Il faudra bien que je parle des synchronicités littéraires qui ont peuplé ma vie...
Un écrivain controversé... Nicolas Boileau... Eric-Emmanuel Schmitt... Shakespeare... Jack Kerouac... Isaac Asimov... Des trucs de malade !...
J'y reviendrai.
Littéralement. Des mots sous divers reflets, mais ce n'est pas un dico. Blogue littéraire et geek de Guillaume C. Lajeunesse.
Il faudra bien que je parle des synchronicités littéraires qui ont peuplé ma vie...
Un écrivain controversé... Nicolas Boileau... Eric-Emmanuel Schmitt... Shakespeare... Jack Kerouac... Isaac Asimov... Des trucs de malade !...
J'y reviendrai.
Je relate ce passage où, venant de recevoir par la poste une biographie de Jeanne d'Arc (celle de Jules Michelet), étendu sur mon lit pour lire quelques pages de l'ouvrage, un arc-en-ciel apparaît sur une page.
C'est ainsi que je relate l'épisode :
Il arrive que de petits arcs-en-ciel apparaissent dans ma chambre. J’impute le phénomène, étant donné mes grandes connaissances en optique, au double vitrage de ma fenêtre ; par endroits, une humidité constante subsiste entre les deux vitres, embrouillant des portions de la fenêtre. Mon hypothèse : la lumière pénétrant par là créerait de minuscules arcs-en-ciel, le plus souvent sur mon plancher. Le phénomène est assez rare. Mon très jeune garçon s’en était amusé une fois.
*
C’est alors que…
Je lisais ces mots :
Sa sublime ignorance qui enfin fit taire toute science en sa dernière épreuve, et rendit muets les docteurs, c’est là un trait unique devant qui tout s’efface. Les vrais sages ici et les savants du cœur ne diront pas comme Moïse : « Dieu a passé… Je l’ai vu par derrière. » Ils diront : « Le voici… Cette lueur est le regard de Dieu. »
Et c’est alors que, lisant le dernier passage, « Le voici… Cette lueur est le regard de Dieu », une lueur aux couleurs de l’arc-en-ciel apparut sur ces mots. Je crus rêver. L’arc-en-ciel ne frappait-il pas le sol, d’habitude ? Je bougeai le livre. La lueur revint.
Récemment, dans une période où je me demandais si je devais retourner à l'université (une vieille question, une indécrottable obsession pour moi ! – moi qui suis autodidacte), il m'est arrivé ceci. D'abord, plantons le contexte. Quelques jours plus tôt, je m'étais adressé à la vie, je lui avais demandé, à cette vie, de me fournir des indices susceptibles d'alimenter mes réflexions. J'avais demandé que des gens viennent me parler d'autodidactisme et/ou d'école.
Il m'est arrivé ceci, disais-je donc. Un jour récent, au travail, je suis descendu dans la foire alimentaire pour un matcha latte. Pendant que j'attendais ma verte boisson revigorante, je regardais mon profil LinkedIn. Observant ma section sur les études, m'imaginant aller finir bac et maîtrise dans des domaines scientifiques, je me suis dit : « Ça ferait ma fierté d'avoir ces études ». À cet instant, un sosie d'Isaac Asimov est passé. Petit, en complet, cheveux blancs peignés par en arrière, immenses favoris blancs, lunettes en plastique noir. Je me suis interrogé sur le sens de cette synchronicité. J'ai d'abord cru que la réponse était sans équivoque : l'université est une bonne voie, car l'illustre écrivain de science-fiction était diplômé jusqu'aux dents.
Ma vision des synchronicités, toutefois, se transforme avec le temps. Sauf dans de rares cas, je ne pense pas que l'univers nous exhorte à faire ceci ou cela ; l'univers, au mieux, nous présente les situations sous différents angles, nous invite à réfléchir.
Ce matin, j'ai écrit sur Google Asimov on school, et je suis tombé sur ceci : “Self-education is, I firmly believe, the only kind of education there is. The only function of a school is to make self-education easier; failing that, it does nothing.”
Cela doit faire, quoi, des années, que je réfléchis, torturé, à mes choix de vie. J'ai considérablement apaisé le processus, il y a peut-être un an, comment dire ? comment dire sans tout révéler ? j'ai apaisé le processus en réduisant l'écart entre où je suis / mes idéaux. Ça m'a aidé, ça, de même que des travaux psychologiques, consistant à consigner des stratégies existentielles, ont su le faire.
Sauf que des velléités m'ont repoussé, récemment, à la lisière de ces obsédantes réflexions des dernières années. C'était non, tout d'abord. Hier soir, en rentrant du festif décor où j'ai planché, la main à la pâte, à mon écriture, planché comme un furieux (4 500 mots environ passés sous mes doigts), j'ai décidé de suivre un itinéraire différent. Ça, les synchronicités aiment ça. Quand on brasse les cartes, qu'on laisse de la place à l'imprévu, un p'tit peu.
Nuitamment, je vogue donc à pied vers ma demeure. Je, et je suis conscient que ce n'est pas tout le monde qui fait ce genre de chose, décide d'induire un état méditatif dans ma tête. Facile, en fait, c'est de l'autohypnose. Ça se fait n'importe où. Messmer vous le dira : il sait entrer dans un état sophronique en une fraction de clignement.
Dans l'état sophronique j'étais donc. En marchant. De l'extérieur, je dois juste avoir l'air un peu absorbé par mes pensées, fatigué du reste. Ce que j'étais et suis souvent, de toute façon. Alors, marche, marche ; pense, pense.
Mon état méditatif, à moi, ressemble à une pensée plus vaste, plus claire, plus logique. J'ai une plus grande aisance à décortiquer les problèmes. Les angles morts de la pensée deviennent des angles de vie.
Ce qui me vient en tête, lors de cette réflexion méditative, et ça ne m'est jamais venu en tête dans toutes ces sages méditations dans les années précédentes, pourquoi ! pourquoi donc ? c'est qu'avant de procéder à des choix, il faut un cadre pour ces choix. Ça semble simple dit comme ça, et ça ne fait pas justice à ce que j'ai ressenti et ai vu.
Ce que mon cerveau m'a proposé : avant de vouloir prendre X, Y et Z choix, assure-toi de réfléchir dans le bon cadre. Tous les autres choix seront ensuite plus faciles. Tu oscilles précisément entre deux cadres :
a) Le cadre Monsieur Madame Tout-le-monde (te conformer aux standards sociaux)
b) Le cadre que tu sais être tien ; le cadre où tu peux t'accomplir réellement*. Mettons, sans griller le petit anonymat de mon cœur, que je parle de neuroatypisme.
*Steve Jobs : “You can't connect the dots looking forward. You can only connect them looking backwards...You have to trust in something - your gut, destiny, life, karma, whatever - because believing that the dots will connect down the road will give you the confidence to follow your heart, even when it leads you off the well-worn path.”
Alors voilà. J'ai cette réflexion fort éclairante. Avant de m'éparpiller dans les choix, solidifier le cadre même où s'effectuent ces choix.
Après cet eurêka sans eau et sans bain, mes yeux se posent sur ceci (je suis retourné le photographier le lendemain) :
Sorti de mon état méditatif par la surprise, mon esprit critique prend le relais : tu as tellement pensé au choix, dans les dernières années, tu devais bien tomber sur quelque chose comme ça au moment d'une de ces réflexions. Ça n'a rien d'une coïncidence significative. Et une autre part de moi : c'est la première fois que tu as une réflexion aussi limpide et spontanément éclairante au sujet des choix, et c'est à ce moment que tu tombes là-dessus.
Clin d'œil de la vie ou trivialité de l'information captée par mes yeux, ç'a trouvé écho en moi.
Dimanche : toute la lumière du Plateau ne saurait pénétrer dans cette seule journée, et pourtant, je l'avais comme avec moi. J'étais joyeux, sans le réaliser (la meilleure joie). Je me retrouve alors, ce dimanche dernier, dans un café autre qu'à mes habitudes.
Je suis à la table centrale, la table commune. À ma gauche, deux types discutent. Mon attention divisée me permet de travailler à mon ordinateur et d'écouter, en simultané. L'un confie à l'autre vouloir devenir Product Owner senior. Ils échangent des stratégies pour progresser dans cette profession. Ils discutent de particularités techniques du rôle, que je vous épargne. J'entends même... le nom de ma compagnie être prononcé.
Puis c'est plus fort que moi :
– Désolé, je ne veux pas m'immiscer dans votre conversation, mais j'ai capté des bribes malgré moi. C'est mon rêve d'être Product Owner.
Et il me semble que c'est mieux sorti à ce moment-là.
Ils trouvent ça intéressant et sympathique. L'un d'eux en particulier me fixe d'une attention soutenue, comme s'il voulait voir où je voulais en venir précisément (les Product Owner ne sont-ils pas des gens d'une grande acuité intellectuelle ?), et comme s'il me trouvait curieux et comique en même temps.
J'ajoute :
– Et j'ai cru comprendre que l'un d'entre vous travaille pour... ?
– Oui, moi, dit celui qui me scrutait attentivement et gentiment.
– Je travaille pour la même entreprise, que je réponds alors. J'occupe le poste de...
S'ensuit une discussion où l'on échange sur la nature de nos rôles, nos secteurs, et cetera. Quant à l'autre, le brun, il travaille pour une start-up.
Le Product Owner et moi, nous nous promettons de reprendre contact dans le cadre du travail. Pour ce faire, il serait utile de connaître nos prénoms respectifs, agrémentés de nos noms de famille.
Il se nomme ainsi : Guillaume. Je tends la main et me présente, Guillaume. Ah ! fait-il, mon ami, ici (celui qui œuvre dans une start-up) se nomme aussi Guillaume. Je lui serre la main également.
Un dimanche parfaitement normal.
La vie a-t-elle entendu ma volonté de devenir Product Owner ?