Affichage des articles dont le libellé est Philosophie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Philosophie. Afficher tous les articles

jeudi 12 septembre 2024

Une philosophie du succès plus souple, plus humaine



“We should learn a little bit by what's happening in tragic art. It would be insane to call Hamlet a loser. He is not a loser. But he has lost.”

Quel homme remarquable, ce de Botton !

samedi 7 septembre 2024

Hypothèse de simulation


L'hypothèse de simulation : Elon Musk semble bien y croire.

Il avance que les jeux vidéo deviennent de plus en plus réalistes – et qu'éventuellement, on ne pourra pas faire la distinction entre les jeux vidéo et la réalité. Ainsi, qu'est-ce qui nous dit que nous ne sommes pas dans un énorme jeu vidéo ou une réalité simulée ?

Je n'ai pas le temps de pérorer, d'organiser un orchestre de mots, de rédiger un essai.

Néanmoins, il est possible d'anéantir ses arguments au moyen de deux questionnements.

Dans un jeu vidéo, on a la possibilité de sortir. Alors qu'ici, dans ce que je préfère appeler la réalité, le jeu continuerait sans fin. Qui serait assez fou pour plonger dans un jeu vidéo pendant, disons, 90 ans par exemple, si notre espérance de vie est d'un tel âge ?

On pourrait arguer qu'une civilisation X nous fait vivre dans une telle simulation : je vois difficilement comment une civilisation avancée pourrait être profondément immorale. Je postule sans trop de gêne qu'une certaine corrélation s'établit entre intelligence – et dans le raisonnement qui nous occupe je fais allusion à de très grands sauts dans l'intelligence – et éthique.

Le second questionnement : il est facile d'avoir des réflexions comme celle d'Elon Musk lorsqu'on a une vie relativement aisée ou une vie aisée, mais qu'en est-il des gens qui ont des vies absolument épouvantables, qui vivent dans la souffrance, etc. ? Est-ce qu'ils auraient vraiment choisi des personnages comme ça ? Ou pourquoi les leur imposerait-on ?

L'hypothèse de simulation dont il parle me semble être le passe-temps de gens privilégiés qui sont fascinés par la technologie, tout en étant un peu déconnectés de la réalité.

En fait, nous savons si peu de choses sur l'univers. La physique et la philosophie, entre autres, essaient de nous éclairer. J'ai plus souvent qu'à mon tour été en contact avec des « bogues dans la matrice », ce qui pourrait, croirait-on sans doute, me prédisposer à adhérer à une pareille théorie. Toutefois, par son caractère terriblement réducteur, je trouve qu'elle ne fait pas justice à notre magnifique univers. 

dimanche 30 janvier 2022

lundi 19 octobre 2020

Ma relation aux mots

J'ai toujours eu une relation singulière aux mots. L'un de mes plus lointains souvenirs à ce propos : j'ai quatre ou cinq ans, et je questionne sans cesse mon père, afin d'obtenir la définition de certains. En voilà un étrange ? Je demande à mon père qu'il le définisse. Lorsqu'il s'exécute, il use parfois d'un autre mot, ou d'un nouveau concept. Je trouve cet exercice très intéressant. Je me familiarisais, bien longtemps avant Internet, avec le concept de l'hyperlien. Car si mon père évoquait, dans sa définition, un mot ou un concept nouveau, je lui demandais derechef de définir cet objet – mot ou idée. Je crois qu'il était doucement exaspéré, un brin dépassé. Il me semble lui avoir demandé quand ce jeu se terminerait (je ne disais pas jeu, mais la curiosité éblouie de l'enfant l'entraîne souvent dans le voisinage du ludisme)... On arrive bien au bout des définitions, un jour, et il est possible de tout connaître, n'est-ce pas ? Il m'a fait savoir que cet exercice pouvait s'étirer presque infiniment. Quel émerveillement, mais quel vertige ! Aussi ai-je entrepris, à la suite de cette révélation, de devenir un petit philosophe. J'ai imaginé qu'en allant sans cesse au bout des mots, de leurs définitions, on trouverait bien la fin. Ma conclusion enfantine avait été la suivante : à force de décomposer sans relâche les mots, les mots dans les mots, les mots dans les mots dans les mots, on doit éventuellement en venir à des concepts et des éléments très simples. Comme des objets grossiers (des cailloux, ou toute chose qui s'observe dans la nature, par exemple), des choses évidentes, directement observables, comme des couleurs... Des éléments se laissant cerner, qui ne peuvent plus être décomposés. Enfant, j'aurais certainement aimé l'étymologie si j'y avais été initié. Idem pour la science d'Aristote.

Sinon, ma sœur m'a rappelé qu'enfant, lorsque je faisais usage d'un beau langage, la fratrie pouvait en faire un objet de taquinerie. Un épisode me revient. Il est question, dans mon cas, du même âge : quatre ou cinq ans, je crois bien. « Attention, il ne faut pas faire ça, papa va être furieux ! » Furieux. Un mot si simple. Cela les aurait amusés... Il est rare que j'emploie cet adjectif, de vive voix, aujourd'hui. En bon Québécois simple, paresseux, pétri de complexes linguistiques, je dis fâché, tout simplement, contrairement au jeune moi-même.

Dans la vingtaine, ma mère m'a relaté une anecdote. Elle a fait allusion à la même période de l'enfance. Il avait été question de nommer un animal, de la même famille que l'écureuil. On pensait que c'en était un. Je m'étais opposé. Ce n'était pas un écureuil. C'était un tamia. Il paraît que cela avait fait grande impression sur mon grand-père, lui-même assez enclin à l'exactitude, et amoureux des mots. Pourtant, nous n'étions pas une famille aux penchants encyclopédiques, ou plus précisément apte à nommer toutes les espèces animales. Des gens intelligents, certes, mais pas nerds.

Adolescent, jeune adulte, des mots inconnus me venaient en tête. De beaux mots, sophistiqués, étranges. C'était comme être abreuvé par un dictionnaire discret. J'étais souvent surpris, il va sans dire. Je ne lisais pas beaucoup ; très peu. Je me ruais sur un dictionnaire, un vrai, en chair et en os, enfin, c'était moi, ça, chair et os ! donc plutôt en papier et en carton... J'avais ainsi la confirmation que ce mot, que j'avais appris à mon insu, glané dans un instant éphémère, aimanté avec ma sensibilité, décrivait parfaitement un sentiment, une idée ou une scène dont j'étais le témoin.

Les mots sont mon palais. Et je souscris à l'idée d'Amélie Nothomb, qui affirme que le langage est le plus haut degré de réalité.

mercredi 23 octobre 2019

Kierkegaard ki r'garde les trolls et médite

Un article très intéressant au sujet de Kierkegaard et des trolls.

“Instantly, all three doffed their hats and it would seem I had done them a service by asking for a light. Ergo: the same people would be happy to cry bravo for me if I merely addressed a friendly, let alone, flattering word to them; as it is, they cry pereat [he shall perish!] and are defiant… All it amounts to is play-acting. But how invaluably interesting to have one’s knowledge of human psychology enriched in this way.”

— Søren Kierkegaard

P.S. Eh ! Ça explique, en partie, le phénomène de la « hour », et l'utilité d'un tel mot.

mardi 15 octobre 2019

Les biais cognitifs

Je pense qu'il est important de les étudier, ces biais cognitifs.

À quand, à quand ?

Raisonne-t-on froidement comme un robot, une fois qu'on les a assimilés, qu'on sait les débusquer, qu'on n'est plus sous leur emprise ?

L'un d'eux retient mon attention particulièrement. On le retrouve plutôt ici : c'est le biais de négativité.

J'ai beau être optimiste, il est vrai que des corpuscules de négativité, qui bientôt enfleront, peuvent s'immiscer dans nos réflexions. C'est, ironiquement, en réfléchissant à des choses positives que j'ai pris conscience de ce biais­.

Je pensais qu'on ne pouvait pas, du reste, parler de biais dans notre langue. Je me fourvoyais.

mardi 1 octobre 2019

Être un peu monstrueux pour reconnaître les monstres




Je suis tombé sur cette vidéo par hasard. Ça faisait quelques mois que je voyais des trucs passer au sujet de Jordan Peterson. Je savais qu'il avait débattu avec l'étrange Slavoj Žižek. Mais il y avait toujours, pour moi, un flou quant à son identité. Il semblait à la fois aimé et controversé. C'était donc l'occasion de réellement découvrir, ne serait-ce qu'un peu, ce Peterson.

Ses idées, exprimées dans cette vidéo, rejoignent quelques-unes de mes propres conclusions d'observateur humain. Il emploie toutefois un langage un peu particulier -- monstre, monstre. Et je sens malgré tout un fond d'aigreur chez lui.

J'ai longuement médité, dès un jeune âge, ce que d'aucuns appelleraient la chimie humaine, qui était chère à Goethe, ai-je plus tard appris (voir : Les Affinités électives). J'aime étudier les rapports humains (la séduction, l'amour, les relations diverses (amicales, familiales...), la morale), puisque cela est fortement instructif au sujet de la nature humaine ; ainsi, cela nous renseigne sur la façon dont nous devrions vivre.

Par ailleurs, je crois depuis longtemps que la personne trop douce doit se renforcer, gagner en indépendance ; tandis que le petit brigand doit se civiliser, et qui sait, peut-être apprendre à devenir galant. Il y a une moyenne dont on doit se rapprocher, sans perdre son unicité.

Cela dit, j'admire le fait que la réflexion de Peterson soit fondée sur certains éléments scientifiques au sujet de la personnalité.

mardi 23 juillet 2019

Le rasoir d'Ockham

Pluralitas non est ponenda sine necessitate.

C'est un principe d'économie. C'est-à-dire: pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?

C'est le rasoir de Guillaume d'Ockham, je le précise.

Celui qui m'avait expliqué le principe m'avait dit: à choisir entre deux solutions, l'une très raffinée et complexe, et l'une raisonnablement bien constituée (avec une structure plus simple), si le résultat est sensiblement le même, on opte pour cette deuxième.

mardi 16 juillet 2019

Les relations humaines ou l'art de saluer

Dans son unique livre Pythagore se calquera sur la neige (qu'il s'est résolu à matérialiser, lui qui espérait ne jamais avoir à en écrire, pour habiter la tradition orale), le philosophe et sociologue Alfred Nomisky (surnommé affectueusement par ses partisans le Grand Éthérique) décortique les relations humaines, afin d'en identifier les malaises et de les résoudre. Je cite le truculent intellectuel: «Tandis que j'étais en vacances sur le flanc du Vésuve, il me vint une idée d'une extraordinaire simplicité, à la suite de questions: dans la société contemporaine actuelle, n'y a-t-il pas un fantôme hautain qui s'invite dans nos relations sociales? Pourquoi les êtres humains ne sont-ils pas capables de communiquer? Qu'est-ce qui vient saboter les échanges les plus fondamentaux? Ainsi, j'eus une épiphanie: ces rapports n'existent même pas. Nous vivons dans la superficialité des contacts humains. Nous croyons échanger avec nos semblables, quand nous n'avons même pas pris la peine d'entrer en contact avec eux. Lorsqu'on y pense, qu'est-ce qui permet d'instaurer un rapport humain, ou de le renouveler? D'aucuns diraient qu'avec cette question, nous croquons quelque chose d'intangible. Pas du tout... Laissez-moi vous dire... Toutes les cultures et toutes les langues le savent instinctivement, le recèlent: ce qui permet d'entrer en relation, c'est la salutation. Au-delà d'une absence de la salutation, point de salut relationnel. Inviterait-on quelqu'un à un repas, si on ne l'a jamais même salué? Demande-t-on à une personne ce qu'elle a fait de sa journée, sans l'avoir saluée? La clé de voûte d'un échange humain, c'est d'abord et avant tout l'art de saluer. Aussi me suis-je résolu à être le plus économe possible en la matière afin d'exprimer l'essentiel et l'authenticité. Même si je croise un être humain qui semble mal à l'aise avec moi, tout simplement, je le salue. Je salue tous les gens que je croise, tout le temps, dans toutes les situations, même incongrues. L'autre jour, à l'épicerie, une caissière et moi-même nous regardions en chiens de faïence: je l'ai saluée. Celle-ci me regarda d'autant plus étrangement, mais c'était la prémisse d'une relation.»

mercredi 15 mai 2019

Psychologie: entre art et science?


La psychologie relève-t-elle davantage de la science ou des arts? Poser la question, c’est peut-être subodorer la réponse, ou du moins pressentir la tension entre les deux pôles où nous voudrions fixer la psychologie comme discipline et corps de connaissances.
             Pour répondre à une question, il faut bien en définir les termes.
         Qu’est-ce que la science? Est-ce un état d’esprit, une volonté de rigueur? Est-ce quelque chose d’appuyé sur des concepts philosophiques? Est-ce un ensemble de méthodes sûres et immuables? Fait-on de la science de la même façon dans toutes ses branches? Ces questions rhétoriques, découlant de la question initiale de ce paragraphe, au sujet de la science, ne cherchent pas ici de réponse, et n’ont pas la prétention de la cerner clairement. Ces questions veulent mettre en lumière le fait que la science, telle que normalement entendue, est un édifice dont on pourrait contester la structure et le fonctionnement. En d’autres termes, avant de se demander si la psychologie est une science, il faut s’intéresser aux fondations. Il faudra donc s’approcher d’une certaine forme de définition. Une fois la science mieux définie, il sera possible d’envisager une réponse en ce qui a trait à la psychologie. Ceci nous ramène donc à notre question préalable: qu’est-ce que la science? Nous y reviendrons.
L’autre partie de notre question d’origine (celle de ce texte), s’intéresse donc aux arts, à ce qui serait en opposition à la science. Ici, les arts sont entendus au sens d’acte culturel, ayant entre autres le langage comme vecteur. Il s’agit plus d’une précision que d’une définition. Par ailleurs, pour être juste, on pourrait l’envisager comme définition. Cette dernière étant plus large, et pour ainsi dire flexible, que celle de la science que d’aucuns voudraient stricte, nous ne la remettrons pas en cause. Toutefois, nous explorerons quand même ce qui concerne les arts, un peu plus loin. Nous décomposerons également la notion d’arts pour retenir ce qui est le plus utile, dans le domaine de la psychologie.
Nous pourrions peut-être identifier une troisième composante (tacite) à notre question première, nous invitant à une manière de clivage. Arts ou science? Pourrait-on parler d’arts et de science? Est-il possible de classer la psychologie sur un spectre? Puisque la psychologie se subdivise, aux yeux de certains, en plusieurs sciences, devrait-on classer certaines de ses disciplines à différents endroits du spectre? Tantôt du côté des arts, tantôt du côté de la science, parfois à mi-chemin? Ce rapport entre arts et science sera exploré un peu plus tard dans ce texte.
Pour simplifier notre questionnement premier, j’estimerais que la psychologie, aussi hétéroclite qu’elle puisse paraître, constitue bel et bien une discipline. C’est la science du comportement. Plusieurs moyens sont possibles et souhaitables pour en arriver à cette fin. La physique, par exemple, a besoin de mathématiciens autant que d’ingénieurs capables de concevoir des accélérateurs de particules. La biologie a besoin de chimistes, d’experts en physiologie, d’experts du terrain. Dans le même ordre d’idées, la psychologie a besoin d’analystes, de béhavioristes, de biologistes, etc. Peut-être un jour se fractionnera-t-elle vraiment en plusieurs psychologies. Mais pour l’instant, pour les raisons évoquées (ou du moins en admettant mes analogies avec d’autres disciplines comme valables), je pense qu’il est raisonnable d’estimer qu’il y a une psychologie, aux multiples reflets.
Ainsi, je réponds à notre question initiale. Je retracerai ensuite le fil de mon raisonnement en m’attardant aux définitions de la science et des arts, de même qu’à la pertinence d’un clivage entre les deux.
            La psychologie est une science, qui est fortement teintée par son approche culturelle.
            Pour des scientifiques œuvrant dans des domaines dont on ne contesterait pas le statut de science, la psychologie pourrait sembler être une science mineure, voire pas du tout scientifique. Il est question d’une bataille culturelle et idéologique, en quelque sorte. Il est important que la psychologie s’affranchisse d’une définition qui la diminue. La psychologie est et doit être une science puisqu’elle s’intéresse aux comportements humains et, plus intéressant encore, à l’activité mentale qui les accompagne ou les précède. Cette activité mentale, lapalissade, est souvent endommagée ou dysfonctionnelle, en ce qui a trait aux sujets d’intérêt pour la discipline. Il serait dangereux et immoral de manquer de rigueur quant à l’analyse du comportement et par rapport à l’acte thérapeutique. Un psychologue, à tout prendre, doit être aussi minutieux qu’un dentiste ou un chimiste.
            Par ailleurs, d’entrée de jeu, il avait été question de définir la science. D’un point de vue populaire, peut-être est-elle synonyme d’un gage de certitude. De l’identification d’un savoir parfaitement circonscrit. Il serait important d’apporter un fort bémol à cette conception ou cette aspiration. Selon Hergenhahn et Henley (2014)1, qui décortiquent la pensée et l’approche de Thomas Kuhn, celui-ci proposait le concept de paradigmes scientifiques qui se succèdent, et il estimait que la science comporte sa part de subjectivité et d’émotions. (Lucides, nous admettrions tous ce second point. Dans les faits, ce n’est pas le cas, et la science a encore une espèce de rigidité.)
Dans la mesure où un paradigme est une sorte de «point de vue» (regroupant opinions, techniques d’étude, langage propre à ce paradigme, etc.), on peut en déduire que l’objet d’étude scientifique concerné n’est jamais parfaitement cerné. Même si la connaissance de ce qui est étudié dans ce champ s’affine sans cesse, la vision demeure incomplète. Or, comment pourrait-on reprocher à la psychologie d’être une science qui ne répond pas à toutes les questions lui étant associées, et d’être subjective, si c’est le destin de toutes les formes d’activité scientifique?
En effet, aucune science n’atteindra jamais la perfection. L’astronome ne verra probablement jamais la plus lointaine étoile ; aux physiciens échapperont des règles de l’univers ; l’océanographe ne sait pas comment cela est au fin fond des mers. La thérapie ne permettra sans doute jamais d’aller jusqu’aux confins d’un esprit humain. Par contre, il ne faudrait pas tirer argument de cette incomplétude annoncée pour se satisfaire dans l’imprécision. Il faut viser le plus précisément possible, même si l’on n’atteint jamais complètement la cible.
Les arts n’ont pas pour fonction d’être absolument précis, réglés au quart de tour. Pris dans leur ensemble, ils n’ont pas non plus un objectif bien défini. À l’inverse, des connaissances très précises en neuropsychologie peuvent permettre de diagnostiquer tel trouble. La psychologie cognitive-comportementale permet de corriger un comportement ciblé. Les arts, que je rebaptiserais pour le contexte actuel la créativité, la culture, et le dialogue, forment une espèce de nuage nécessaire qui enveloppe l’activité scientifique, à proprement parler, en psychologie. (Il est peut-être difficile de définir «les arts» au sens large: toutefois, je pense que la triade que j’évoque serait une piste de définition en ce qui a trait aux arts, relativement à la psychologie.) Du reste, on ne peut pas déshumaniser la psychologie, quand il est précisément question de la compréhension et du bien-être de l’humain. Sans humanité, la psychologie se résumerait grossièrement à une liste de symptômes psychopathologiques, à une neuropsychologie qui ne prend pas l’être humain dans son ensemble (avec son milieu et sa psyché), à une succession d’expériences comme celle avec le petit Albert.
Il est important d’avoir une culture, quand on est un scientifique dans le domaine de la psychologie: des connaissances historiques et peut-être même philosophiques s’avèrent utiles, voire essentielles, quand l’arbre de notre science a des racines si importantes dans ces régions intellectuelles. La créativité est un moteur essentiel en science (et dans la vie en général). Rétrospectivement, la science fait souvent comme si tout allait de soi, en considérant ses acquis, ses connaissances. Toutefois, à l’origine d’une découverte, il y a souvent eu un chercheur passionné, la fulgurance des intuitions. L’aptitude au dialogue est aussi très importante, en psychologie. Naturellement, si l’on est un chimiste ou un physicien, et qu’on ne sait pas expliquer ses idées, à d’autres la vulgarisation. Mais le chercheur en psychologie doit posséder une aptitude interpersonnelle, il doit savoir exprimer ses idées. C’est essentiel pour les patients en laboratoire et en clinique. Il ne faut ni altérer les études par la suggestibilité de la parole ni manquer d’aptitudes pour la conversation vis-à-vis de l’individu avec lequel une relation de confiance doit être nouée. Aussi faut-il habilement inciter le patient à converser, si cela ne se fait pas naturellement au départ.
Pour amalgamer l’idée de la fulgurante intuition dont je parlais plus haut, et de l’importance de la parole en psychologie, pensons à Sigmund Freud. Selon Hergenhahn et Henley (2014), qui synthétisent le parcours de Freud dans leur ouvrage, après avoir expérimenté pendant un certain temps des méthodes sans succès, comme l’hypnose, ce dernier «[incitait] simplement [le patient] à parler librement au sujet de quoi que ce soit qui lui venait à l’esprit. C’est ainsi que la méthode de l’association libre prit naissance.» La découverte de cette technique relativement simple, quoique majeure, n’aurait pas été possible sans la passion et l’intuition de Freud. Cela montre également l’importance de l’expression verbale en psychologie, ce qui relève davantage «des arts».
On ne se moque pas, du reste, du temps que certains biologistes passent sur des bateaux à explorer la faune des mers, pas plus qu’on tourne en ridicule les physiciens qui creusent des tunnels sous terre pour construire leurs accélérateurs de particules. Toute science s’accompagne d’une certaine forme de culture, ou, à tout le moins, d’usages et de méthodes. La psychologie nécessite ainsi la créativité, la culture et le dialogue, entre autres. En ce sens, pour résumer ce point, les arts lui sont intrinsèques.
J’en reviens à la question du clivage entre art et science. Initialement, je voulais situer la psychologie quelque part à mi-chemin entre les arts et la science. Quoi de plus normal, considérant que la vie n’est pas binaire, et considérant que les arts soient si essentiels à la psychologie? Les choses évoluent fréquemment sur un spectre. Cela dit, je classe la psychologie dans la case science afin, ironiquement, de la défendre de son jugement dichotomique. Les psychologues seraient peut-être à l’aise avec une affirmation comme celle-ci (pour illustrer): 50% science, 50% art. Toutefois, cette souplesse de la pensée risquerait de ne pas satisfaire aux exigences absolues de la science, c’est-à-dire la science à l’extérieur de la psychologie, ou plutôt, la Science avec une majuscule, celle qui englobe toutes les sciences. Il appert qu’un certain esprit de discrimination règne dans la science. On crie rapidement à la pseudoscience, par exemple. Aussi, une pensée dogmatique, ne supportant pas la différence, peut s’immiscer dans la science, cet édifice qui se berne lui-même parfois quant à sa rationalité. Si ce n’était pas le cas pour ces éléments susmentionnés, pourquoi la question centrale qui nous occupe se poserait-elle? Bref, pour défendre la psychologie du jugement binaire de la Science, il faut insister sur le fait qu’elle est une science, à part entière.
Il faut selon moi s’approprier cette idée avec fierté (ou un sentiment relativement analogue, permettant une saine promotion de la psychologie), et refuser de considérer la psychologie comme une sous-discipline scientifique, ou un champ d’activité en marge d’autres activités (physique, chimie, biologie, etc.) qui, jouissant de la bénédiction de notre époque, seraient jugées plus «sérieuses».
Au demeurant, pour résumer à partir d’un point précédemment mentionné, si l’on considère que chaque science a sa culture, on ne peut pas considérer qu’une seule discipline, isolée, est un amalgame de quelque science et d’éléments culturels. Considérons ainsi que la culture qui enveloppe une science lui donne une couleur, tout simplement. On ne peut certainement pas utiliser la richesse d’une discipline pour rabaisser celle-ci.
La psychologie est donc une science à part entière, dont l’histoire, la difficulté des objectifs et la pluralité des besoins techniques et intellectuels, entre autres, forment une culture singulière, qui lui est intrinsèque.




[1] [2] Hergenhahn, B. R., Henley, T. B. (2014). Traduction de la 7e édition de : An Introduction to the History of Psychology. États-Unis : Wadsworth, Cengage.

lundi 20 mars 2017

À revoir...




Il percevait la vie de façon originale. Il devait avoir beaucoup de plasticité cérébrale.

samedi 4 mars 2017

Belle pensée d'Arthur Schopenhauer

« Le talent touche une cible que personne d'autre ne peut frapper ; le génie touche une cible que personne d'autre ne peut voir. »

— Arthur Schopenhauer

dimanche 19 février 2017

dimanche 29 janvier 2017

Da Vingucci, le seul homme à avoir tout compris (littéralement, d'ailleurs)


— Qu'est-ce que tu fais d'bon dans la vie, b'bé ?
— Je fais des graffitis, j'organise des surboums, j'ai le curriculum de Tyson, ben, Neil deGrasse Tyson, je suis ingénieux, je poétise, j'inventise, je me passionne pour l'anatomie (tu en déduiras ce que tu en veux), je suis architecte de mes désirs, je fais de la zizique, je suis philosophe et écrivain, comme en font foi mes carnets.
— C'est super. Mais ça m'insécurise, moi, un homme qui a trop de projets...
— Ce ne sont pas des « projets » dans ce sens-là, eh ! gratte pas étymologiquement, je les concrétise, moi, mes projets. On ne parle pas de projection. Je ne projette rien dans le futur. D'ailleurs, je ne fais pas le lancer du poids.
— Mais est-ce que tu veux faire des enfants ?
— Pourquoi faire des enfants, si je peux t'en sculpter ? Je suis sculpteur, aussi.