mardi 3 février 2026

Elon Musk, Bill Gates, Donald Trump...

C'est confirmé, être milliardaire ou en haute position de pouvoir prédispose à être une enflure.

Je trouve ça quand même épatant. Qu'est-ce qui lui trouvaient, à ce dégénéré ?

mardi 27 janvier 2026

Victor Lévy-Beaulieu – notre figure universelle locale

En m'éveillant d'une sieste, voilà que je pense à ces mots de Baudelaire, que je tente de reconstituer mentalement. C'est du bricolage. J'en avais assez pour que Google me comprenne et qu'un extrait de L'Art romantique – oui, c'est ça ! – s'affiche à mon écran : « Peut-être est-ce simplement parce que l’Allemagne avait eu Goethe, et l’Angleterre Shakespeare et Byron, que Victor Hugo était légitimement dû à la France. »

Tiens, Dante n'était-il pas dans cette énumération ?

Je me suis demandé qui jouerait ce rôle-là au Québec – de grand écrivain qui est une figure si emblématique qu'elle touche à l'universel. Victor-Lévy Beaulieu, bien sûr !

La citation québécoise pourrait donc être (on m'excusera d'en retirer le Lord Byron, dont je me promets toutefois d'aller lire les oeuvres) : « Peut-être est-ce simplement parce que l’Allemagne avait eu Goethe, l’Angleterre Shakespeare, et la France Victor Hugo, que Victor Lévy-Beaulieu était légitimement dû au Québec. »

dimanche 25 janvier 2026

Rêvé à toi, mon pote

Rêvé à toi, vieux pote perdu dans les brumes. Il m'arrive, de temps en temps, de te croiser dans le couloir du rêve.


L'une des premières fois – je pense que nous étions toujours amis – ta blonde et moi parlions de ta vie avec inquiétude. Une inquiétude associée au VERTIGE. Le décor était une espèce de tableau tridimensionnel inspiré de Mario Bros ®, avec ses plateformes, ses cubes en briques, sa tuyauterie, ses formes géométriques, ses édifices, ses pièges, ses ennemis. Et surtout, c'était un décor avec toi dedans. Tu y incarnais l'ultime joueur qui doit foncer, sauter, et sans doute tomber. Tu étais prodigieux, presque effronté dans ta prouesse. Le hic : ce n'était pas un jeu qui se dressait là dans sa folie architecturale, c'était une allégorie, celle de ta vie.


Déjà, dans le temps, avant même le rêve ci-haut, j'avais fait un rêve sur une machine à voyager dans le temps. Avec cette technologie, on s'en donnait à cœur joie.


Y a eu ce rêve, aussi, où t'avais un style un peu cyberpunk comme ça, on se retrouvait au haut d'une tour. L'un des étages près du sommet. J'étais avec ma blonde du moment, je crois, et on te rencontrait. Tu étais une espèce de fugitif stylé. Une anomalie détectée par le système. Tu te jouais de celui-ci, comme d'habitude, fantôme ayant toujours plusieurs coups d'avance et le secret des fissures, mais tu ne pouvais pas trop rester longtemps, au cas où. Et cette recherche visant à t'éradiquer expliquait, du moins en partie, pourquoi je ne te voyais presque plus dans la vie.


Que dire de ces rêves récents où je trouvais ton adresse, et qu'on renouait à reculons ? Qu'on renouait à peu près. J'étais curieux de savoir ce qui se cachait derrière cette porte, bon sang ! quelle existence menais-tu ? Tu étais en couple, peut-être père de famille, je ne sais plus, et tu menais une existence un peu décalée et farfelue. Une existence qui dit non au système et qui, dans son renoncement à la société, crée sa propre petite société, beaucoup plus marrante.


Bon. Je disais que j'ai rêvé de toi, vieux fantôme. Récemment. Il y a quelques jours. C'était quoi, ce rêve ? Je n'en ai plus une lecture en haute résolution, les jours ont passé. C'était un peu comme ces rêves de retrouvailles récents. Sauf que cette fois, t'avais l'air pas mal emballé de me voir. Je crois que mon fils était avec moi. Tu étais heureux de le voir. C'était un rêve où, contrairement à d'autres, tu exprimais de la joie.


Ça fait beaucoup de rêves pour un type qui a été mon meilleur ami de dix-huit à vingt-cinq ans, à peu près. Tu n'as jamais été mon Étienne de La Boétie, mais j'ai été marqué par ton esprit.


Les nombreuses personnes que je connais incarnent des archétypes dans mes rêves. Toi, maître ès logique et curieux bougre désinvolte, tu es le marginal brillant et cocasse.


Ton passage me signalait sans doute une posture d'accord avec l'une de mes décisions. Moins de vœux frileux, davantage de choix audacieux.

vendredi 9 janvier 2026

L'acte le plus révolutionnaire

L’acte le plus révolutionnaire, dans une ville qui nous appelle avec ses tendresses, ses maîtresses, ses mairesses, ses petits trottoirs luisants de pluie, ses sourires diffus, son air électrique, ses cafés, surtout ses cafés, ses chics ou crasseux cafés, ses cafés remplis de quidams et de dames, c’est de rester chez soi. L’acte le plus révolutionnaire, c’est de s’enfermer à clé, et d'éprouver le bonheur d’être casanier.

Poème haut comme une petite girafe

J’ordonne des sphères
Sous de petits couperets de gaz
Et je prononce,
Coeur et estomac à l’unisson,
Les mots essentiels : 

Matos, atome, hématome, matheux

L’hématome matheux
En particulier me semble
Être un aléa intellectuel digne
De mention

J’espère des huîtres, des
Goélands humides qui
Les pêchent et
Les pincent

Des ordinateurs
Repêchés avec des algues
En guise de chevelures
Qui grognent à l’unisson
Des baleines

J’espère encore quoi ?
Des ablutions stylées,
Des chansons de carnaval,
Une muse qui se prend pour une puce,
Et peut-être, si je me
Commets vraiment
Sentimentalement,
Une girafe noyée dans
L’or de l’Afrique
En fin de journée –
Étant si haute, personne
Ne peut lui reprendre
Sa couronne

jeudi 8 janvier 2026

« Seule l'audace peut nous libérer de la peur »

“Only boldness can deliver from fear. And if the risk is not taken, the meaning of life is somehow violated, and the whole future is condemned to hopeless staleness.”

– Carl Gustav Jung

samedi 3 janvier 2026

Le menu du café-buvette

Blonde belge - 473 ml • 5,5 %
Ale fruitée et maltée, houblons nobles
floraux et épicés

Oiseau rare - 473 ml • 5,5 %
Cidre fermier brut non filtré
sans sulfite ajouté

Tu étais visiblement
Une blonde belge

Oiseau rare, mon frère
M'a déjà dit ça quand j'étais
Jeune

Moins sexy qu'une blonde belge –
Mais efficace dans son mystère

Encrassé de pénombre,
Rêvant de virtuosités sveltes,
je dors ! ô ! nuit d'aurore !

Ce sont ces mots qui lui avaient
Fait dire ça

Ma farce littéraire
Étant construite :

On ne pouvait pas s'entendre
Ma chère, car tu étais (amère comme)
Une bière ;

Et moi, un cidre foufou.

Rappelons aussi tes houblons nobles,
Et mon côté brut non filtré.