Il faut écrire de la poésie comme un shaman. Il faut écrire un roman comme une rockstar.
Littéralement. Des mots sous divers reflets, mais ce n'est pas un dico. Blogue littéraire et geek de Guillaume C. Lajeunesse.
mercredi 13 août 2025
dimanche 16 février 2025
mardi 11 février 2025
C'est lui...
vendredi 17 janvier 2025
D'un roman vers l'autre
Maintenant que mon dernier roman, Jeanne..., est envoyé chez les éditeurs, je travaille à l'autre projet qui occupe une colossale et tendre portion de mon cœur.
Je dirais qu'avec celui-ci, je veux amener le lecteur dans une fascinante danse intellectuelle qui semble se dérouler sans cesse, et que ça ne soit jamais lassant, et que le lecteur se sente juste ce qu'il faut bousculé et instruit et qu'il se dise, merde, tous ces fragments, ça marche, ça s'assemble, et la sauce prend ! Et je me sens investi avec lui !
J'ai l'impression d'entendre un Jack Kerouac du Plateau Mont-Royal, et n'est-ce pas ce que je suis ?
jeudi 19 septembre 2024
Publier ? Julie, je te réponds
Tu devrais aspirer à écrire un truc vraiment spécial, à la fois juste pour toi et profondément universel, un truc génial qui est juste à toi, un trésor juste à toi, avec lequel tu pourrais mourir sans que personne l'ait lu, mais tu saurais que c'est un truc spécial et juste à toi. Mais étant donné que ce serait un trésor que tu chérirais, ce trésor, ce truc juste à toi, il serait aussi aux autres s'ils le découvraient. C'est ça selon moi la littérature. Tu dois créer un trésor hallucinant, que tu pourrais garder juste pour toi, mais qui, d'une façon ou d'une autre, se fraiera un chemin vers les autres. Ça peut sembler contradictoire, mais ce ne l'est pas. Et pour que ce quelque chose de spécial naisse, juste pour toi, tu dois travailler comme une maniaque, une acharnée, écrire, écrire, écrire, de tout, de rien, souvent en périphérie de ton projet, pour finalement y revenir, tu mets des efforts dans l'ombre alors que tu as pourtant l'air de vouloir construire la tour Eiffel, les œufs de Fabergé, le métro de New York ou, comme Katie Bouman, l'algorithme qui a aidé à visualiser le premier trou noir ; tu dois être une cheffe de projet extrêmement méticuleuse pour un projet absolument fantomatique dont tu es à la fois la promotrice et la détractrice ; tu dois habiter ton projet avec un tel caractère personnel qu'on dirait : pouah ! c'est n'importe quoi comme écriture ! c'est n'importe quoi ! Et cependant, ce serait nouveau, si nouveau, que ça aurait la possibilité d'établir de nouveaux standards. C'est comme ça que tu dois écrire. Avec une grande folie, dans un état d'aliénation perpétuelle, que seul l'acte créatif peut apaiser ; et alors quand tu crées, les tensions s'apaisent, de l'air circule dans ton crâne à nouveau, comme si des fenêtres s'étaient ouvertes, et tu redeviens humaine. Écrire est un grand voyage ; on est assis dans un train, une locomotive d'autrefois, attaché à notre siège, on a seulement les mains de libres pour écrire ; c'est un voyage qui fait suer, trembler, dont on ne revient pas tout à fait indemne, c'est un voyage qui salit autant qu'il nettoie, qui désespère en même temps qu'il illumine, qui blesse à proportion de sa guérison, jusqu'à ce que les forces s'équilibrent et qu'au dernier instant la mathématique karmique rende un bilan positif, qu'on soupire, et qu'on lâche le stylo. La locomotive – où tu étais seule, finalement, ou du moins entourée de grincements, de présences invisibles et de radieux paysages – arrive enfin en gare. Personne pour t'accueillir, sinon que le soleil, qui en se levant t'applaudit à sa manière. Au loin, une rumeur, un tumulte ; ce sont les gens qui ont publié, qui dans une petite agglutination indécente se congratulent entre eux ; ils tentent de se faire croire qu'ils sont exceptionnels, engraissent leur petite hallucination collective ; ils n'ont pas fait de stupéfiant voyage en train, ils n'ont pas chevauché les rails, été le cœur et l'âme d'un train spectral, comme toi ; ils ont peut-être fait quelques longueurs dans un lac, parcouru un trajet cahoteux à bicyclette, ou suspendu leurs jambes à un arbre pour avoir la tête à l'envers ; rien de ça n'est spécial, et le grand égalisateur qu'est le temps prendra soin de ranger leurs livres dans un rayon de la bibliothèque où ils pourront sagement moisir ; l'énorme livre que tu portes dans ta valise noire n'entendra peut-être pas de louanges de sitôt, mais le temps lui réservera un sort agréable. Donc Julie, je crois que tu ne devrais pas espérer publier, tu devrais seulement écrire. C'est le plus terrible et le plus beau cadeau qu'un écrivain puisse se faire.
mercredi 21 août 2024
Un vrai roman – réflexion
Un vrai roman, c'est : voici la vraie vie – ou celle que j'ai imaginée –, voici comment elle devrait être, plutôt que la banalité menteuse dont on nous parle en société. Le roman dit : je vais te montrer, c'est quoi, l'existence ! Un romancier est quelqu'un qui ouvre les portes de sa vie, ou d'une nouvelle vie.



