Il faut écrire de la poésie comme un shaman. Il faut écrire un roman comme une rockstar.
Littéralement. Des mots sous divers reflets, mais ce n'est pas un dico. Blogue littéraire et geek de Guillaume C. Lajeunesse.
mercredi 13 août 2025
mercredi 11 juin 2025
vendredi 28 mars 2025
The hand drew – I just wished it drew plans
I thought I had hippied myself all the way. I must think thoughts of the damned, I thought. The thoughts of the artists, of the uncanny, the rare. I didn't think in such a way, yet, I felt it. Transformations are scary. Younger, I had the capacity to reinvent myself at every subtle turn. I could go to sleep as a philosopher and wake up as a scientist of some sort. Sometimes, I would become a painter, a great, raw painter, with true eyes, while looking at a basket of fruits on a table. My perceptions would instantly switch. I saw the world with great delicacy, a sense of renewal. The colors and shapes seemed more real, real in a way that was personal, and the thing was vibrant, literally, like slightly shivering. I wondered whether my visual cortex or my prefrontal cortex played with the world, or I should say my perceptions, like that. Yes, I do ask myself questions like that all the time.
But when the night came, of course, I was the great writer. I was molten metal that hadn't found its mold, its purpose, maybe. What could I be next ? A gamer ? A flower ? A spring ? A bass rhythm ? A ninja ? A sugar addict ? A neuroscientist ? A poet ?
And then came a time where my beard grew, not in a graceful or pleasant manner. It just grew. You knew I wanted to shave but skipped it now and again. The poet had built his base and his kingdom all over my face. My writing hands, my zoomed in eyes, I know, were a show. The mind of the poet was so engrained in me that I inadvertently wrote things like “I think thoughts”, to imitate Shakespeare's 85 sonnet : I think good thoughts whilst other write good words...
I would inhabit coffee shops like pigeons live inside house roofs. I had become the poet, the absolute one. The writer. I was not a machine that would produce matcha latte, but one that would drink it. I had considerably endangered myself by getting caught in a cycle of establishing myself somewhere.
I had no social recognition whatsoever, I felt dreamy all the time, but I was a bad dreamer, at the time. My dreams were infested with dark thoughts of loss, failure and such things. So, as I said, I had no social recognition whatsoever – and I giggled like a teenager all too often when something seemed funny and that I craved for acceptance. I was your flawed dandy, your weirdo, your poem dealer at the coffee shop. I existed, yet not. I felt marginalized, and felt that I occupied too much of the margin.
I thought I had hippied myself all the way. That's when I thought this thought. When I realized it. Yet, a scientist thought structured thoughts and didn't want to be erased. I thought it was time to go back to school, to study, to become a scientist. Have you ever thought about parallel lives ? The ones you could have lived ? I did the trick, I did the magic ; you should not. Instead, embrace all your interests. If you are an artist and a scientist, be both. Imagine if I had stayed a hippie all my life. I believe the world of podcasts would be a little less rich. Wouldn't it ? No, that's a narcissistic thought. But I would be less rich in soul and mind, that's for sure.
Think of all the boxes people have tried to make you fit in, and break them. You personally know how wide your world is.
Eh ! I thought I had hippied myself all the way...
My name had to be Andrew. Beautiful, isn't it ?
vendredi 17 janvier 2025
D'un roman vers l'autre
Maintenant que mon dernier roman, Jeanne..., est envoyé chez les éditeurs, je travaille à l'autre projet qui occupe une colossale et tendre portion de mon cœur.
Je dirais qu'avec celui-ci, je veux amener le lecteur dans une fascinante danse intellectuelle qui semble se dérouler sans cesse, et que ça ne soit jamais lassant, et que le lecteur se sente juste ce qu'il faut bousculé et instruit et qu'il se dise, merde, tous ces fragments, ça marche, ça s'assemble, et la sauce prend ! Et je me sens investi avec lui !
J'ai l'impression d'entendre un Jack Kerouac du Plateau Mont-Royal, et n'est-ce pas ce que je suis ?
jeudi 5 décembre 2024
Merci pour le Goncourt – mais je ne suis pas un homme qu'on soudoie si facilement, papillons !
Je vais gagner le prix Goncourt. Avec mon premier roman. Tremblante aspiration. Douce sottise de l'écrire. Je n'ai jamais aimé les prix. Je n'aime pas le Goncourt. Je le respecte et le méprise. Je vais gagner le Goncourt. Il va faire de moi un homme. Je vais en faire ma femme. Ils voudront me remettre le prix Goncourt du premier roman ; télépathiquement, je leur ferai savoir la chose suivante : non. Je vais gagner le prix Goncourt. Le prix Goncourt m'a gagné. Il y en a eu des pas mal, alors ça oui. J'ai aimé La plus secrète mémoire des hommes, cette éblouissante manifestation de génie tressée de fulgurance technique. J'aime Leïla Slimani, mais c'est une autre paire de manches. Une autre paire de hanches. J'aurais aimé aimer la... Saviez-vous que, sur Wikipédia (c'est très littéraire d'inclure des références à la réalité dans ses écrits), dans la petite boîte bleu #7DA7D9 au-dessus de la photo d'Edmond de Goncourt, il est écrit « Monsieur Moustache » Je partage, au cas où quelqu'un se charge de remédier à ce vandalisme innocent. Alors je vais gagner le Goncourt. Mais ce n'était pas mon point, pas celui que je traquais, je poursuivais. Tiens, un exercice littéraire, à la Georges Perec, je vais écrire une phrase qui n'inclut pas : Je vais gagner le Goncourt. Alors voici : allô les copains, je vais gagner. C'est raté. Vous voyez. Je ne suis pas assez scrupulateur pour gagner le haut pavé de l'érudition appliquée de Perec, mais je le suis assez, au ras du sol, avec les famines et les chiens (ça, ça vient d'un de mes poèmes, mais ça s'insérait bien ici) pour remporter, pour ravir, une règle de trois, hihi, pour quoi, je ne sais pas, révolutionner le Gonc'. On va l'appeler comme ça, le Gonc'. Eh ! Maintenant qu'il est à moi, je l'appelle comme je veux, d'accord ? Alors ce point, qu'on traquait. C'est tout à fait irrésistible et sublime, un point qu'on traque. Mon point, le voilà qui montre sa courbure dans le ciel laiteux, c'est que j'aurais aimé aimer la liste entière des récipiendaires du Goncourt, de 1903 à 2024, mais je les lirai plus tard, à ma retraite, quand je serai à l'Académie française (mon projet est de boire des matcha latte hebdomadairement, à tout le moins, avec Dandy Laferrière, mon farfelu maître cosmique). Bon. Alors ! Ce ciel laiteux ! Ce matcha ! Cette irrésistible farce sublime ! Oui. J'aimerais donc être en mesure de comprendre la logique séquentielle, inouïe et légèrement quantique (dans son saut) qui aura conduit l'Académie Gonc' à me décerner son prix. Vous savez, moi, je n'en ai rien à cirer, même si je vais pleurer, sur le même petit balcon que Mohamed Mbougar Sarr. C'est Jésus qui le veut, de concours avec Jeanne. Moi je vais accepter passivement mon destin. Je pense qu'un prix, à tout prendre, c'est un peu le même principe que la caverne de Platon. On pense que c'est un éclat, un soleil, une fournaise nucléaire. C'est plutôt, vous savez, une ombre. La vraie fête, elle est dans la caverne. C'est là qu'on écrit. C'est là que tout se déroule. Un prix, c'est une ombre. Ne vous y trompez pas. Ceux qui se réjouissent des prix, en vérité, c'est qu'ils n'ont pas assez bossé dans les cavernes. Un écrivain est un troglodyte, qu'on se le dise. S'il vous dit l'inverse, c'est qu'il est un chien, une veuve, une protubérance. Mais un écrivain, dans le dessein de socialiser, et dans le désir de pérennité de son œuvre, doit quelquefois sortir de son antre. Alors on le décore d'une ombre. Le Goncourt est une ombre avec laquelle je saurais batailler, dont je saurais m'accommoder. Et je ne dirai pas : merci de m'avoir photographié, merci de m'avoir aimé, merci de m'avoir vu. Je dirai : merci aux quelques curieux qui, ayant compris l'allégorie susdite, font les quelques pas supplémentaires et requis pour regarder dans ma caverne. C'est ça, un prix. Et c'est pour ça que je l'accepte, finalement, votre Goncourt.
mardi 8 octobre 2024
La ligne jaune 🟡
Exercice de prose sur le pouce. J'ai décidé de prêter plus d'attention à ma prose intérieure, aux mots spontanés, parlés, curieux, gratifiés d'un je-ne-sais-quoi coquet, qui peuvent, les jours fastes, se manifester dans ma tête. Je crois qu'on est tous des prosateurs si l'on se reconnecte à notre langue intérieure.
C'est arrivé tantôt. Je venais de mettre les pieds à la station de métro Longueuil-Université-de-Sherbrooke. Ce qu'il faut savoir c'est que j'ai grandi à Laval et que Laval c'est un univers assez gentil en somme, avec de bons citoyens, presque dressés comme des automates mais pas tout à fait, des personnes gentilles qui sont capables de faire la file pour l'autobus et plus encore, comme d'être polis et respectueux et tout ça. Longueuil me fait penser à Laval.
Moi, à Montréal, maintenant, j'habite parmi les fleurs sauvages, les nerveux, les gens un peu disjonctés. Bon, il ne faut pas généraliser. Il y a des cocos à Laval et de grands sages philosophiques à Montréal.
Tout ça me mène au morceau, au tout petit minuscule fragment de prose spontanée qui m'est venu en tête, tandis que je cherchais, dans les couloirs de la station qui se métamorphosent en carrefour entrelaçant foire alimentaire et couloirs universitaires, la Place Charles-Le Moyne. En observant tous ces gens gentils qui me regardaient comme si j'étais un des leurs (on n'efface pas les traces du banlieusard dans l'ex-banlieusard), j’ai songé, et mon détecteur de prose m’a alerté : C'est un écosystème différent de celui où j'habite. C'est comme celui où j'ai grandi. C'est un écosystème gentil et balisé. C'est rempli de gens gentils et balisés. Ici, les gens me considèrent spontanément comme un des leurs.
Puis ce fut mon rendez-vous médical, et la station Longueuil-Université-de-Sherbrooke de nouveau.
Repu de ce tissu humain tendre et simple, ayant fait le plein de bonnes énergies auprès de cette autre civilisation, reposée et reposante, j'ai filé sur la ligne jaune derechef, histoire de réintégrer l'excentricité mélancolique et le bouillon d'énergies de Montréal.
vendredi 4 octobre 2024
Architecte littéraire
jeudi 3 octobre 2024
Variations atmosphériques au café
jeudi 19 septembre 2024
Publier ? Julie, je te réponds
Tu devrais aspirer à écrire un truc vraiment spécial, à la fois juste pour toi et profondément universel, un truc génial qui est juste à toi, un trésor juste à toi, avec lequel tu pourrais mourir sans que personne l'ait lu, mais tu saurais que c'est un truc spécial et juste à toi. Mais étant donné que ce serait un trésor que tu chérirais, ce trésor, ce truc juste à toi, il serait aussi aux autres s'ils le découvraient. C'est ça selon moi la littérature. Tu dois créer un trésor hallucinant, que tu pourrais garder juste pour toi, mais qui, d'une façon ou d'une autre, se fraiera un chemin vers les autres. Ça peut sembler contradictoire, mais ce ne l'est pas. Et pour que ce quelque chose de spécial naisse, juste pour toi, tu dois travailler comme une maniaque, une acharnée, écrire, écrire, écrire, de tout, de rien, souvent en périphérie de ton projet, pour finalement y revenir, tu mets des efforts dans l'ombre alors que tu as pourtant l'air de vouloir construire la tour Eiffel, les œufs de Fabergé, le métro de New York ou, comme Katie Bouman, l'algorithme qui a aidé à visualiser le premier trou noir ; tu dois être une cheffe de projet extrêmement méticuleuse pour un projet absolument fantomatique dont tu es à la fois la promotrice et la détractrice ; tu dois habiter ton projet avec un tel caractère personnel qu'on dirait : pouah ! c'est n'importe quoi comme écriture ! c'est n'importe quoi ! Et cependant, ce serait nouveau, si nouveau, que ça aurait la possibilité d'établir de nouveaux standards. C'est comme ça que tu dois écrire. Avec une grande folie, dans un état d'aliénation perpétuelle, que seul l'acte créatif peut apaiser ; et alors quand tu crées, les tensions s'apaisent, de l'air circule dans ton crâne à nouveau, comme si des fenêtres s'étaient ouvertes, et tu redeviens humaine. Écrire est un grand voyage ; on est assis dans un train, une locomotive d'autrefois, attaché à notre siège, on a seulement les mains de libres pour écrire ; c'est un voyage qui fait suer, trembler, dont on ne revient pas tout à fait indemne, c'est un voyage qui salit autant qu'il nettoie, qui désespère en même temps qu'il illumine, qui blesse à proportion de sa guérison, jusqu'à ce que les forces s'équilibrent et qu'au dernier instant la mathématique karmique rende un bilan positif, qu'on soupire, et qu'on lâche le stylo. La locomotive – où tu étais seule, finalement, ou du moins entourée de grincements, de présences invisibles et de radieux paysages – arrive enfin en gare. Personne pour t'accueillir, sinon que le soleil, qui en se levant t'applaudit à sa manière. Au loin, une rumeur, un tumulte ; ce sont les gens qui ont publié, qui dans une petite agglutination indécente se congratulent entre eux ; ils tentent de se faire croire qu'ils sont exceptionnels, engraissent leur petite hallucination collective ; ils n'ont pas fait de stupéfiant voyage en train, ils n'ont pas chevauché les rails, été le cœur et l'âme d'un train spectral, comme toi ; ils ont peut-être fait quelques longueurs dans un lac, parcouru un trajet cahoteux à bicyclette, ou suspendu leurs jambes à un arbre pour avoir la tête à l'envers ; rien de ça n'est spécial, et le grand égalisateur qu'est le temps prendra soin de ranger leurs livres dans un rayon de la bibliothèque où ils pourront sagement moisir ; l'énorme livre que tu portes dans ta valise noire n'entendra peut-être pas de louanges de sitôt, mais le temps lui réservera un sort agréable. Donc Julie, je crois que tu ne devrais pas espérer publier, tu devrais seulement écrire. C'est le plus terrible et le plus beau cadeau qu'un écrivain puisse se faire.
jeudi 12 septembre 2024
Une philosophie du succès plus souple, plus humaine
mercredi 21 août 2024
Un vrai roman – réflexion
Un vrai roman, c'est : voici la vraie vie – ou celle que j'ai imaginée –, voici comment elle devrait être, plutôt que la banalité menteuse dont on nous parle en société. Le roman dit : je vais te montrer, c'est quoi, l'existence ! Un romancier est quelqu'un qui ouvre les portes de sa vie, ou d'une nouvelle vie.
lundi 4 mars 2024
L'Islande telle que vue et vécue par Éric-Emmanuel Schmitt : ça donne le goût d'y aller...
J'avais choisi la destination avec soin : l'Islande. Épris de ce pays que j'avais visité plusieurs fois pour mes pièces ou mes livres, j'avais appris à le savourer dans tous ses états. À chaque moment de l'année, l'île joue de la musique en véritable artiste : l'hiver, elle prodigue une symphonie de bleus – eau, ciel, glace, neige –, l'été, une symphonie de verts – mousses et lichens sur la toundra, bouleaux rabougris. Bloc minéral vomi par l'Atlantique, située dans un climat ingrat, elle demeure sauvage, peu habitée, à peine cultivée. Trois brins d'herbe suffisent à déclarer qu'une étendue est un champ. Rien ne se développe en hauteur, ni les végétaux ni les animaux – les chevaux plafonnent à la taille des poneys –, et un proverbe local stipule : « Quand vous êtes perdu dans une forêt, levez-vous. » J'avais parié que ce lieu robuste insufflerait de l'énergie à ma mère et notre odyssée m'avait donné raison. Quiconque désire sentir que la Terre vit doit parcourir l'Islande. Pris entre le feu intérieur et la glace extérieure, le sol respire, éructe, se fend, fume, crache de l'eau chaude à Geyser, vomit des laves par la bouche de ses volcans, noircit le ciel de ses cendres. Avant d'accoster le quai de Reykjavik, nous avions navigué parmi des îlots dont certains n'avaient jailli de l'océan que depuis deux ans. Vagabonder ensuite sur les chemins islandais nous avait permis de nous charger de force tellurique.
– Éric-Emmanuel Schmitt, Journal d'un amour perdu
mercredi 13 décembre 2023
Couronner les yeux
Long lent geste sacré, j'enfile mes lunettes de manière précise et pensive, comme le ferait un médecin d'une autre époque, un médecin dans un film. On dirait que c'est pour me donner un style, mais c'est juste que les branches fines se manient doucement, et du reste l'extrémité recourbée épouse bien le derrière de l'oreille. Mon opticienne a fait du bon boulot ; elle m'a même appris que la dernière lunetterie n'avait pas fait cet effort avec mes anciennes montures, d'où le fait qu'elles me tombaient du nez. Elle a ajusté ma vieille paire également.
Long lent geste sacré, j'enfile mes lunettes de manière précise et pensive.
vendredi 8 décembre 2023
L'os essentiel dans la phrase
lundi 16 octobre 2023
Ouiiiiii
« Promets-moi d’écrire la phrase dans son entier quand tu feras ce livre, sinon tu ferais de la littérature et il ne faut jamais faire de littérature, il faut écrire et ce n’est pas pareil, promets-moi. »
– Christian Bobin, La plus que vive
samedi 7 octobre 2023
Les lumières, au café
Il y a eu un déclic dans mon cerveau, tantôt, au café :
Ça a fait : pow pow pow, wow wow wow, miaow miaow miaow.
Et j'ai vu la lumière. Laquelle ? Celle de la créativité vraie.
Et j'ai pu écrire de la prose comme jamais auparavant ; ou peut-être que tout ça n'était qu'une barrière technique, que je devais franchir, je pense l'avoir franchie, en tout cas, en bonne partie, ma jambe est-elle prise dans un fil barbelé sans que je m'en rende compte ?
J'ai l'impression d'avoir tous mes morceaux et que ma prose se tient.
Pow pow pow, wow wow wow, miaow miaow miaow.
dimanche 24 septembre 2023
J'ai cru que je ne savais pas écrire de prose
J'ai cru que je ne savais pas écrire de prose.
L'autocritique est parfois écrasante.
On ne sait pas écrire, de prose ou autre chose, si l'on évacue la passion.
Je me dis que, finalement, je sais écrire de la prose quand je jette un oeil à mes chroniques, quand je relis de vieux rêves, quand je fouille dans mes nouvelles, quand je considère mon roman Fl... m..., quand je pense à ce blogue lui-même.
Plus je progresse dans mes exercices de perfectionnement de prose, plus je discerne l'essentiel : l'émotion est l'ultime moteur. C'est la levure, comme on dit la poudre à pâte, l'air incorporé dans les œufs battus.
La prose
samedi 20 novembre 2021
Le styliste scandinave ayant troqué style pour énergie
Parlant de Karl Ove Knausgård, le bonhomme a fait preuve d'un merveilleux instinct...
Extrait d'une entrevue :
« Que voulez-vous dire ?
Je ne parvenais jamais à l’essentiel. Et puis, je me suis décidé à écrire l’histoire authentique telle qu’elle était. C’est alors devenu plus facile.
Pourquoi plus facile ?
J’ai pu me débarrasser de toutes les idées littéraires. J’ai arrêté de penser composition et construction de phrases. Tout est devenu plus simple que ce que j’avais l’habitude d’écrire. Normalement, j’ai des idéaux esthétiques élevés. J’ai dû les abandonner et cela m’a procuré une force immense. »
C'est sublime. Mon projet actuel ne me laisse pas cette exacte latitude, mais je pourrais épurer jusqu'à laisser un minimum de fiction. La fiction agira à titre de liant. Ce sera le masque de cohérence. Ce qui voile un tant soit peu pour rassembler. Il n'y a rien de tel que de se connecter à une énergie brute en écrivant !