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dimanche 23 juin 2024

« Une autre Amérique, plus petite certes, plus égalitaire et [...] plus humaine » ⚜️

La citation faisant office de titre est de Mario Polèse. J'aime aussi celle-ci, de Boucar Diouf : « Ce que j’essaye de dire, c’est que, sans être parfait, le Québec est indéniablement la nation qui a déployé la plus grande volonté de construire une société juste et équitable en Amérique. »

Merci Boucar pour ce texte exceptionnel, lequel éveille, fait réfléchir et rend fier, où l'on sent tout ton amour du Québec.

vendredi 23 juin 2023

Voilà un homme

Voilà un homme sur son balcon, la vieille de la Saint-Jean. Il envoie la main à tout le monde. Voilà un homme qui se vante à n'en plus finir. Voilà un homme qui se vante d'avoir traîné en cour quantité de gens. J'y ai toute faite perdre, sa maison, sa femme, ses enfants. Ça, il l'a répété souvent. Je lui ai demandé s'il était plaideur quérulent (il m'a répondu que son expérience était en affaires, pas en droit). Trois juges l'aiment et le protègent, apparemment. Apparemment, un mot que je pourrais utiliser souvent dans cette suite descriptive. Voilà un homme athlète multidisciplinaire, qui a commencé sur le tard. Ski, saut en hauteur ou en longueur (j'en perdais mon latin et mon sens des dimensions), golf. Toi, tu fais quoi dans la vie ? C'est quoi, une grande réalisation que t'as faite ? Les gens ne font rien. Je m'essaie. Y a rien là. Voilà un homme qui traduisait des choses à dix-sept ans, et qui a écrit trois romans (dont je n'ai pas retrouvé la trace sur Google). Voilà un homme qui coupe la parole sans cesse. Qui nous coule sous ses palabres. Voilà un homme qui a fait tellement de cash qu'il a décidé d'arrêter d'en faire, vers cinquante ans. Voilà un homme qui me prend pour un benêt. Voilà un homme qui veut jouer au Poker contre moi, quand j'emploie le jeu pour faire une analogie. Il m'avoue plus tard ne rien connaître à ce jeu. Voilà un homme qui me dit que je suis un beau gars, que je peux pogner avec les filles, mais que je manque de puissance. Voilà pourquoi je lui avais parlé de Poker, pour lui parler des coqs bluffeurs et des gens qui n'ont rien à prouver, mais qui gagnent. La puissance. Voilà un homme qui a dû lire Nietzsche. Voilà un homme qui est un personnage de théâtre ou de roman, me suis-je dit. Voilà un homme qui s'enflamme avec enthousiasme quand je lui parle de Murphy Cooper et de ses canulars. Voilà un homme que Google décrit comme un conspirationniste, ou presque. Elle a dit que je flirtais avec le conspirationnisme, la petite crisse de niaiseuse. Si elle écrivait conspirationniste, j'y faisais toute perdre, sa maison, sa femme, ses enfants. Voilà un homme qui a mille choses à dire et qui pourrait être détenteur de milliards de milliasses de liasses, s'il le désirait. Elon Musk, de la petite bière. Toi qui aimes pitonner, as-tu googlé Larry Fink ? Mon grand, on reparlera d'argent quand tu auras lu sur Larry Fink. Voilà un homme qui donne raison à Alfred de Musset et son « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ». Voilà un homme dont je tairai l'identité. Voilà un homme avec lequel il était très agréable de discuter sur son balcon !

dimanche 24 juin 2012

Bonne St-Boudin

En ce 10 du mois de Gidouille, je vous souhaite une fantastiquement, une ahurissamment bonne et joviale St Boudin.

Par ailleurs, je vous souhaite une grasse, épatante, superlativement savoureuse St-Jean-Baptiste. Oyez-moi ben ! Ayez du fonne ! Oyez du fonne ! J'espère que vous allez me casseroler ça, le Québec. Pendant ce temps-là, avec mon noeud papillon et mes yeux d'enfant écarquillés, assis à mon pupitre, tout doux, tout sage, je vais songer à quelle sorte d'oeuvre littéraire je pourrais écrire afin de la planter, telle une écharde, dans le cul du Canada chenu. Tu veux mon génocide culturel, mon vieux christ de babouin ratatiné ? Je vais te sortir mes gants de boxe imaginaires, et philosophiquement, avec l'ardeur des dieux décontractés, dans l'élan calculé de l'intelligence placide, déconstruire ton identité de démembreur moral. Ceci dit, les manifestations, j'aime bien ça. C'est rudement époustouflant pis tout, ça te galvanise l'aurore dans les yeux en siboucraque de tabarslashe, mais ! ce n'est pas mon mode de contestation de prédilection...

Sinon, ce soir, je vais voir Lisa Leblanc en show. Avec qui ? Avec la femme de ma vie. Ça fait un an, jour pour jour, qu'on est ensemble. C'est-à-dire : j'estime que la première date a sonné le début officiel de notre relation, parce qu'un coup de foudre, ça ne discutaille pas, et c'est comme un inopiné concert de perséides bariolées, qui décide de nous suivre sans cesse...

Bonne St-Jean. Je vous aime.

dimanche 26 juin 2011

Comment un poète québécois se fait pardonner...

...lorsqu'il ne souligne pas la St-Jean sur son blogue.

Il compose une chanson. Il se dit qu'avec un peu de chance, on pourra peut-être la fredonner les autres jours de l'année ; car justement, il aurait horreur d'uniquement l'entendre à la St-Jean.


« Brume bleue »

T'es mon pays d'azur, de glace
Mon grand pays tribal qui vibre
Une contrée pas à sa place
Toi Québec à l'ardente fibre

T'es la chair tendre d'Amérique
T'es la bohème qui gambade
Qui rit tel un gamin épique !
T'es à toi seule une accolade.

Je le sais bien, les chansonniers
Ont tout dit sur ton coeur en lyres,
Or moi, le jeune parolier,
Qu'est-ce que je pourrais te dire ?

Au fond, c'est comme la romance ;
Cela n'a rien d'original
Mais tant que notre sang s'élance,
On veut lancer un chant astral.

Ma Province, tu as les cils
Plein de cristaux, le nez tout bleu,
T'es la poudrerie qui jubile
Ton foulard blanc luit com' le feu

L'été, t'es encore plus douce
Que ce soit en ville, en campagne,
T'as l'ardente couleur qui mousse
L'air enivre tel un champagne

Mais il faut regarder en toi
Pour y sentir tes vraies couleurs
Et ça, c'est ton peuple en émoi
Laisse-moi narrer ta chaleur

J'aime cet éclatement brut
Qui nous fait tous si créatifs
J'aime ces artistes en rut
Qui ont le coeur des plus festifs !

De la poésie à fleur d'âme
Même quand la neige nous brûle
Des artistes doux comme flamme
Qui se déhanchent sans recul

Notre langue, faut pas le taire,
- Et ce n'est pas du chauvinisme -,
C'est un joyau sur cette Terre
D'la poésie suant d'un prisme

Ah, et si c'était si facile ?
Si facile d'être prospères
Mais une brume se profile,
Qui pourrait cacher nos repères

Les convictions patriotiques
Ont pris l'bord, le large, la fuite,
N'est-ce qu'un problème d'optique ?
Décidons de notre conduite !

Faut-il ? Ne faut-il pas ? Faut-il
Faire la douce indépendance ?
La théorie devient futile.
Va à ton rencard, et puis danse!

Les arguments sont pourtant là
Mais il y a des terroristes
Du coeur, voulant notre trépas
Eux, ce sont les agenouillistes

Oublions donc les arguments
C'est une question de fureur
Pas un effet d'entraînement
Tu dois le vouloir en ton coeur

REFRAIN

Faisons de ce pays aut' chose
Qu'une brume bleue trop paisible
Car si les jours sont parfois roses
L'ignorance est grise et risible

Donc ça commence avec chacun
Libre d'être ce qu'il veut être !
Un Québécois qui est quelqu'un
Un fou, un grand, un roi, un maître

Donc ça commence avec chacun
Apprendre à respecter ses frères
Chers Québécois, n'ayons aucun
Regret d'renier nos faux pères !

Faisons de ce pays aut' chose
Qu'une brume bleue trop paisible
Qu'un flou troupeau de pas-grand-chose
Avant que crament les fusibles

Faisons de ce pays aut' chose
Qu'une brume bleue trop paisible
Car si les jours sont parfois roses
L'ignorance est grise et risible...


Or si je n'ai pas souligné la St-Jean, sur mon blogue, il ne s'est pas agi d'un hasard. Fier d'être québécois, je le suis, follement, abondamment. J'aime vivre ici, j'aime les gens d'ici, notre culture... Enfin, je crois que ma chanson le dit mieux que ce tissage d'idées à l'impromptu. Je sentais cependant un blocage, sans pouvoir le préciser. Je suis donc descendu en moi-même afin de tâter la réalité de ma pensée, et pour pondre cette chanson par la même occasion.

L'os, il était relatif à l'indépendance. Eurk, je déteste la Politique, mais pour ça, je vais bien faire un petit effort. Bien sûr, dans les faits, nous formons un pays (culturellement j'entends). Mais ça serait foutrement amusant quand même, n'est-ce pas, que de l'officialiser ? Imaginez un homme qui serait toujours légalement marié bien qu'il détesterait sa femme — et on lui refuserait le divorce, pour quelque raison obscure. On ne voudrait quand même pas qu'il finisse par se suicider, le pauvre bougre, ou qu'il meure tout bonnement, aussi ne voudrions-nous pas que sur le long parcours de sa déroute il affiche des signes de démence, comme parler en anglais malgré lui...

Je n'ai rien contre l'anglais ; mais c'est comme faire l'amour ; mieux vaut être consentant.

Je ne suis pas pessimiste face à ce fameux projet de délivrance. Je ne me dis pas : « C'est impossible que ça se fasse » ; au contraire, je suis d'un naturel optimiste. D'ailleurs, après avoir vu des vidéos vantant la souveraineté, que j'ai mises en ligne dans la section Réflexions, ma foi à ce sujet a triplé en intensité, devenant tout à fait brûlante. Optimiste, donc. Mais réaliste tout à la fois. Et c'est cet aspect-là de moi qui a fini par surplomber les autres. Je me dis que ces idées et ces données-là, encore faut-il les diffuser. Encore faut-il que les gens se lèvent et aillent voter.

Pour qu'une structure se tienne, ça prend non seulement un solide cadre, mais des éléments forts à l'intérieur.

Le travail de nos amis politiciens est louable. Mais il faut individuellement vouloir ; s'il y a plein de gens, individuellement, qui veulent, ça fera un tas de gens. Trop souvent j'ai entendu : « L'indépendance, j'aimerais ça ! Mais je n'y songe pas vraiment... C'est possible ? »

Alors, à défaut de croire à un effet d'entraînement prochain, j'ai décidé de « le vouloir en mon coeur ». Et je vais souffler sur la brume bleue.