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mardi 29 avril 2025

Moi qui ai toujours aimé le Poker...

Je suis retombé sur cette phrase en anglais, que j'ai laissée dans un calepin virtuel de mots jolis...

Don't let the little bluffers of this world bluff you out while you hold your best hands.

Pas que ce soit joli. Mais ça me fait terriblement penser à une situation au travail, où je suis confronté à un petit bluffeur.

samedi 9 novembre 2024

Ma relation aux connaissances abstraites

À ma grande stupéfaction, ce texte du 19 octobre 2020, Ma relation aux mots, que je viens de retravailler, que j'ai pris un moment pour ciseler, était retourné dans le brouillard de mes brouillons. Je suis très heureux de le rescaper de cette nébuleuse fosse de l'oubli.

Je voulais procéder à un ajout au texte, mais ce dernier ne cadrait pas totalement. Je rédige donc un deuxième billet dans la même veine, celui-ci ; billet où, plutôt que d'explorer le thème de la relation au langage dans le jeune âge, j'aborde la notion des concepts avancés.

Ainsi, si le billet évoqué plus haut dansait sur le fil des mots, celui-ci, dans son minimalisme qui confine au lapidaire, traite de connaissances abstraites, ou carrément d'abstractions. (Les gens abstraits, comme les informaticiens et ingénieurs, ne sont-ils pas des gens de peu de mots, sachant traduire l'essentiel ?)

J'aimerais écrire, comme Rimbaud, « J'ai l'archet en main, je commence », mais ça ressemblera plus à : j'ai le crayon et le calepin, j'ébauche.

Jeune enfant, je réfléchissais ainsi à une idée analogue à, mettons, la cognition. J'étais fort impressionné par ce qu'on pourrait appeler l'intelligence. Par exemple, si l'on me disait : « Tu vas voir, un jour, les mathématiques, à l'école, ce sera très difficile », je m'endormais, le soir, douillet, bordé, dans une sorte de songe où j'apercevais un tableau d'ardoise peuplé de hiéroglyphes obscurs – et je pensais : je suis trop jeune pour comprendre ça, mais quand je serai plus vieux, je serai assez intelligent pour le faire.

Quelques années plus tard, en deuxième année du primaire environ, un texte à l'école faisait allusion au paradoxe des jumeaux d'Einstein (l'un qui vieillit normalement, l'autre à un rythme accéléré), sans entrer dans les détails érudits de la chose naturellement, et j'ai pensé – je ne comprends pas en quoi cette magnifique idée est possible, mais un jour, plus vieux, je serai capable de comprendre. (Aujourd'hui, ma compréhension de la chose est vague plutôt que granulaire, mais j'estime avoir pigé l'essentiel.)

C'est tout ce que je puis me permettre d'esquisser ce matin : mon roman m'attend.

samedi 7 septembre 2024

Hypothèse de simulation


L'hypothèse de simulation : Elon Musk semble bien y croire.

Il avance que les jeux vidéo deviennent de plus en plus réalistes – et qu'éventuellement, on ne pourra pas faire la distinction entre les jeux vidéo et la réalité. Ainsi, qu'est-ce qui nous dit que nous ne sommes pas dans un énorme jeu vidéo ou une réalité simulée ?

Je n'ai pas le temps de pérorer, d'organiser un orchestre de mots, de rédiger un essai.

Néanmoins, il est possible d'anéantir ses arguments au moyen de deux questionnements.

Dans un jeu vidéo, on a la possibilité de sortir. Alors qu'ici, dans ce que je préfère appeler la réalité, le jeu continuerait sans fin. Qui serait assez fou pour plonger dans un jeu vidéo pendant, disons, 90 ans par exemple, si notre espérance de vie est d'un tel âge ?

On pourrait arguer qu'une civilisation X nous fait vivre dans une telle simulation : je vois difficilement comment une civilisation avancée pourrait être profondément immorale. Je postule sans trop de gêne qu'une certaine corrélation s'établit entre intelligence – et dans le raisonnement qui nous occupe je fais allusion à de très grands sauts dans l'intelligence – et éthique.

Le second questionnement : il est facile d'avoir des réflexions comme celle d'Elon Musk lorsqu'on a une vie relativement aisée ou une vie aisée, mais qu'en est-il des gens qui ont des vies absolument épouvantables, qui vivent dans la souffrance, etc. ? Est-ce qu'ils auraient vraiment choisi des personnages comme ça ? Ou pourquoi les leur imposerait-on ?

L'hypothèse de simulation dont il parle me semble être le passe-temps de gens privilégiés qui sont fascinés par la technologie, tout en étant un peu déconnectés de la réalité.

En fait, nous savons si peu de choses sur l'univers. La physique et la philosophie, entre autres, essaient de nous éclairer. J'ai plus souvent qu'à mon tour été en contact avec des « bogues dans la matrice », ce qui pourrait, croirait-on sans doute, me prédisposer à adhérer à une pareille théorie. Toutefois, par son caractère terriblement réducteur, je trouve qu'elle ne fait pas justice à notre magnifique univers. 

vendredi 23 août 2024

Je ne suis pas quelque chose qui s'attrape, se conditionne et s'équationne

C'était dans la bouche d'un de mes personnages. Ce n'est plus le cas. Mais la phrase me revient en tête, parfois. Dans la vie, que ce soit dans la sphère personnelle, au travail ou ailleurs, j'ai l'impression qu'on souhaite nous attraper comme un papillon et – sans nécessairement nous épingler et nous faire crever – qu'on souhaite, donc, nous faire voleter dans un espace restreint. Mais voilà, je ne suis pas quelque chose qui s'attrape, se conditionne et s'équationne.

Mûrir? Grandir? Changer?

Être neuf, faire monter sa valeur au marché?

Facile. Perturber un peu ses habitudes. S'asseoir ici, plutôt que là, au café ; changer de café carrément. Mettre ses verres de contact plutôt que s'entêter à être lunettard. Faire ressortir le meilleur de soi.

En se permettant d'être comme ceci plutôt que comme cela – une image figée, un truc qui croule sous une étiquette, la prévisibilité même –, on renoue parfois, par accident, avec ce qu'on a été ou aspirait à être.

Facile, ouais – pas trop difficile, en tout cas. Quand on considère que les habitudes sont non pas des montagnes à gravir, mais des choses déjà existantes, dans la brume. Développer une habitude, en fait, c'est se reconnecter à quelque chose qui est déjà là, sous une autre forme, ou une forme embryonnaire.

dimanche 5 mai 2024

Réflexion comique d'un dimanche soir

– Tu te cherches une blonde ?
– Ah, non, je crois que le couple est un modèle d'affaires voué à disparaître.

samedi 2 décembre 2023

Épiphanie scientifique nocturne

Cette nuit, m'éveillant comme on le fait parfois de fugaces instants, dans l'un de ces espace-temps fragiles comme du papier de soie, les yeux momentanément assiégés par la lumière de la salle de bain, mon inconscient, c'est certainement mon inconscient qui m'a fait songer à pareille chose, mon inconscient m'a fait penser : Ça a détruit de fausses informations dans mon système limbique.

J'ai écrit de petits contes particulièrement satisfaisants sur la nature de l'être humain, sur l'importance de se retrouver, et ça m'a révélé la pertinence de s'écouter soi-même, et l'absurdité de vouloir à tout prix suivre le chemin-tout-tracé-d'avance d'autrui.

Quelle pensée. Le système quoi, déjà ? Remontant le fil de ma mémoire jusqu'au cours bases psycho-biologiques du comportement que j'ai suivi en psychologie, j'ai pensé, avant de retourner sous les couvertures : c'est pas le système qui gère les émotions, ça ?

Le Larousse confirme : Ensemble de structures cérébrales situées dans la région médiane et profonde du cerveau, jouant un rôle majeur dans la mémoire et les émotions, de même que dans l'élaboration des comportements.

Moi qui pensais qu'on pouvait se guérir au moyen de longs romans, complexes. Ce n'est pas la longueur de l'histoire qui compte. Il suffit de renouer avec le cœur pur qu'on avait autrefois.

samedi 25 novembre 2023

La souffrance, les limites, le sens



C'est extrêmement riche : le fait d'endurer la souffrance, le fardeau qu'on accepte de porter, le sens ainsi créé, la vingtaine comme phase exploratoire, pour tester ses limites, comment les pousser à fond sans les outrepasser. J'adore ces deux cerveaux, ces deux humains, ces deux penseurs chaleureux, qui sont tellement généreux. En écoutant ce genre de choses, comment ne pas rêver de devenir brillant chercheur en psychologie ?

Je laisse cette vidéo ici, mais c'est en fait pour me rappeler de la regarder à nouveau. J'espère en capturer tous les sucs et toutes les lumières.

lundi 20 novembre 2023

Faites le bon choix !

Cela doit faire, quoi, des années, que je réfléchis, torturé, à mes choix de vie. J'ai considérablement apaisé le processus, il y a peut-être un an, comment dire ? comment dire sans tout révéler ? j'ai apaisé le processus en réduisant l'écart entre où je suis / mes idéaux. Ça m'a aidé, ça, de même que des travaux psychologiques, consistant à consigner des stratégies existentielles, ont su le faire.

Sauf que des velléités m'ont repoussé, récemment, à la lisière de ces obsédantes réflexions des dernières années. C'était non, tout d'abord. Hier soir, en rentrant du festif décor où j'ai planché, la main à la pâte, à mon écriture, planché comme un furieux (4 500 mots environ passés sous mes doigts), j'ai décidé de suivre un itinéraire différent. Ça, les synchronicités aiment ça. Quand on brasse les cartes, qu'on laisse de la place à l'imprévu, un p'tit peu.

Nuitamment, je vogue donc à pied vers ma demeure. Je, et je suis conscient que ce n'est pas tout le monde qui fait ce genre de chose, décide d'induire un état méditatif dans ma tête. Facile, en fait, c'est de l'autohypnose. Ça se fait n'importe où. Messmer vous le dira : il sait entrer dans un état sophronique en une fraction de clignement.

Dans l'état sophronique j'étais donc. En marchant. De l'extérieur, je dois juste avoir l'air un peu absorbé par mes pensées, fatigué du reste. Ce que j'étais et suis souvent, de toute façon. Alors, marche, marche ; pense, pense.

Mon état méditatif, à moi, ressemble à une pensée plus vaste, plus claire, plus logique. J'ai une plus grande aisance à décortiquer les problèmes. Les angles morts de la pensée deviennent des angles de vie.

Ce qui me vient en tête, lors de cette réflexion méditative, et ça ne m'est jamais venu en tête dans toutes ces sages méditations dans les années précédentes, pourquoi ! pourquoi donc ? c'est qu'avant de procéder à des choix, il faut un cadre pour ces choix. Ça semble simple dit comme ça, et ça ne fait pas justice à ce que j'ai ressenti et ai vu.

Ce que mon cerveau m'a proposé : avant de vouloir prendre X, Y et Z choix, assure-toi de réfléchir dans le bon cadre. Tous les autres choix seront ensuite plus faciles. Tu oscilles précisément entre deux cadres :

a) Le cadre Monsieur Madame Tout-le-monde (te conformer aux standards sociaux)

b) Le cadre que tu sais être tien ; le cadre où tu peux t'accomplir réellement*. Mettons, sans griller le petit anonymat de mon cœur, que je parle de neuroatypisme.

*Steve Jobs : “You can't connect the dots looking forward. You can only connect them looking backwards...You have to trust in something - your gut, destiny, life, karma, whatever - because believing that the dots will connect down the road will give you the confidence to follow your heart, even when it leads you off the well-worn path.

Alors voilà. J'ai cette réflexion fort éclairante. Avant de m'éparpiller dans les choix, solidifier le cadre même où s'effectuent ces choix.

Après cet eurêka sans eau et sans bain, mes yeux se posent sur ceci (je suis retourné le photographier le lendemain) :


Sorti de mon état méditatif par la surprise, mon esprit critique prend le relais : tu as tellement pensé au choix, dans les dernières années, tu devais bien tomber sur quelque chose comme ça au moment d'une de ces réflexions. Ça n'a rien d'une coïncidence significative. Et une autre part de moi : c'est la première fois que tu as une réflexion aussi limpide et spontanément éclairante au sujet des choix, et c'est à ce moment que tu tombes là-dessus.

Clin d'œil de la vie ou trivialité de l'information captée par mes yeux, ç'a trouvé écho en moi.

samedi 18 novembre 2023

Quand tu es moins con que tu penses

À l'écrit, certains mots me viennent naturellement. J'y pense même pas.

À l'oral, je refoule quantité de mots, de peur d'en faire un usage fautif.

Ce matin, en m'éveillant (fouillez-moi pourquoi), je songeais au mot outrancier. Mot que je n'utiliserais pas, disons, spontanément dans une conversation. J'aurais trop peur qu'on me demande de le définir.

Certains tests d'intelligence demandent de définir les mots.

Moi, les mots, j'y nage. Mais ils sont intégrés dans ma mémoire de façon tellement intuitive qu'il ne me vient pas à l'esprit, disons, de les définir. Ce qui est un mot ordinaire pour moi est peut-être le beau mot de quelqu'un d'autre. Dac. Par exemple, le mot rouge. Si l'on demande à une personne normale de définir ce mot, eh bien elle répondra : c'est rouge !

Quand on me demande de définir outrancier, j'ai envie de dire : ben, c'est outrancier !

Ce matin, en songeant à ça, je me suis dit : OK, fais un effort. Si tu avais à définir ce mot, que dirais-tu ?

Alors outrancier. Je pense tout de suite à outrance. Les dictionnaires sont comme ça. Ils disent : ce mot provient de tel mot, voir cet autre mot. En un flash, même exercice : j'ai associé outrance à outre. Quand on dit en outre, ça veut dire de plus (« En outre, il avait une belle chemise. ») Donc avec outre, il y a la notion d'aller plus loin. Je suis donc de retour à outrance. Je songe alors à : excès, chose qui dépasse les bornes. Donc outrancier : excessif, qui dépasse les bornes. Et j'ai l'impression que cette association d'idées s'est déroulée le temps d'un éclair en zigzag.

Je me suis dit que timidement, c'est comme ça que je l'expliquerais. Mais que j'aurais sûrement tort. Qu'un côté spécial du mot m'échappait.

Je cherche sur mon téléphone mobile et je lis :



Quand on est moins con qu'on pense.

samedi 11 novembre 2023

dimanche 5 novembre 2023

Bilan dominical finalement réjouissant

J'ai une tendance à me trouver paresseux, quand, en fait, je m'en demande trop. Aujourd'hui, je n'ai pas atteint mes objectifs sur papier, mais en réalité, si l'on y va de façon assez chronologique : 

  • Mis à jour un petit guide personnel de stratégies
  • Me suis rasé
  • Ai écrit un poème
  • Ai traité des notes à mon ordinateur
  • Lavé la vaisselle
  • Fait le lavage
  • Café post-piscine avec mon garçon, sa maman, un ami et son enfant
  • Écrit la moitié d'une nouvelle littéraire
  • Je me suis attelé à mon laptop professionnel, un certain temps, pour prendre de l'avance sur ma semaine de travail
  • Aidé pour le rituel du soir avec mon garçon
  • Tour à l'épicerie
  • Marché 1h20
  • Publié cinq fois sur mon blogue, incluant ce billet

Damn, pour une journée que je croyais pépère, c'était pas pire finalement !

Je vais dormir du sommeil du juste.

samedi 12 août 2023

Articulation de prises de conscience : 2 de 2

Autre soirée, autre ambiance. Décor funky, hétéroclite, négligé sans vraiment l'être. Décor chaleureux pour oiseaux de nuit. Nid de lumière dans la ville. Liste de lecture joyeuse.

Il s'agit d'un autre eurêka. En fait, au lieu de baptiser ces articles « Articulation de prises de conscience [...] », j'aurais pu les intituler « Eurêka 1 » et « Eurêka 2 » !

J'ai tellement de buts existentiels.

La Dre Pascale Brodeur, psychologue, sur Facebook, écrivait récemment : « On vit dans une société aux mille options et l'imagination est sans limite ainsi que le culte de l'accomplissement individuel. Je pense donc que c'est inévitable que l'écart soit grand entre notre moi idéal et notre moi réel. »

J'adore cette vision très claire au sujet de cette propension moderne à s'accomplir.

Mon eurêka, donc ?

Nous ne sommes pas nos projets. J'ai des projets, mais je ne suis pas un projet. Ma valeur n'est pas inextricablement liée à des projets. Je suis un humain, c'est tout.

La nouvelle conception de moi va comme suit : 

Le moi écrivain
Le moi [tel truc]
Le moi [tel autre truc]

Ex. : Si l'on a un écrivain intérieur, on le laisse sortir, il s'épanouit au travers de nous et vice-versa.

C'est-à-dire qu'il y a le moi écrivain, le moi ceci, le moi cela, mais ce sont des facettes de mon être. Aucun projet ne m'englobe.

Ça m'a frappé, entre autres, quand j'ai découvert Miki Liukkonen récemment. Le gars aurait pu se contenter d'être un génial de grand écrivain. En fait, il était musicien aussi. Et animateur tévé. Il a fait émerger différentes facettes de lui-même.

Mais tout ceci ne fait pas justice à ce que je tente d'exprimer.

Si tu laisses sortir ton dessinateur intérieur, par exemple, ça ne veut pas dire qu'une fois manifestée, cette portion de l'identité doit rester, prendre ses quartiers, et barrer le passage à toute nouvelle émergence identitaire.

Pour préciser, je dirais que j'admire Rimbaud d'avoir abandonné la poésie à dix-neuf ou vingt ans ; je respecte Bukowski d'avoir arrêté d'écrire pendant dix ans ; je suis impressionné par l'humoriste David Chappelle qui a fait une pause de huit ans.

Bref, comme je l'ai écrit : nous ne sommes pas nos projets.

Cette réflexion n'est pas du branlage de méninges, du pelletage de nuages. Elle a pour but de me retirer un poids. Me permettre de dire que, si j'avance vers de nouveaux projets, je ne laisse aucune partie de moi en arrière. Il n'y a pas de conflit entre mes différents champs d'intérêt. Passions, objectifs, défis, cela doit rimer avec harmonie.

vendredi 11 août 2023

Articulation de prises de conscience : 1 de 2

Le vent noir venant de ma fenêtre, venant de la nuit fraîche, me fait de vraies douceurs et rend agréable cette séance de pianotage à l'ordinateur.

Je rentre du café, où j'ai réfléchi, où j'ai pris des notes sur mon cellulaire.

Me voici donc qui veux en faire un billet de blogue.

Récemment, je suis tombé sur une publication de Dr Fanny Nusbaum Paganetti, qui met en lumière le rôle du Default Mode Network (DMN) dans la créativité. Pour le stimuler, que faire ? Rien, précisément. Pendant une à deux heures par jour. Des activités solitaires et automatiques permettent au DMN de déployer notre « génie créatif ». Une chouette approche. Cette stratégie, c'est le « boss de l’eurêka » comme elle le dit. Avec ça, de l’eurêka, en veux-tu en v'là.

Mais ce n'est pas tout. La journée même, si je me souviens bien, je syntonise ICI Musique, pour m'encourager tandis que je fais la vaisselle. L'animateur parle soudain d'Archimède, qui, en s'enfonçant dans son bain, voyant l'eau monter, a l'un de ces moments d'eurêka.

Alors là, je me suis dit : la vie me parle.

Quelques jours plus tôt, j'étais retombé sur cette noble et si bien formulée suggestion de Rainer Maria Rilke : « Ne vivez pour l'instant que vos questions. Peut-être, simplement en les vivant, finirez-vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses. »

J'étais bien déterminé à vivre mes questions. Mais cette passivité m'agaçait un peu. Ainsi, me faire montrer le chemin de l'eurêka m'est apparu comme un régal.

Je ne suis pas quelqu'un qui se repose beaucoup, dans la vie. L'arrêt de travail aide certainement à prendre conscience de cette nécessité. Toujours est-il, j'ai décidé d'appliquer le conseil de Dr Nusbaum Paganetti. Et des eurêka, il m'en est venu, justement.

Et le plus beau, le plus gros :

(Un peu de contexte, d'abord)

J'ai complété un certificat en psychologie, axé en bonne partie sur la neuropsychologie, contre toutes attentes, il y a quelques années. Je dis contre toutes attentes, car j'étais certain que je demeurerais un autodidacte qui n'irait jamais à l'université.

Plus tard, j'ai jonglé avec l'idée de poursuivre ce chemin académique, et de faire un baccalauréat en psychologie – j'y ai été inscrit un certain temps, j'en ai fait la moitié, et j'ai obtenu une super moyenne.

Mais j'ai mis le BAC de côté, au milieu de 2022. Pour des raisons de santé, pour des raisons personnelles, de même que pour des raisons de réalisation personnelle. En ce qui a trait à la dernière raison énumérée : il me fallait regagner mes rêves, mes propres projets.

Or, depuis, j'étais en proie à un tiraillement intérieur. J'aurais aimé décrocher ce BAC. Je raisonnais en termes de standards sociaux : c'est généralement le « standard » pour un travailleur. Ou bien je me flagellais de la sorte : je suis un intellectuel, un gars cérébral, ça serait la moindre des choses pour moi de terminer ça. Et ainsi de suite. On remarquera que je m'appuyais sur des arguments extérieurs à moi, pour me convaincre d'y retourner, ou me culpabiliser.

(Fin de la mise en contexte.)

Ainsi, le plus beau et le plus gros eurêka, dans tout ça ?

Je regardais les cours du bac en psycho, et ça m'a fait réaliser que j'ai aimé ça. J'ai aimé cette expérience.

Cet insistant appel, en moi, je l'avais attribué à un conditionnement social. J'avais l'impression que mon esprit me disait « Tu dois le faire. »

En vérité, mon cœur me disait : « Tu t'étais attaché à cette expérience. Tu as éprouvé de l'amour pour ce chemin. »

Voilà. Eurêka.

**

Mais d'autres objectifs plus importants sont au programme de mon existence, de mon plan de vie. C'est principalement pour ça que j'ai mis ce programme universitaire de côté.

Avoir de l'amour, comme dans une relation amoureuse, n'est pas toujours suffisant pour continuer à aller de l'avant.

Ainsi, la meilleure réaction possible, c'est me faire la promesse que si, dans le futur, je juge toujours ce périple académique pertinent, et que l'envie demeure, je m'y lancerai de nouveau une fois que j'aurai vécu mes autres rêves, qui sont plus prioritaires.

samedi 3 juin 2023

Plan de vie

Enfant, j'étais architecte ; adolescent, psychologue ; adulte, j'ai décidé d'être sage, et je suis devenu poète.

samedi 7 mai 2022

Pensée matinale

Pensée que j'ai eue sur ma rue. Dans la fraîcheur des sept heures quarante-cinq du matin douces d'ombres qui ne décollent pas tant que le soleil ne s'élève pas davantage, alors que j'allais me saisir de ma bécane flambant bleu. Et cela n'avait rien à voir avec ma joie d'aller faire du vélo. Je m'imaginais expliquer la vie, plus tard, à mon fils.

Il faut toute une vie pour se remettre de la vie.

dimanche 8 août 2021

Au sujet de l'œuvre artistique qu'on entreprend

Si l'on construit un monde en parallèle du monde, ce premier nécessite qu'on s'y attarde et qu'on l'entretienne.

Il appert que j'ai écrit ça dans un courriel à quelqu'un. Comme on me l'a fait observer. J'ai écrit cette phrase sans y penser. Mais ça pourrait être pertinent de s'en souvenir. Pour ceux qui n'auraient pas encore remarqué, ce blogue est en fait un aide-mémoire pour le présent auteur, un immense calepin ouvert à tous.

jeudi 1 juillet 2021

Le problème de l'âge dans la productivité littéraire

Je me souvenais que, dans mon cours de psychologie de la motivation et des émotions, il avait été mentionné que les poètes ont un pic de productivité, en moyenne, dans une certaine tranche d'âge; tout comme les romanciers ont la leur. J'ai fouillé dans mes notes, en vain. Je n'ai pas retrouvé cette information.

Toutefois, une petite recherche en ligne m'a conduit à ce texteLe problème de l'âge dans la productivité littéraire, de Robert Escarpit.

Cela a vite piqué ma curiosité. C'est dense. Je ne suis pas d'accord avec toutes avec les interprétations. Mais ça donne énormément matière à réflexion. À relire!

lundi 19 octobre 2020

Gérer ses paradoxes 💪

Plus jeune, j'aimais bien lancer des propos outranciers comme: « J'avais l'alphabet au berceau », « Je n'aime pas lire! », « J'ai strictement appris le Vendergood pour le monde des affaires ».

J'ai réalisé que derrière ces plaisanteries se cachaient des espèces de récriminations à l'endroit de mes interlocuteurs ou plus précisément des pans de notre culture.

En fait, je n’adhère pas à la théorie des 10 000 heures. S’il est vrai que l’entraînement est nécessaire pour élever et consolider le talent, je ne pense pas que ce chiffre fasse des miracles. Même s’il y a « pratique délibérée ».

Ceux qui me connaissent savent que je suis un adepte du travail. Du vrai travail. Acharné, entêté, continu. Je suis un véritable bourreau dans ce domaine. En revanche, je crois que l’on peut être fulgurant, dans une discipline, dès les débuts. Nous sommes parfois choisis pour et par des champs. C’est quelquefois inscrit dans nos gènes.

L’expérience est importante. Elle l’est, extraordinairement. Mais il ne faut jamais oublier le noyau. C’est beau de s’exercer, mais ce n’est pas tout. Le noyau doit être courage, confiance et, parfois, prédisposition.

D'ailleurs, avec le bon état d'esprit et de l'analyse, l'expérience rentre beaucoup plus rapidement: on « l'exponentie ».

Somme toute, c'est peut-être pourquoi j'aime dire: Il ne suffit pas d'être talentueux, mais ardent; il ne suffit pas d'être ardent, mais talentueux. Il faut, comme on s'en doute, être ardentueux.

Ma relation aux mots

J'ai toujours eu une relation singulière aux mots. L'un de mes plus lointains souvenirs à ce propos : j'ai quatre ou cinq ans, et je questionne sans cesse mon père, afin d'obtenir la définition de certains. En voilà un étrange ? Je demande à mon père qu'il le définisse. Lorsqu'il s'exécute, il use parfois d'un autre mot, ou d'un nouveau concept. Je trouve cet exercice très intéressant. Je me familiarisais, bien longtemps avant Internet, avec le concept de l'hyperlien. Car si mon père évoquait, dans sa définition, un mot ou un concept nouveau, je lui demandais derechef de définir cet objet – mot ou idée. Je crois qu'il était doucement exaspéré, un brin dépassé. Il me semble lui avoir demandé quand ce jeu se terminerait (je ne disais pas jeu, mais la curiosité éblouie de l'enfant l'entraîne souvent dans le voisinage du ludisme)... On arrive bien au bout des définitions, un jour, et il est possible de tout connaître, n'est-ce pas ? Il m'a fait savoir que cet exercice pouvait s'étirer presque infiniment. Quel émerveillement, mais quel vertige ! Aussi ai-je entrepris, à la suite de cette révélation, de devenir un petit philosophe. J'ai imaginé qu'en allant sans cesse au bout des mots, de leurs définitions, on trouverait bien la fin. Ma conclusion enfantine avait été la suivante : à force de décomposer sans relâche les mots, les mots dans les mots, les mots dans les mots dans les mots, on doit éventuellement en venir à des concepts et des éléments très simples. Comme des objets grossiers (des cailloux, ou toute chose qui s'observe dans la nature, par exemple), des choses évidentes, directement observables, comme des couleurs... Des éléments se laissant cerner, qui ne peuvent plus être décomposés. Enfant, j'aurais certainement aimé l'étymologie si j'y avais été initié. Idem pour la science d'Aristote.

Sinon, ma sœur m'a rappelé qu'enfant, lorsque je faisais usage d'un beau langage, la fratrie pouvait en faire un objet de taquinerie. Un épisode me revient. Il est question, dans mon cas, du même âge : quatre ou cinq ans, je crois bien. « Attention, il ne faut pas faire ça, papa va être furieux ! » Furieux. Un mot si simple. Cela les aurait amusés... Il est rare que j'emploie cet adjectif, de vive voix, aujourd'hui. En bon Québécois simple, paresseux, pétri de complexes linguistiques, je dis fâché, tout simplement, contrairement au jeune moi-même.

Dans la vingtaine, ma mère m'a relaté une anecdote. Elle a fait allusion à la même période de l'enfance. Il avait été question de nommer un animal, de la même famille que l'écureuil. On pensait que c'en était un. Je m'étais opposé. Ce n'était pas un écureuil. C'était un tamia. Il paraît que cela avait fait grande impression sur mon grand-père, lui-même assez enclin à l'exactitude, et amoureux des mots. Pourtant, nous n'étions pas une famille aux penchants encyclopédiques, ou plus précisément apte à nommer toutes les espèces animales. Des gens intelligents, certes, mais pas nerds.

Adolescent, jeune adulte, des mots inconnus me venaient en tête. De beaux mots, sophistiqués, étranges. C'était comme être abreuvé par un dictionnaire discret. J'étais souvent surpris, il va sans dire. Je ne lisais pas beaucoup ; très peu. Je me ruais sur un dictionnaire, un vrai, en chair et en os, enfin, c'était moi, ça, chair et os ! donc plutôt en papier et en carton... J'avais ainsi la confirmation que ce mot, que j'avais appris à mon insu, glané dans un instant éphémère, aimanté avec ma sensibilité, décrivait parfaitement un sentiment, une idée ou une scène dont j'étais le témoin.

Les mots sont mon palais. Et je souscris à l'idée d'Amélie Nothomb, qui affirme que le langage est le plus haut degré de réalité.