Littéralement. Des mots sous divers reflets, mais ce n'est pas un dico. Blogue littéraire et geek de Guillaume C. Lajeunesse.
mardi 11 février 2025
C'est lui...
samedi 14 décembre 2024
Dans mon roman (Jeanne)
Je relate ce passage où, venant de recevoir par la poste une biographie de Jeanne d'Arc (celle de Jules Michelet), étendu sur mon lit pour lire quelques pages de l'ouvrage, un arc-en-ciel apparaît sur une page.
C'est ainsi que je relate l'épisode :
Il arrive que de petits arcs-en-ciel apparaissent dans ma chambre. J’impute le phénomène, étant donné mes grandes connaissances en optique, au double vitrage de ma fenêtre ; par endroits, une humidité constante subsiste entre les deux vitres, embrouillant des portions de la fenêtre. Mon hypothèse : la lumière pénétrant par là créerait de minuscules arcs-en-ciel, le plus souvent sur mon plancher. Le phénomène est assez rare. Mon très jeune garçon s’en était amusé une fois.
*
C’est alors que…
Je lisais ces mots :
Sa sublime ignorance qui enfin fit taire toute science en sa dernière épreuve, et rendit muets les docteurs, c’est là un trait unique devant qui tout s’efface. Les vrais sages ici et les savants du cœur ne diront pas comme Moïse : « Dieu a passé… Je l’ai vu par derrière. » Ils diront : « Le voici… Cette lueur est le regard de Dieu. »
Et c’est alors que, lisant le dernier passage, « Le voici… Cette lueur est le regard de Dieu », une lueur aux couleurs de l’arc-en-ciel apparut sur ces mots. Je crus rêver. L’arc-en-ciel ne frappait-il pas le sol, d’habitude ? Je bougeai le livre. La lueur revint.
jeudi 5 décembre 2024
Merci pour le Goncourt – mais je ne suis pas un homme qu'on soudoie si facilement, papillons !
Je vais gagner le prix Goncourt. Avec mon premier roman. Tremblante aspiration. Douce sottise de l'écrire. Je n'ai jamais aimé les prix. Je n'aime pas le Goncourt. Je le respecte et le méprise. Je vais gagner le Goncourt. Il va faire de moi un homme. Je vais en faire ma femme. Ils voudront me remettre le prix Goncourt du premier roman ; télépathiquement, je leur ferai savoir la chose suivante : non. Je vais gagner le prix Goncourt. Le prix Goncourt m'a gagné. Il y en a eu des pas mal, alors ça oui. J'ai aimé La plus secrète mémoire des hommes, cette éblouissante manifestation de génie tressée de fulgurance technique. J'aime Leïla Slimani, mais c'est une autre paire de manches. Une autre paire de hanches. J'aurais aimé aimer la... Saviez-vous que, sur Wikipédia (c'est très littéraire d'inclure des références à la réalité dans ses écrits), dans la petite boîte bleu #7DA7D9 au-dessus de la photo d'Edmond de Goncourt, il est écrit « Monsieur Moustache » Je partage, au cas où quelqu'un se charge de remédier à ce vandalisme innocent. Alors je vais gagner le Goncourt. Mais ce n'était pas mon point, pas celui que je traquais, je poursuivais. Tiens, un exercice littéraire, à la Georges Perec, je vais écrire une phrase qui n'inclut pas : Je vais gagner le Goncourt. Alors voici : allô les copains, je vais gagner. C'est raté. Vous voyez. Je ne suis pas assez scrupulateur pour gagner le haut pavé de l'érudition appliquée de Perec, mais je le suis assez, au ras du sol, avec les famines et les chiens (ça, ça vient d'un de mes poèmes, mais ça s'insérait bien ici) pour remporter, pour ravir, une règle de trois, hihi, pour quoi, je ne sais pas, révolutionner le Gonc'. On va l'appeler comme ça, le Gonc'. Eh ! Maintenant qu'il est à moi, je l'appelle comme je veux, d'accord ? Alors ce point, qu'on traquait. C'est tout à fait irrésistible et sublime, un point qu'on traque. Mon point, le voilà qui montre sa courbure dans le ciel laiteux, c'est que j'aurais aimé aimer la liste entière des récipiendaires du Goncourt, de 1903 à 2024, mais je les lirai plus tard, à ma retraite, quand je serai à l'Académie française (mon projet est de boire des matcha latte hebdomadairement, à tout le moins, avec Dandy Laferrière, mon farfelu maître cosmique). Bon. Alors ! Ce ciel laiteux ! Ce matcha ! Cette irrésistible farce sublime ! Oui. J'aimerais donc être en mesure de comprendre la logique séquentielle, inouïe et légèrement quantique (dans son saut) qui aura conduit l'Académie Gonc' à me décerner son prix. Vous savez, moi, je n'en ai rien à cirer, même si je vais pleurer, sur le même petit balcon que Mohamed Mbougar Sarr. C'est Jésus qui le veut, de concours avec Jeanne. Moi je vais accepter passivement mon destin. Je pense qu'un prix, à tout prendre, c'est un peu le même principe que la caverne de Platon. On pense que c'est un éclat, un soleil, une fournaise nucléaire. C'est plutôt, vous savez, une ombre. La vraie fête, elle est dans la caverne. C'est là qu'on écrit. C'est là que tout se déroule. Un prix, c'est une ombre. Ne vous y trompez pas. Ceux qui se réjouissent des prix, en vérité, c'est qu'ils n'ont pas assez bossé dans les cavernes. Un écrivain est un troglodyte, qu'on se le dise. S'il vous dit l'inverse, c'est qu'il est un chien, une veuve, une protubérance. Mais un écrivain, dans le dessein de socialiser, et dans le désir de pérennité de son œuvre, doit quelquefois sortir de son antre. Alors on le décore d'une ombre. Le Goncourt est une ombre avec laquelle je saurais batailler, dont je saurais m'accommoder. Et je ne dirai pas : merci de m'avoir photographié, merci de m'avoir aimé, merci de m'avoir vu. Je dirai : merci aux quelques curieux qui, ayant compris l'allégorie susdite, font les quelques pas supplémentaires et requis pour regarder dans ma caverne. C'est ça, un prix. Et c'est pour ça que je l'accepte, finalement, votre Goncourt.
vendredi 22 novembre 2024
Il est enfin chez les éditeurs
Derrière ce livre, un travail de feu, de fou, de foi. Je le dois à une petite partie de moi-même, et beaucoup à l'univers, qui fut, dans ses encouragements incessants, mon immense et bienveillante figure tutélaire.
jeudi 21 novembre 2024
samedi 17 août 2024
Jeanne d'Arc
« Les clercs et les lettrés étaient gênés par son manque d'identité fixe, elle qui était à la fois femme, vierge, guerrière, prophète et capitaine. De quel modèle féminin pouvait-on la rapprocher ? Marie la rédemptrice ou Eve la maudite ? »
– Jeanne d'Arc, Le glaive et l'étendard (Olivier Hanne)
samedi 20 janvier 2024
Traduire une lettre de Jeanne d'Arc en français un peu plus moderne
Rien de très sérieux, rien de très scientifique. J'ai consulté en ligne deux ou trois traductions, aussi. Comment dire, hm, hm, je cherche un équilibre entre français ancien et français moderne. D'abord, la version originale.
Conte d'Armignac, mon très chier et bon ami, Jehanne la Pucelle vous fait savoir que vostre message est venu par devers moy, lequel m'a dit que l'aviés envoié par-deçà pour savoir de moy auquel des trois papes, que mandés par mémoire, vous devriés croire. De laquelle vous ne puis bonnement faire savoir au vray pour le présent jusques à ce que je soye à Paris ou ailleurs, à requoy, car je suis pour le présent trop empeschiée au fait de la guerre : mais quant vous sarey que je seraz à Paris, envoiez ung message pardevers moy, et je vous feray savoir tout au vray auquel vous devrez croire, et que en aray sceu par le conseil de mon droiturier et souverain seigneur, le Roy de tout le monde, et que en aurez à faire, à tout mon povoir. A Dieu vous commans ; Dieu soit garde de vous
Escript à Compiengne. le XXII° jour d'aoust
Conte d'Armignac, mon très cher et bon ami, Jeanne la Pucelle vous fait savoir que votre message est venu par-devers moi, lequel m'a indiqué que vous l'aviez envoyé pour savoir de moi lequel des trois papes, mandés par mémoire, vous devriez croire. Chose que je ne peux pas vous faire savoir à présent, jusqu'à ce que je sois à Paris ou ailleurs, car je suis pour le présent trop empêchée au fait de la guerre : mais quand vous saurez que je serai à Paris, envoyez un message par-devers moi, et je vous ferai savoir toute la vérité que vous devez connaître, et que j'aurai sue par le conseil de mon droit et souverain seigneur, le Roi de tout le monde, vérité qui vous sera utile, en vertu du pouvoir que je possède. Que Dieu vous garde dans ses bonnes grâces.
Écrit à Compiengne, le 22e jour d'août
dimanche 20 octobre 2019
Portrait d'une femme
Rouge, rouge comme une hécatombe distillée au centre de la Terre, son cœur est rouge.
C'est une surdouée de l'amour !...
Et une brute indéfectible.
Elle aura le loisir d'avoir l'aura gonflée à bloc.
Elle a le front lisse et parfait. C'est un bandeau de chair recouvrant la science de sa fureur noble.
Ses cheveux blonds sont minces et sensibles.
Elle a l'oreille petite et sensuelle. N'essayez pas de la mordre.
Elle a la lèvre réservée, mais très adaptativement expansive en cas de cri.
C'est son regard qui occupe toute la figure.
Ce regard semble faire gonfler les dimensions qu'il observe. La précieuse pitance de l'amour s'y retrouve en quantité aboulimiquement illimitée.
Elle éclatera d'amour ou l'amour lui éclatera la gueule.
Amen que pourra.
jeudi 26 septembre 2019
jeudi 22 septembre 2016
Ça devrait figurer dans mon roman, ça
— Boris Cyrulnik, Sauve-toi, la vie t'appelle
vendredi 16 septembre 2016
Un poème de Claude Gauvreau
Ce n’est pas vrai
Je suis Dieu pour mes sourires secrets
Et en vérité je suis moi-même
Franc noble et plein de liberté
Draggammalamalatha birbouchel
Ostrumaplivi tigaudô umô transi Li
— Claude Gauvreau


