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dimanche 22 mars 2026

Bob Dylan, le peintre

On m'a souvent dit, plus jeune, Écoute Bob Dylan, tu aimeras ça ! C'est sûr.

Peut-être a-t-il souffert de la comparaison, car on me l'avait présenté comme un Rimbaud américain. Mais je n'ai pas aimé la voix nasillarde, la musique un brin décousue, le petit frisson électrique errant.

Cela dit, je viens de le découvrir sous un autre angle. Le peintre. Quelle maîtrise de la lumière ! Je pense que ce que les gens voulaient dire, c'était : Regarde les toiles de Bob Dylan, tu aimeras ça ! C'est sûr.

samedi 13 mars 2021

Œuvre d'art de 70 M$

Soixante-dix millions de dollars américains, comme le rapportait cette nouvelle. C'est le montant qu'a gagné l'artiste contemporain Beeple (Mike Winkelmann) pour un montage numérique titré Everydays: The First 5000 Days.

Ainsi, pendant plus de treize ans, Beeple a produit une œuvre visuelle par jour. Par la suite, il a fait un montage. Le résultat: un fichier JPEG. Lequel lui a rapporté une somme astronomique.

Je suis très heureux pour lui! S'il a investi autant de temps, d'effort et de passion pour créer cette fabuleuse mosaïque, son salaire est bien mérité. C'est l'équivalent de 14000$ US pour chacune des œuvres composant le montage, ce qui est raisonnable quand on y pense.

Everydays: The First 5000 Days


Beeple (Mike Winkelmann), artiste gras dur qui a vendu un JPEG pour 70 M$

Comme on peut le voir sur certaines de ces images, Beeple a su s'inspirer de l'actualité.





mardi 4 juin 2019

La peinture !

Il y a deux étés de ça, j'ai commencé à faire de la peinture. Cet été-là, j'ai fait une poignée de toiles.

En voici deux.

Rien de glorieux !





Note : voici les patterns que j'ai insérés dans la première toile, qui se voulait pour tout dire un exercice de couleurs. C'est ainsi que j'expliquais cela à une amie: «Chaque groupe de cases 3 x 3, présent 4 fois, a les mêmes couleurs. Mais j'ai mis un fond différent pour voir comment ressortiraient les couleurs dans ces situations. Aussi, le groupe 3 x 3 en haut à gauche est identique dans la disposition au groupe 3 x 3 en bas à droite. Quant aux groupes en haut à droite et en bas à gauche, il y a entre eux un axe de symétrie diagonale. Il y a également quelques autres détails à noter. Par exemple un choix de figures très rectilignes, mais exécutées avec un style relâché, pour contraster avec ce qui aurait été une rigidité de formes. »

jeudi 6 juillet 2017

Mystère vertigineux

Il y a quelques années, j'expliquais comment la toile Pluie d'étoiles (ou : Chute d'étoiles) d'Anselm Kiefer avait résonné en moi de façon particulièrement forte.

Cette autre toile, semblable, Athanor, que l'on retrouve au Louvre, me fait le même effet.

À couper le souffle !

Merci, Anselm Kiefer !


dimanche 29 janvier 2017

Da Vingucci, le seul homme à avoir tout compris (littéralement, d'ailleurs)


— Qu'est-ce que tu fais d'bon dans la vie, b'bé ?
— Je fais des graffitis, j'organise des surboums, j'ai le curriculum de Tyson, ben, Neil deGrasse Tyson, je suis ingénieux, je poétise, j'inventise, je me passionne pour l'anatomie (tu en déduiras ce que tu en veux), je suis architecte de mes désirs, je fais de la zizique, je suis philosophe et écrivain, comme en font foi mes carnets.
— C'est super. Mais ça m'insécurise, moi, un homme qui a trop de projets...
— Ce ne sont pas des « projets » dans ce sens-là, eh ! gratte pas étymologiquement, je les concrétise, moi, mes projets. On ne parle pas de projection. Je ne projette rien dans le futur. D'ailleurs, je ne fais pas le lancer du poids.
— Mais est-ce que tu veux faire des enfants ?
— Pourquoi faire des enfants, si je peux t'en sculpter ? Je suis sculpteur, aussi.

samedi 21 juillet 2012

Peinture en action !

Techniquement psychédélique...



Holton Rower est l'artiste derrière ces coulis qui dissèquent les spectres.

Chouette, j'ai beaucoup aimé me faire moucheter les yeux d'arc-en-ciel.

Par hasard, j'étais en train d'écouter Gold Panda tandis que j'observais cette écume bigarrée. Beau mariage.

vendredi 6 mai 2011

Ma femme idéale



Ma femme idéale a le silence dans l'oeil,
Silence pudique criant de pureté,
Mais un tambour au coeur d'une gaie rareté;
Un pressentiment de vie ardente et sans deuils.

Pourtant, ma promise a un esprit qui s'effeuille
Sitôt qu'on lui lance insultes, impuretés,
Ce jargon vénéneux des grossièretés.
Ma douce a le calme pur peint en trompe-l'oeil.

Ma Rêvée mesure le rêve à l'étendue
De son amour pour les Hommes; tout uniment,
Elle embrasse, même en pleurs, sa race perdue...

Mon Exquise a à fleur de peau des parfums clairs
Que je sens avec le coeur en plein déliement...
Elle me mord au coeur, les yeux en réverbères!

dimanche 17 avril 2011

Sitôt découvert, sitôt partagé

John Currin. Un homme dont je ne sais à peu près rien. Sinon qu'il peint remarquablement bien. Sinon qu'il se situe à mi-chemin entre un style classique et... quoi ? Je ne sais pas, quelque chose de tordu. Une glace tordue, qui renvoie tantôt de légères courbures de l'être, tantôt d'effroyables déformations. La dissection par réflexion. La notion de l'exagération . « Ça crée un malaise ! », me disait celle qui me présentait ce charmant peintre. Eh bien! ce malaise me plaît beaucoup.

Tantôt, il peint des femmes débauchées, ou plutôt sensuellement épanouies, et j'oserais dire sexuellement lucides, qui ainsi s'entre-tâtent le bitougnet.

Et tantôt, il nous présente de vieilles personnes, déformées par l'âge et par son style un brin cruel.

En fait il peint des sujets plutôt variés. En voici quelques exemples...


Ci-haut, ça me rappelle une ancienne collègue. Laquelle? L'une ou l'autre.
Ah laquelle collègue, pensiez-vous ? No way que je vais
dévoiler son prénom, à Monic...


Si j'étais chargé de trouver un titre à la précédente toile, je la baptiserais :
Femmes-cygnes anorexiques




Je vis un vieillard que j'aurais aimé voilé
De peinture, et encodé dans sa gaie tristesse,
Emberlificoté de traits suant l'ivresse,
L'oeil fort engourdi de vertes tonalités!

dimanche 6 février 2011

Vladimir Kush

Un grand fantaisiste, du nom de Vladimir Kush, né en 1965 à Moscou, que l'on prendrait pour la réincarnation de Salvador Dali si celui-ci n'était pas mort en 1989, bouleverse le monde de la peinture, nous happe par sa candeur.


Two - Vladimir Kush


À première vue surréaliste, Vladimir Kush se proclame adepte du « réalisme métaphorique » ; cela est certes crédible, car le savant coloriste a cet art de peindre des idées simples, auxquelles s'incorporent naturellement d'autres idées tout aussi simples, en sortes de boutades de l'esprit, ce qu'une imagination moins fébrile, aux yeux moins ouverts, aurait pu gâcher. C'est comme dans un palpitant rêve plein de la sève de la naïveté, où les choses s'associent naturellement : telle chose semble être cela, alors elle l'est ; ou alors, ces deux idées, si jolies, semblent pouvoir se combiner : alors pourquoi pas ?

Par exemple, sur telle toile, les ailes d'un papillon seront des piécettes d'or ; sur telle autre toile, les vagues bleu poudre d'une mer sont les plis d'une nappe de table. Avec une richesse de détails, une exécution de prince, un style un brin caricatural, des panoramas inouïs, il donne vie de façon féérique et fantasmagorique aux métaphores candides d'or et d'azur qui traversent son esprit.

Les fruits, les papillons, les objets les plus divers sont son matériel psychique. Nous n'en demandons pas plus. Cet homme près de ses sens, magnétisé par les plus simples beautés, nous renverse en nous renvoyant le monde tel qu'il devrait l'être.


Treasure Island - Vladimir Kush


Ripples on the Ocean - Vladimir Kush


J'aime donc beaucoup cette candeur, ces couleurs. Il y a beaucoup de beauté dans ce qu'il fait, et une beauté jamais compassée, mais plutôt toujours libre ainsi qu'un papillon aux ailes chargées de rêve. C'est également très lumineux. Parions que c'est un homme heureux.

Ce que j'aime par-dessus tout, c'est lorsqu'une toile possède assez de richesse pour suggérer une histoire. Que dire de la prochaine image ? Qu'en pensez-vous ? J'y vois les hommes qui s'unissent, conscients enfin de leur impact terrible sur la biosphère, qui s'unissent, donc, dans le but de sauver une espèce traquée par le dérèglement de la nature, imputable à la sordide Humanité.


Breach - Vladimir Kush


Plus grand que nature, et possédant l'âme d'un enfant, Vladimir Kush sait bien plus que créer des histoires (ce qui est déjà, en peinture, un don). Il sait enfanter le périple. Voici ma toile préférée, que je supposais initialement conçue par Dali ; l'émerveillement que j'éprouve pour elle ne se taira jamais en moi. Tel admirateur jette un coup d'oeil à une toile, consent à laisser les émotions irriguer sa chair, dans cet intervalle de mouvance où il est planté devant elle ; pour ma part, en ce qui concerne cette mirifique escapade imaginaire, je me sens talonné par l'ivresse, même lorsque j'ai le regard clos. Cette oeuvre m'habitera à jamais.

C'est « Le départ du bateau ailé » ; comment faire preuve d'autre chose qu'une miraculeuse foi en observant cette récréation colorée, cette volonté secrète de percer les horizons avec amour ?


Departure of the Winged Ship - Vladimir Kush


jeudi 3 février 2011

Anselm Kiefer

Parmi les artistes visuels contemporains, nombreux sont ceux qui font exploser les formes - j'entends les contours, la netteté -, lesquelles formes cèdent plutôt leur place à un bruit visuel, un touffu chaos. Ne voulant s'encombrer de précision traditionnelle, ils ont d'autres techniques, guidés peut-être par un raz-de-marée émotif ? Leur arme - le pinceau, en outre - dissèque lumière, structures, idées, émotions. On ne regarde pas un paysage à proprement parler, ce n'est pas non plus un surnaturalisme nous y faisant déceler les émotions de l'auteur, c'est l'inverse : des émotions denses, colorées sans nécessairement l'être, ont alors quelque allure de paysage ou de physionomies communes.


S'il est un Allemand qui réussit prodigieusement dans l'art de renouveler l'art (d'ailleurs, le pinceau et la peinture ne sauraient lui suffire (il emploie une multitude de matières)), c'est Anselm Kiefer. Je connais peu Kiefer, mais plus j'observe ses toiles, plus il me fascine. Dans le tordu déraillement de ses oeuvres, je vois poindre une lumière. Si je me fie à une encyclopédie en ligne très connue, Kiefer affirme d'ailleurs : « Plus vous restez devant mes tableaux, plus vous découvrez les couleurs » Je vois du reste dans ses oeuvres des histoires. J'y vois ce qu'auraient pu être les poèmes de Rimbaud s'ils avaient été assujettis par une flamboyante tristesse. J'y décèle une unité sensée, même si le style est broussailleux.


Mais s'il est une oeuvre puissante qui frappe droit au coeur, alors c'est « Pluie d'étoiles » (aussi connue sous le nom de « Chute d'étoiles »). J'ai découvert cette oeuvre (et, ce qui n'est pas rien, Anselm Kiefer lui-même !) tandis que je lisais un magazine d'art il y a quelques années. Ma vie, à cette époque, n'était qu'une immense atrophie dont le seul luxe était une intense, furibonde, sincère rêverie ! Cette oeuvre, donc, résonnait en moi d'une façon particulièrement intime ; mais si l'on exclut l'observateur subjectif que je suis, cette toile est en soi vraiment perçante, très originale. C'est un contraste vertigineux. D'abord, la mort, ou ce qui a l'apparence de la mort ; et le rêve, ou du moins ce qui a l'apparence du rêve, c'est-à-dire un ciel miraculeusement étoilé. Les suggestions sont nombreuses ; et même le moribond (ou celui qui est déjà mort ?) semble les éprouver.