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dimanche 25 janvier 2026

Rêvé à toi, mon pote

Rêvé à toi, vieux pote perdu dans les brumes. Il m'arrive, de temps en temps, de te croiser dans le couloir du rêve.


L'une des premières fois – je pense que nous étions toujours amis – ta blonde et moi parlions de ta vie avec inquiétude. Une inquiétude associée au VERTIGE. Le décor était une espèce de tableau tridimensionnel inspiré de Mario Bros ®, avec ses plateformes, ses cubes en briques, sa tuyauterie, ses formes géométriques, ses édifices, ses pièges, ses ennemis. Et surtout, c'était un décor avec toi dedans. Tu y incarnais l'ultime joueur qui doit foncer, sauter, et sans doute tomber. Tu étais prodigieux, presque effronté dans ta prouesse. Le hic : ce n'était pas un jeu qui se dressait là dans sa folie architecturale, c'était une allégorie, celle de ta vie.


Déjà, dans le temps, avant même le rêve ci-haut, j'avais fait un rêve sur une machine à voyager dans le temps. Avec cette technologie, on s'en donnait à cœur joie.


Y a eu ce rêve, aussi, où t'avais un style un peu cyberpunk comme ça, on se retrouvait au haut d'une tour. L'un des étages près du sommet. J'étais avec ma blonde du moment, je crois, et on te rencontrait. Tu étais une espèce de fugitif stylé. Une anomalie détectée par le système. Tu te jouais de celui-ci, comme d'habitude, fantôme ayant toujours plusieurs coups d'avance et le secret des fissures, mais tu ne pouvais pas trop rester longtemps, au cas où. Et cette recherche visant à t'éradiquer expliquait, du moins en partie, pourquoi je ne te voyais presque plus dans la vie.


Que dire de ces rêves récents où je trouvais ton adresse, et qu'on renouait à reculons ? Qu'on renouait à peu près. J'étais curieux de savoir ce qui se cachait derrière cette porte, bon sang ! quelle existence menais-tu ? Tu étais en couple, peut-être père de famille, je ne sais plus, et tu menais une existence un peu décalée et farfelue. Une existence qui dit non au système et qui, dans son renoncement à la société, crée sa propre petite société, beaucoup plus marrante.


Bon. Je disais que j'ai rêvé de toi, vieux fantôme. Récemment. Il y a quelques jours. C'était quoi, ce rêve ? Je n'en ai plus une lecture en haute résolution, les jours ont passé. C'était un peu comme ces rêves de retrouvailles récents. Sauf que cette fois, t'avais l'air pas mal emballé de me voir. Je crois que mon fils était avec moi. Tu étais heureux de le voir. C'était un rêve où, contrairement à d'autres, tu exprimais de la joie.


Ça fait beaucoup de rêves pour un type qui a été mon meilleur ami de dix-huit à vingt-cinq ans, à peu près. Tu n'as jamais été mon Étienne de La Boétie, mais j'ai été marqué par ton esprit.


Les nombreuses personnes que je connais incarnent des archétypes dans mes rêves. Toi, maître ès logique et curieux bougre désinvolte, tu es le marginal brillant et cocasse.


Ton passage me signalait sans doute une posture d'accord avec l'une de mes décisions. Moins de vœux frileux, davantage de choix audacieux.

samedi 8 juin 2024

Le rêve où les cœurs poussent

Le mot « cœur », dans le précédent poème a fait revenir un rêve à ma mémoire. Un rêve que j'ai fait cette nuit.

J'ai rêvé, donc, que je m'associais à une scientifique, qui, à partir de prises de sang, avait la capacité de faire pousser des cœurs. Elle possédait une dizaine de fioles contenant le liquide rouge. Je ne sais plus si c'était le mien. Nous voulions planter ces fioles en terre, quelque chose comme ça, afin de faire pousser des cœurs. Je ne savais pas si c'était précisément légal et moral. Elle laissait entendre qu'avec moi, c'était un projet possible. Somme toute, nous étions excités par ce projet. Chez moi, nous cherchions une boîte dans laquelle ranger le tout, en attendant de mettre notre projet à exécution.

samedi 25 septembre 2021

L'acte de foi, et la foi en soi

“Leap, and the net will appear.” (Saute, et le filet apparaîtra.)

— John Burroughs

Ce n'est pas la première fois que j'entends parler du concept de filet, quand il est question de s'élancer. Affirmer qu'il ne faut pas rechercher de filet avant de foncer ou qu'un filet apparaîtra après qu'on ait sauté, c'est rigoureusement équivalent dans la circonstance.

Dans une veine analogue, c'est intéressant, parce que cette nuit, j'ai rêvé que le facteur numéro un de réussite, c'est la confiance en soi (évidemment, je ne parle pas de la confiance en soi excessive qui frise l'arrogance, qui hurle son insécurité sous-jacente). Rêve rapide, ou dont je ne peux que récupérer des flashs... Rêve épiphanique, où j'ai vu les destins de personnes que j'admire et leurs moments charnières. Rêve où m'apparaissait mon visage, retouché par les filtres étonnants de l'onirisme, absorbé par les stratégies à concevoir dans la vie. Mais un déclic s'opérait, je comprenais que trop de stratégie équivaut à trop de détours. Pour suivre des lignes droites, il faut cultiver sa confiance en soi.

On pense parfois qu'on ne peut pas avoir davantage confiance en soi, comme s'il s'agissait d'un sentiment personnel figé, d'un engrenage qui ne peut pas être remplacé. Je pense qu'on peut, dans une certaine mesure, décider de s'accorder de la confiance, au même titre qu'on peut décider d'accorder de la confiance à quelqu'un. C'est un acte d'ouverture envers soi. Qui plus est, sur notre chemin, on risque de rencontrer quantité d'individus voulant appliquer la règle de la faible ambition non seulement à eux-mêmes, mais aussi à leurs prochains, nombre d'individus souhaitant sourdement niveler autrui à l'étage de leur impuissance et de leurs désirs flétris : il faut passer son chemin et ignorer.

samedi 31 octobre 2020

La nuit, terreau de poésie

Je ne suis jamais aussi enchanté et sévère que lorsque je lis de la poésie.

Enchanté, parce que c'est la première forme littéraire où je me suis épanoui; sévère, parce que je suis critique, justement, sans même le vouloir…

Toutefois, je me dois d'être honnête. Nébuleux, mais honnête. En fait, je dis à qui veut bien l'entendre qu'il est l'un des rares vrais poètes, au Québec.

Je lui reprochais seulement, en moi-même, de parfois être comme un boxeur qui retient ses coups.

En lisant son plus récent recueil, j'ai eu la preuve que je me trompais à moitié. Ou il est pour ainsi dire circonspect, ou il est torrentiel. Il ne semble pas y avoir d'entre-deux.

Je l'ai lu avant de m'endormir, hier soir. Je décelais malgré moi la mécanique sous-jacente à ses vers, je découvrais ses recettes. Pour rire, j'ai improvisé quelques vers semblables aux siens, devant ma blonde.

Suite logique. J'ai rêvé cette nuit que je le pastichais. Ma blonde, dans le versant onirique de la vie, de la nuit, sur l'autre facette du sou noir, voulait à nouveau que je lise à voix haute comme lui. J'avais, quoi, trois pages de poèmes pastichés. J'étais tellement absorbé dans l'écriture que finalement, je ne lui récitais rien.

Puis je me mettais à bricoler, mentalement, ma propre poésie.

Dans ma suite de rêves, les phrases fusaient, s'enchaînaient sans relâche, sans effort. Une tournure en particulier m'avait marqué. Parfois, je parvenais à me la remémorer. Plus mes rêveries naturelles progressaient, plus je l'oubliais, à mon grand désespoir.

Vers la fin de la nuit - toujours en rêve - j'ai dit cette phrase: «Il a mis le feu dans mes souliers».

Ce fut alors le grand torrent: je débitais des vers poétiques avec la même facilité qu’Eminem fait du free-style.

En m’éveillant, j’ai réussi à capter quelques bribes. La séquence que j’ai attrapée est la suivante... Je me suis empressé de la noter sur mon appareil mobile:

J'aimerais que tu me murmures à l'oreille la délicatesse des astres, l'étiolement cendré des nuits, l'ordre menuisier des conifères.

lundi 4 septembre 2017

Quel rêve !

Quel rêve ai-je fait !...

Jolie nymphe, caractérielle sans en avoir l'air, adorablement svelte, au sourire fendu jusqu'aux pommettes roses ; jeune femme féminine à en mourir aux légers et longs cheveux bruns, souriante du sourire coquin et convaincu.

— Connais-tu la vitesse de la lumière ? qu'elle me demande.
— Oui, dis-je.

Incertain de ce qu'elle voulait me communiquer, attendant qu'elle darde un rayon, un indice sur moi, je me triturais paresseusement la cervelle. 300 000 km / s ?...

Je me croyais lancé sur une discussion intellectuelle. Elle en profite pour me faire une surprise, soit me donner un baiser sur la bouche, implacable, éphémère et drôlement gai.

— La lumière, c'est la même chose qu'un baiser, c'est vite arrivé, qu'elle ajoute, tendre.

Double symbolique, douce symbolique au passage ! Un sort favorable est vite arrivé, parfois, comme l'amour ; il suffit d'un nouvel aiguillage cosmique pour faire fondre les brumes, à l'instar d'un influx d'optimisme se frayant crânement un chemin dans la matière grise. Or, je ne sais pas qui de nous deux a le regard plus ébloui... Moi qui la réverbère sous mes cils, ou elle qui me capture dans ses abîmes onctueux.


jeudi 30 août 2012

Pensay of the dée

On ne joue pas ses passions comme des pions. On ne calcule pas, ne s'alloue pas un peu de temps ici, un peu de temps là. Une passion est une reine névrotique qui va où elle veut et transcende le quadrillé de l'existence.

Quand on aime, on ne compte pas. On se rue, on est une brute ingénieuse.

S'approprier ses passions, après la torpeur sirupeuse, ça ressemble à ça :


mardi 31 juillet 2012

Il se prénomme ainsi Richard...

Julie et moi habitions jusqu'à tout récemment près du Métro Beaubien.

Or, dans ce secteur, tout près du Café de l'Apothicaire, se trouve un vieil homme constamment scotché à son banc, tel un phare âgé — mais fier — dans la ville valétudinaire. Celui-ci distribue, sur un bout de papier, un message de paix, toujours le même...

Je me souviens lorsque j'ai croisé cet individu, la première fois. Il me semblait un brin étrange ; je ne savais pas a priori s'il avait toute sa tête, mais j'ai accepté le billet fraternel et spirituel qu'il m'a tendu, et je l'ai lu en retournant chez moi. Comme je cherchais frénétiquement, dans cette période de ma vie, tous les possibles visages de Dieu, avide de synchronicités, je vis en ces écrits la manifestation du numineux.

Puis, au fil des mois et des mois coulant et s'étirant, lorsqu'il m'arrivait de recroiser ce bonhomme — d'ailleurs fort souvent, celui-ci étant un jalon du parcours me menant à l'épicerie —, j'étais secrètement saisi d'admiration pour son oeuvre modeste ; néanmoins, comme tout le monde, je me fondais dans le flot cadencé et pressé de la foule. Si mon regard devait croiser le sien, une espèce de communication tacite, de toute façon, lui permettait de savoir que j'avais naguère accepté l'une de ses notes lumineuses, et me permettait de comprendre qu'il l'avait saisi.

Lorsque Julie croisa ce monsieur pour la première fois, elle voulut le connaître. Rapidement, elle tissa un lien avec lui. Elle put même, avec l'expérience, lui arracher de-ci de-là un sourire, ce qui constituait chaque fois un événement. Ainsi lui parla-t-elle sans barrières, avec sa foudroyante gaieté, à chaque fois que nous le croisions. Tendre Julie ! Par ricochet, j'engageais moi aussi la conversation avec lui.

Ainsi, j'ai dû retourner, hier, une dernière fois dans le rayon du métro Beaubien. J'en ai profité pour discuter avec le vieux Jésus débraillé. Celui-ci m'a de nouveau remis un papier, en spécifiant d'aller voir son site web. J'ai réalisé que son nom figurait sur le mémo ; il signe : Très sincèrement vôtre : Richard Dennis

J'ai trouvé sur son blogue le documentaire suivant, qui est merveilleusement réalisé :




dimanche 18 mars 2012

Par-delà l'écharpe d'Iris

Il n'y a pas une personne que je connaisse qui n'aime pas cette chanson, si pénétrante, ode qui fait du rêve un voyage à ce point. J'ignorais qui l'interprétait, à présent je sais que la suave voix semblant surgir des confins qui porte ce simple et chaud message, c'est celle d'Israel Kaʻanoʻi Kamakawiwoʻol, décédé en 1997. J'imagine cet homme, à présent, dans son domaine d'azur, se pencher sur le berceau vagissant de l'humanité, afin de lui chanter cette berceuse aux vertus émollientes pour l'âme. Je n'avais jamais vu les images qui se rattachaient à cette poésie du coeur. Les voici. Je les partage avec vous, comme on l'a fait avec moi, hier. Après m'avoir montré son ukulélé, petit luth à quatre cordes dont le seul nom suffit à convaincre de l'intérêt qu'on doit lui porter, il m'a fait voir cette vidéo.