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mercredi 13 août 2025

lundi 28 juillet 2025

Je m'étais dit que j'ouvrirais un blogue de l'écrivain-éditeur

Je suis en train de me demander si je ne rendrais pas, tout simplement, l'accès à ce blogue public, comme avant.

Le tour serait joué.

Sinon, les médias nous apprennent la mort du poète Olivier Marchand (paix à son âme). L'article nous rappelle que le premier titre de la maison d'édition de l'Hexagone, qu'il a cofondé, était Deux sangs. Un recueil écrit avec Gaston Miron. Ce qui prouve qu'au Québec, les écrivains se publient souvent eux-mêmes. Et je ne vous parle même pas de VLB (paix à son âme) !

Le Devoir indique d'ailleurs que L'Hexagone, à l'origine, n'était qu'un projet d'amateurs.

Je me demandais s'il serait pertinent d'inaugurer La Fleur blindée, en temps et lieu, avec ma traduction des 154 sonnets de Shakespeare. Déjà, ce n'est pas à proprement parler ma poésie – je ne suis qu'un entremetteur, un passeur, un messager.

En regardant autour, parfois, on trouve l'audace qui n'a pas manqué à d'autres.

vendredi 28 mars 2025

The hand drew – I just wished it drew plans

I thought I had hippied myself all the way. I must think thoughts of the damned, I thought. The thoughts of the artists, of the uncanny, the rare. I didn't think in such a way, yet, I felt it. Transformations are scary. Younger, I had the capacity to reinvent myself at every subtle turn. I could go to sleep as a philosopher and wake up as a scientist of some sort. Sometimes, I would become a painter, a great, raw painter, with true eyes, while looking at a basket of fruits on a table. My perceptions would instantly switch. I saw the world with great delicacy, a sense of renewal. The colors and shapes seemed more real, real in a way that was personal, and the thing was vibrant, literally, like slightly shivering. I wondered whether my visual cortex or my prefrontal cortex played with the world, or I should say my perceptions, like that. Yes, I do ask myself questions like that all the time.

But when the night came, of course, I was the great writer. I was molten metal that hadn't found its mold, its purpose, maybe. What could I be next ? A gamer ? A flower ? A spring ? A bass rhythm ? A ninja ? A sugar addict ? A neuroscientist ? A poet ?

And then came a time where my beard grew, not in a graceful or pleasant manner. It just grew. You knew I wanted to shave but skipped it now and again. The poet had built his base and his kingdom all over my face. My writing hands, my zoomed in eyes, I know, were a show. The mind of the poet was so engrained in me that I inadvertently wrote things like “I think thoughts”, to imitate Shakespeare's 85 sonnet : I think good thoughts whilst other write good words...

I would inhabit coffee shops like pigeons live inside house roofs. I had become the poet, the absolute one. The writer. I was not a machine that would produce matcha latte, but one that would drink it. I had considerably endangered myself by getting caught in a cycle of establishing myself somewhere.

I had no social recognition whatsoever, I felt dreamy all the time, but I was a bad dreamer, at the time. My dreams were infested with dark thoughts of loss, failure and such things. So, as I said, I had no social recognition whatsoever – and I giggled like a teenager all too often when something seemed funny and that I craved for acceptance. I was your flawed dandy, your weirdo, your poem dealer at the coffee shop. I existed, yet not. I felt marginalized, and felt that I occupied too much of the margin.

I thought I had hippied myself all the way. That's when I thought this thought. When I realized it. Yet, a scientist thought structured thoughts and didn't want to be erased. I thought it was time to go back to school, to study, to become a scientist. Have you ever thought about parallel lives ? The ones you could have lived ? I did the trick, I did the magic ; you should not. Instead, embrace all your interests. If you are an artist and a scientist, be both. Imagine if I had stayed a hippie all my life. I believe the world of podcasts would be a little less rich. Wouldn't it ? No, that's a narcissistic thought. But I would be less rich in soul and mind, that's for sure.

Think of all the boxes people have tried to make you fit in, and break them. You personally know how wide your world is.

Eh ! I thought I had hippied myself all the way...

My name had to be Andrew. Beautiful, isn't it ?

vendredi 22 novembre 2024

Réfléchir tous doigts galopants

Réfléchir tous doigts galopants, une locution que je viens d'inventer.

C'est l'équivalent de réfléchir à voix haute – il est utile de l'employer, par exemple, quand on écrit à quelqu'un, en ligne, en réfléchissant à un plan au fur et à mesure qu'on l'écrit.

mardi 8 octobre 2024

La ligne jaune 🟡

Exercice de prose sur le pouce. J'ai décidé de prêter plus d'attention à ma prose intérieure, aux mots spontanés, parlés, curieux, gratifiés d'un je-ne-sais-quoi coquet, qui peuvent, les jours fastes, se manifester dans ma tête. Je crois qu'on est tous des prosateurs si l'on se reconnecte à notre langue intérieure.

C'est arrivé tantôt. Je venais de mettre les pieds à la station de métro Longueuil-Université-de-Sherbrooke. Ce qu'il faut savoir c'est que j'ai grandi à Laval et que Laval c'est un univers assez gentil en somme, avec de bons citoyens, presque dressés comme des automates mais pas tout à fait, des personnes gentilles qui sont capables de faire la file pour l'autobus et plus encore, comme d'être polis et respectueux et tout ça. Longueuil me fait penser à Laval.

Moi, à Montréal, maintenant, j'habite parmi les fleurs sauvages, les nerveux, les gens un peu disjonctés. Bon, il ne faut pas généraliser. Il y a des cocos à Laval et de grands sages philosophiques à Montréal.

Tout ça me mène au morceau, au tout petit minuscule fragment de prose spontanée qui m'est venu en tête, tandis que je cherchais, dans les couloirs de la station qui se métamorphosent en carrefour entrelaçant foire alimentaire et couloirs universitaires, la Place Charles-Le Moyne. En observant tous ces gens gentils qui me regardaient comme si j'étais un des leurs (on n'efface pas les traces du banlieusard dans l'ex-banlieusard), j’ai songé, et mon détecteur de prose m’a alerté : C'est un écosystème différent de celui où j'habite. C'est comme celui où j'ai grandi. C'est un écosystème gentil et balisé. C'est rempli de gens gentils et balisés. Ici, les gens me considèrent spontanément comme un des leurs.

Puis ce fut mon rendez-vous médical, et la station Longueuil-Université-de-Sherbrooke de nouveau.

Repu de ce tissu humain tendre et simple, ayant fait le plein de bonnes énergies auprès de cette autre civilisation, reposée et reposante, j'ai filé sur la ligne jaune derechef, histoire de réintégrer l'excentricité mélancolique et le bouillon d'énergies de Montréal.

vendredi 4 octobre 2024

Architecte littéraire

Plus jeune, mon souhait, simple et naturel, si simple et naturel que je pourrais me demander pourquoi il ne s'est pas concrétisé (réponse : un enfant a le droit de rêver sans que ses rêves se concrétisent, un enfant a la liberté d'être tout ce qu'il souhaite être dans le futur), c'était d'être architecte. C'était un rêve plein d'amour et plein de bon sens. Le dessin, une activité où je me démarquais. J'ai eu une phase où j'aimais dessiner des maisons (de devant), avec beaucoup de détails. Jubilante union de la créativité et de l'exactitude rectiligne.

En vieillissant, je me suis reconnu dans ces profils doubles, ces profils alliant créativité et logique. Le premier à m'avoir épaté, c'est bien sûr l'ingénieur romancier, Boris Vian !

Il y en eut plusieurs. Je me souviens de cette lecture – je n'ai pas de mémoire photographique me permettant de savoir où les mots se situaient sur la feuille, mais ma mémoire épisodique me permet de savoir où j'ai lu ces mots, où ils me sont revenus en tête – dans laquelle Baudelaire disait de Poe que ce dernier avait une nature rare, alliant poésie et esprit mathématique. J'aimerais retrouver les mots de Baudelaire, qui étaient pénétrants, puissants, en vérité si évocateurs.

Je réalise, tandis que les années passent, comme cette observation n'était pas anodine.

Il me brûle d'exposer mes démarches dans ces deux branches, mais une superstition raisonnable me souffle que ce ne serait pas une bonne idée. Pas tout de suite. Pourquoi écrire ici que, d'octobre à décembre 2023, les soirs et le week-end, au café, j'ai retapé 101 189 mots de différents auteurs que j'aime et qui me nourrissent ? Pourquoi révéler que j'ai utilisé des techniques de scénarisation, comme le storyboard, pour un projet en prose ? Et pourquoi ne pas affirmer qu'en contraste, dans l'acte créatif même, j'ai puisé à une émotion brute qui eût fait sourire Bobin, qui a écrit promets-moi d’écrire la phrase dans son entier quand tu feras ce livre, sinon tu ferais de la littérature et il ne faut jamais faire de littérature, il faut écrire et ce n’est pas pareil, promets-moi ? Parce que ce n'est qu'une fraction de la pointe de l'iceberg, et que ça ne ferait pas justice à tout ce que j'ai entrepris.

Le Voldemort-littéraire-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom m'a déjà fait le plus beau cadeau qui soit, qu'il m'est arrivé de consulter périodiquement, lorsqu'il m'a écrit : 

« Suis captivé par le parallèle entre la révélation progressive de ta parole et celle de ton image, ces deux parties du tout identitaire. J'y vois un signe de plus d'un travail orienté, lié, axé sur la construction de l'édifice plutôt que la seule fabrication de briques, ce trait frappant chez toi, plus même que ton talent déjà fort rare, pour la simple raison qu'il n'est pas rare, ce trait: il est rarissime. Or, sans lui, pas d'Oeuvre. Essaie, pour voir: je parie que tu peux nommer comme ça sans difficulté en une minute cinq ou dix Oeuvres sérieuses et même importantes bâties par des talents pourtant moyens. Ché pas, moi, Michener mettons, ou Galsworthy, ou Ducharme, ou Molière, ou Irving. Mais combien peut-on en nommer où le talent transcendant a suffi sans ce trait? Pas des masses, évidemment: déjà, tant de talents transcendants sont étouffés dans l'oeuf, tant d'autres étouffent leurs possesseurs, ou s'étouffent eux-mêmes (ceux dans l'oeuf, on sait pas leurs noms; les seconds, à titre d'exemples, seraient illustrés par Cocteau ou Capote, et Scott Fitzgerald, à l'écriture trop parfaite, me semble avoir été des troisièmes). Cocteau, Capote, F. Scott, trois talents transcendants, chacun ayant produit de transcendants ouvrages mais pas, en somme, d'Oeuvre. Pas d'édifice. Une pile de briques d'or demeure une pile de briques. Ça fait que, anyway, ce trait-là, si tu l'as, prends-en soin! »

Est-il besoin de préciser qu'il a stimulé ma vocation d'écrivain ? Oui, assurément, et je lève les bras aux ciels pour le remercier. Merci, vieux, tu as vu en moi un architecte littéraire.

jeudi 3 octobre 2024

Variations atmosphériques au café


Ahem, hum, j'me demande encore comment je pourrais pousser un chant littéraire au moyen d'une langue rafraîchissante, empruntant au panache classique et pourtant hypnotisante ; une langue qui serait une science inclinant au frisson, l'ensorcelante fusion de la clarté et de l'opacité. Ce blogue, où je pourrais parler de n'importe quoi vraiment, est, ou pourrait être, ou ne devrait-il pas être ? l'endroit où je manipule, développe et fait émerger cette pousse linguistique, cette langue qui bouscule en souriant. C'est pas que dans mes livres, sapristoche fantoche ! que je dois ouvrir les valves de l'émotion et orchestrer des tensions neuves. Tentons, essayons, les récits journalistiques me laissent sec et sur ma faim. De marbre, ma foi. Let's go !

Donc, ce café, ce petit café qui m'est pleinement familier, héhé. Ce lieu d'émerveillement et de médisances. Savez-vous comment on crée le matcha ? Il faut un petit fouet en bambou, du snobisme ce n'est pas, un geste rare et superflu ce n'est pas, c'est juste que pour faire du matcha, les particules de la fine poudre moulue doivent se disperser suivant une turbulence induite : les fines tiges de bambou du chasen, avec leurs vibrations, permettent aux particules de se disperser correctement dans le liquide. Ces vibrations, j'adore ; les vibes que j'aime moins sont autres. Lessivées et acides, certaines essaient de vous en faire baver. Entouéka. Je ne mange pas de cette brioche-là, moi, je ne suis que le client. Aspirant à son espace de candeur approximative, sa bulle salutaire, sa parenthèse irradiant comme une aura.

Quoi qu'il en soit, il fallait que quelque chose de bien, de bon, de bien bon émerge de cet endroit aujourd'hui. Et c'est ce qui s'est passé. Rééquilibrage. Premier truc qui a pincé, bon, j'intuitionne, je sais pas, je suis pas neuroscientifique (encore !), je dirais que le premier truc qui a pincé mon cortex préfrontal et mon cortex cingulaire antérieur, qui leur a signalé une nouveauté, c'était la présence de plein de gens ! Quoi, plein de gens ! Dans mon café ! Qui êtes-vous ! Un événement privé ! Ma foi ! C'est ça ! Est-ce ça ? J'entre... Plein de belles personnes. Mais des clients réguliers aussi. Bon. On m'explique qu'il y a eu une projection. Des films d'animation.

Et la fille du propriétaire était là. Il m'a montré, plus tard, sur YouTube, la vidéo pour laquelle elle s'est qualifiée pour un festival, si j'ai bien compris.

Mise à jour : J'avais mis la mauvaise vidéo !

jeudi 19 septembre 2024

Publier ? Julie, je te réponds

Tu devrais aspirer à écrire un truc vraiment spécial, à la fois juste pour toi et profondément universel, un truc génial qui est juste à toi, un trésor juste à toi, avec lequel tu pourrais mourir sans que personne l'ait lu, mais tu saurais que c'est un truc spécial et juste à toi. Mais étant donné que ce serait un trésor que tu chérirais, ce trésor, ce truc juste à toi, il serait aussi aux autres s'ils le découvraient. C'est ça selon moi la littérature. Tu dois créer un trésor hallucinant, que tu pourrais garder juste pour toi, mais qui, d'une façon ou d'une autre, se fraiera un chemin vers les autres. Ça peut sembler contradictoire, mais ce ne l'est pas. Et pour que ce quelque chose de spécial naisse, juste pour toi, tu dois travailler comme une maniaque, une acharnée, écrire, écrire, écrire, de tout, de rien, souvent en périphérie de ton projet, pour finalement y revenir, tu mets des efforts dans l'ombre alors que tu as pourtant l'air de vouloir construire la tour Eiffel, les œufs de Fabergé, le métro de New York ou, comme Katie Bouman, l'algorithme qui a aidé à visualiser le premier trou noir ; tu dois être une cheffe de projet extrêmement méticuleuse pour un projet absolument fantomatique dont tu es à la fois la promotrice et la détractrice ; tu dois habiter ton projet avec un tel caractère personnel qu'on dirait : pouah ! c'est n'importe quoi comme écriture ! c'est n'importe quoi ! Et cependant, ce serait nouveau, si nouveau, que ça aurait la possibilité d'établir de nouveaux standards. C'est comme ça que tu dois écrire. Avec une grande folie, dans un état d'aliénation perpétuelle, que seul l'acte créatif peut apaiser ; et alors quand tu crées, les tensions s'apaisent, de l'air circule dans ton crâne à nouveau, comme si des fenêtres s'étaient ouvertes, et tu redeviens humaine. Écrire est un grand voyage ; on est assis dans un train, une locomotive d'autrefois, attaché à notre siège, on a seulement les mains de libres pour écrire ; c'est un voyage qui fait suer, trembler, dont on ne revient pas tout à fait indemne, c'est un voyage qui salit autant qu'il nettoie, qui désespère en même temps qu'il illumine, qui blesse à proportion de sa guérison, jusqu'à ce que les forces s'équilibrent et qu'au dernier instant la mathématique karmique rende un bilan positif, qu'on soupire, et qu'on lâche le stylo. La locomotive – où tu étais seule, finalement, ou du moins entourée de grincements, de présences invisibles et de radieux paysages – arrive enfin en gare. Personne pour t'accueillir, sinon que le soleil, qui en se levant t'applaudit à sa manière. Au loin, une rumeur, un tumulte ; ce sont les gens qui ont publié, qui dans une petite agglutination indécente se congratulent entre eux ; ils tentent de se faire croire qu'ils sont exceptionnels, engraissent leur petite hallucination collective ; ils n'ont pas fait de stupéfiant voyage en train, ils n'ont pas chevauché les rails, été le cœur et l'âme d'un train spectral, comme toi ; ils ont peut-être fait quelques longueurs dans un lac, parcouru un trajet cahoteux à bicyclette, ou suspendu leurs jambes à un arbre pour avoir la tête à l'envers ; rien de ça n'est spécial, et le grand égalisateur qu'est le temps prendra soin de ranger leurs livres dans un rayon de la bibliothèque où ils pourront sagement moisir ; l'énorme livre que tu portes dans ta valise noire n'entendra peut-être pas de louanges de sitôt, mais le temps lui réservera un sort agréable. Donc Julie, je crois que tu ne devrais pas espérer publier, tu devrais seulement écrire. C'est le plus terrible et le plus beau cadeau qu'un écrivain puisse se faire.

samedi 14 septembre 2024

Olé ! T'écris ? Incontournable discours TED Talk


Présente-toi, fais ton effort créatif, et laisse ta muse invisible, cette coautrice, faire sa partie du travail...

ChatGPT au sujet de Hamlet

J'ai demandé à ChatGPT de me résumer Hamlet : 

Hamlet est une tragédie de William Shakespeare qui raconte l'histoire du prince Hamlet du Danemark, qui est tourmenté par le meurtre de son père, le roi. Le spectre du roi lui apparaît et lui révèle que c'est son oncle Claudius, désormais roi et marié à sa mère Gertrude, qui l'a assassiné pour prendre le trône. Hamlet, consumé par la vengeance et la douleur, feint la folie pour démasquer Claudius, mais ses actions mènent à une série de tragédies, entraînant la mort de nombreux personnages, y compris Hamlet lui-même. Hamlet est un personnage complexe, marqué par son introspection, sa mélancolie, et sa lutte intérieure entre l'action et l'inaction face à l'injustice.

Bon, I'm hooked. J'ai le goût de lire Hamlet maintenant.

jeudi 12 septembre 2024

Une philosophie du succès plus souple, plus humaine



“We should learn a little bit by what's happening in tragic art. It would be insane to call Hamlet a loser. He is not a loser. But he has lost.”

Quel homme remarquable, ce de Botton !

jeudi 29 août 2024

J'ai retrouvé les clés de mon système nerveux

Cette expression spontanée et assez stupéfiante m'est venue en tête alors que, me lavant les mains dans les toilettes bigarrées, joliment négligées, inondées de graffitis, bohèmes et estudiantines du café, je venais de passer du temps à un projet d'écriture crucial, qui me permet de décrocheter de vieilles souffrances. J'ai retrouvé les clés de mon système nerveux, ça dit tout, ça en dit long.

mercredi 21 août 2024

Un vrai roman – réflexion

Un vrai roman, c'est : voici la vraie vie – ou celle que j'ai imaginée –, voici comment elle devrait être, plutôt que la banalité menteuse dont on nous parle en société. Le roman dit : je vais te montrer, c'est quoi, l'existence ! Un romancier est quelqu'un qui ouvre les portes de sa vie, ou d'une nouvelle vie.

samedi 22 juin 2024

Pourquoi ne pas écrire toute la vie ?

À vingt ans, on se prend au sérieux comme si l'on en avait quarante. À quarante, il faudrait se prendre au sérieux - ou plutôt conserver le goût de jouer, donc d'écrire - comme si l'on en avait vingt.

Après ? Je ne sais pas, je ne suis pas rendu là, mais il y a sûrement d'autres aménagements perceptuels qui ouvrent le cœur et le chemin de la page.

jeudi 23 mai 2024

Bloqué dans l'écriture ?

Qu'est-ce qu'on fait dans ce temps-là ?

J'aime bien le conseil d'Eric-Emmanuel Schmitt au sujet du médicament d'écriture. C'est si sobrement et intelligemment et somme toute bien dit. À savoir : lire un auteur qu'on aime beaucoup, qui nous stimule. Une très bonne idée.

J'aime beaucoup aussi le conseil d'Hemingway : “I would sit in front of the fire and squeeze the peel of the little oranges into the edge of the flame and watch the sputter of blue that they made. I would stand and look out over the roofs of Paris and think, “Do not worry. You have always written before and you will write now. All you have to do is write one true sentence. Write the truest sentence that you know.” So finally I would write one true sentence, and then go on from there.” *

Hostie ! C'est beau. Bang, wow. J'aime beaucoup ce conseil-ci, car il est poétiquement écrit, et parce qu'il relate une démarche un peu plus viscérale.

* Je traduirais par quelque chose comme : Je m'asseyais face au feu, puis pressais la pelure des petites oranges aux abords de la flamme en observant le pétillement bleu. Je me levais, regardais par-dessus les toits de Paris et pensais : « Ne t'en fais pas. Tu as toujours écrit et tu vas écrire. Tout ce que tu dois faire, c'est d'écrire une phrase vraie. Écris la phrase la plus vraie que tu connaisses. » Aussi finissais-je par écrire une phrase authentique, et enchaînais à partir de là.

mardi 19 mars 2024

22 h 35 au café

Étourdi, fatigué, sous de chaudes ampoules qui me font un reflet vif à la fenêtre, devant une neige suspecte et généreuse à quelques minutes de l'arrivée du printemps, à 22 h 35, je juge que c'est le moment idéal pour me mettre à écrire, pour me remettre à mon roman. Je ne sais pas si la précédente phrase a du sens car je crève la dalle.

vendredi 8 décembre 2023

L'os essentiel dans la phrase

J'ai eu cette pensée au parc : toucher à la simplicité d'un verbe osseux qui dit tout.

Mais la prose n'est pas toujours simple, huilée, efficace.

Elle est parfois rêverie, fumée, expansion.

Après-coup, ça me rappelle Céline. Faut être donc ou bien bref ou bien riche, écrivait-il dans Guerre, si je ne m'abuse.

dimanche 12 novembre 2023

Écrire dans sa chambre

Je suis entré chez moi et, jetant un regard vers ma chambre, mon petit coin d'ordinateur, mon coin d'écriture, m'est apparu dans une lumière neuve. J'ai spontanément songé à des mots comme ceux-ci : il faut sacraliser le lieu d'écriture chez-soi, il faut le ritualiser ; oui, il faut sacraliser, ritualiser...

Fait beaucoup de ménage chez moi ce week-end. Récemment, l'état de santé de mon ex et mes nombreuses quêtes ne m'ont pas permis de mettre cet appartement à mon goût. Mais il y a tout un sentiment de zénitude à regagner sa sphère, quand celle-ci brille et respire l'ordre.

Je suis devenu une pute à cafés. Je traîne dans ceux-ci comme un vrai lâche, qui n'assume pas son introversion. Car lorsque je sors, je m'assure de ne parler à personne, ou presque. Plus jeune, outre les fois où j'écrivais à la Grande Bibliothèque, outre les fois où j'écrivais des poèmes dans les bus de la STL, j'écrivais essentiellement dans mon coin. Seul, sur une chaîne de trottoir, sous les étoiles masquées par la pollution lumineuse à Laval, ou en tête à tête avec mon ordinateur, je pondais ce que j'avais à pondre.

Arrivé à Montréal, j'étais tellement gêné que je n'osais pas aller, seul, dans les cafés qui m'interpellaient.

Mais arrivé à Montréal, deux amis, deux influences, m'ont montré que : a) Il est possible de sortir de sa tête ; b) Il est possible de sortir de sa coquille ; c) Il est possible de sortir dans les bars et les cafés (disons que, de fil en aiguille, la tradition de sortir a pris la tangente des cafés)

On dirait que je suis tellement encore dans cette mouvance énergétique, dans cet élan, dans les échos de ce mode de vie, que je ne peux pas ne pas sortir.

À l'instar de Jean-Paul Sartre qui chillait au Café de Flore et aux Deux Magots dans Saint-Germain-des-Prés, je vais assurément continuer d'être un homme qui aime s'installer dans les cafés pour écrire. Cependant, je cherche à réduire la quantité de mes visites. Less is more, je le crois depuis longtemps.

Quand je suis entré chez moi, alors que mon univers semblait mieux tissé, mieux ordonné, plus fécond, plus stable, ça m'a donné envie d'y être.

Je crois que ça montre que prendre soin de soi, c'est aussi prendre soin de son environnement. Prendre soin de son environnement, ça donne le goût d'y être.

Hé, j'ai même découvert la recette du parfait matcha latte, aujourd'hui. Pour bien faire mousser l'affaire, il suffit d'utiliser du lait – de soya, dans mon cas – style barista.