Comme cette blonde maigre que j'ai vue se diriger vers le Café Névé.
C'est ce que j'ai retrouvé dans mes notes de la semaine. Le genre de femme que je n'ose pas aborder, et que je devrais. Cette blonde maigre, à la peau pur lait. À la jeunesse saillante dans les os minces, aux muscles maigres (les omoplates saillantes). De dix-neuf ans peut-être. Elle marchait si inaltérée par la vie encore que je crus voir une fleur nouvellement née, qui n'a jamais connu ogres ou orages. (Ou peut-être les avait-elle connus tous, ce qui revient au même, car cela réinitialise l'âme.) Les yeux pastel, elle dominait mon expérience de l'avenue. De l'avenue Mont-Royal faite piétonne. J'observais son déhanchement et sa grâce de fantôme... Le front ruisselant, quittant le café pour ma part, j'ai seulement goûté à l'instant suspendu.
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