, faire le lavage, préparer à manger, etc. Toutes choses nécessaires, certes, mais qui n'excluent pas qu'on peut s'asseoir avec le petit (s'il m'entendait ! le grand) pour écouter la télé avec lui, ou jouer aux camions, pour ainsi entrecouper l'enchaînement d'activités qui, de toute façon, pourrait se prolonger à l'infini.

jeudi 29 août 2024

Ce que je souhaite pour toi

Tandis que mon fils regardait ses programmes télé enfantins comme j'ai regardé autrefois les miens, voyant sa petite tête blonde pleine de rosettes similaires sans doute aux miennes, je me suis demandé ce que je souhaitais pour lui. Je pense que c'est un exercice intéressant, voire nécessaire. Je pense qu'il ouvre des portes pour le principal intéressé, tout en insufflant à notre cœur de parent un optimisme originel. Je souhaite que mon fils conquière le monde avec amour. Je souhaite qu'il fasse de grandes choses avec amour. Qu'il se fasse des amis partout dans le monde. Qu'il soit aimé partout où il passe. Et si des gens le détestent sur son parcours (il s'en trouvera, il y a toujours de tels individus), qu'il leur rie au nez. C'est ce que je souhaite pour mon fils.

Ensuite, m'approchant de lui, le voyant sourire, je l'ai vu, je l'ai vu tel : un futur homme épanoui, qui pour l'instant habite la bulle de son enfance.

vendredi 7 juin 2024

La poésie est une drogue dure et douce à la fois

Ça m'a tout l'air d'une espèce de chronique. Alors chroniquons.

La vision, si proche et fuyante à la fois, commence à m'échapper. Je sors ma canne à pêche lyrique in extremis !

Je ne pouvais pas laisser la muse de l'inspiration plonger sur le papier, car, au moment où ce flash était lancé par le phare de l'imaginaire¹, je jouais mon rôle de père, et non celui de po-wète.

Mais justement !

Regardant avec mon fils une émission qu'il apprécie, affairés que nous étions à déguster de menus Mr. Freeze, quelque chose comme une expérience émotionnellement réparatrice prit place. Cette scène me reliait à celles de mon enfance.

Du bonheur dans un cadre structuré (je me permets le pléonasme).

Puis je me suis demandé ce que c'était, que d'être père. Un père ne doit-il pas être calme, tempéré, voire plate ? Rassurant, par-dessus tout. Oui, oui, oui et oui encore.

Mais qu'en est-il des gens qui ont des pères, disons, hors normes ? Je me souvins spontanément du père de mon ami d'enfance Guillaume C. (oui, c'était son nom). Bien que mes souvenirs soient imprécis et que ma compréhension d'alors fût incomplète, je me souviens de cet homme comme d'un ex-flyé passablement assagi après une vie rock n' roll. Ou qu'en sais-je ? Qu'importe, l'archétype existe.

Amusé, je me suis dit qu'un jour mon fils parlerait peut-être de son père comme d'un homme qui, dans ses jeunes années, a sombré dans l'enfer de la poésie.

Et c'est là que m'est venu le titre, qui compare la poésie à une drogue.

Des pensées, teintées d'autodérision, me venaient :

Ouais ! À vingt ans, tu touches à ça, tu es parti sur un sapr'esti de trip. T'étais sage comme l'image d'un sage. Te voilà les poches pleines de visions et de calepins décharnés.

À presque quarante ans, annexé à une nouvelle stabilité éternelle, si loin de cet ancien paradis artificiel, tu regardes les scènes de ta vie avec étonnement.

La fabrication d'un poème appelle la fabrication d'un autre ; et un troisième poème naît et un quatrième et mine de rien tu as oublié de te faire couper les cheveux et tu as l'air mystérieux dans l'autobus à griffonner des choses et ton meilleur poème attire une fille ;  vous voilà en couple et voilà qu'elle porte des jupes jaunes pleines de motifs et vous ricanez et voilà qu'un autre poème apparaît, celui-là te vaudra un ami vaurien surréaliste, un ami rock et baroque, et ce énième poème une réputation de dur à cuire ; et tu es entraîné vers le centre-ville de Montréal à visiter tous ces lieux que tu n'aurais jamais imaginé visiter ; bientôt tu versifies plus que tu vis ; attention, certains soirs, tu attrapes des airs spleeneux.

Voilà. Mais c'est du passé. Maintenant, à la croisée libératrice des âges, tu es encore suffisamment jeune pour écrire des poèmes, ne serait-ce qu'au compte-gouttes plutôt qu'à pleins robinets, mais tu es également assez vieux pour être sage, ordonné, rassurant.

¹ Ce sera moins lourd qu'une parenthèse : rien d'anormal, précisons-le ; des développements littéraires fulgurants - bribes de poèmes, scénarios de nouvelles littéraires... - me viennent presque quotidiennement.

mercredi 29 novembre 2023

Meilleures répliques de mon fils en 2023

Il n'a que deux ans encore, présentement un peu plus de deux ans et trois quarts...

10. Gros-papa (grand-papa)

9. Gros-maman (grand-maman)

8. Les poupounes c'est des madames

7. On va aller à l'épicerie pour acheter du pain, des carottes et du papier de toilette

6. Je veux aller au [nom d'un café en particulier] avec toi

5. Prochaine station : Mont-Royal, Sherbrooke... Square-Victoria OACI (avec les lettres ! et il nomme plein d'autres stations de métro, il tripe là-dessus)

4. Passer l'aspirateur au métro Guy-Concordia (il me disait avoir un travail, alors je lui ai demandé ce que c'était)

3. Elle a préparé un p'tit kekchose beurk (quand je lui ai demandé ce que telle personne lui a préparé à manger...)

2. Papy, je veux manger tranquille (lors de son voyage en France cet été ; papy a répondu : oh, quel culot !)

1. C'est pas malin, misère de malheur ! (c'est pas malin, c'est sa mère qui dit ça ; misère de malheur, c'est de son éducatrice)

mercredi 11 janvier 2023

Hier soir, pendant que je berçais mon fils...

Il se met à me dire : Partager, Timotine, partager, Timotine.

Récemment, je lui ai expliqué l'importance de partager (ses jouets, notamment) avec Timothée, un autre petit de moins de deux ans, comme lui, dans le bloc, lorsqu'il serait de passage à la maison.

Alors je demande à mon fils : Sais-tu où il est, Timothée ?

Caché, qu'il me dit.

Timothée est dans la maison de Timothée, lui répondis-je, plongé dans un état d'esprit philosophique.

Et tu sais ce qu'il fait, présentement ? ajoutai-je. Il fait dodo.

Timotine fait dodo, reformule-t-il.

Oui, il fait dodo, aimerais-tu dormir comme lui ? rusai-je.

OK.

Et il se met à chanter :

Fais dodo, petit Timotine, fais dodo, tu auras du lolo.

Trognon.

dimanche 16 mai 2021

Poème écrit alors que mon fils était sur le point de naître

Mon fils est né cet hiver. Fait étonnant, j'ai écrit ce poème au matin, le jour où ma copine s’est fait annoncer que son accouchement serait provoqué. Lorsque j’ai écrit ce poème, j’ignorais que nous serions quelques heures plus tard à l’hôpital. Gabriel est né, très tôt, le lendemain.

Pour mon fils

Bienvenue Gabriel, bienvenue dans ce monde,
Minuscule héros, n'aie pas peur de l'hiver ;
Mon petit, ce n'est rien que blancheur qui abonde,
Tu seras, oui, bientôt dans nos bras qui t'enserrent...

Tu vas bientôt, gaillard, quitter ta chambre ronde,
Où tu fus à huis clos près du cœur de ta mère,
Tu feras poindre ta petite tête blonde
Ou rousse, nous verrons ! et je serai ton père.

Puis c'est enfin le jour, bienvenue Gabriel !
Tu fais immersion dans ce monde sensoriel.
La chair fatiguée, l'œil attendri, nous t'aimons.

Bienvenue Gabriel, bienvenue parmi nous !
Un troupeau d'astres - au bas mot - et nous veillons
Sur toi ; sois rassuré et dépose ta joue...