Ça pourrait sembler étonnant, mais je n'ai jamais joué au Scrabble.
Dans un café que je visite avec mon fils – toujours le même, après que nous nous soyons fait couper les cheveux –, sur une grande table centrale se trouve un plat qui, aspect décoratif, est empli de lettres de Scrabble. Les pièces sont couleur bois pour la plupart ; quelques-unes sont vertes, roses, jaunes. Cela a de quoi interpeller mon garçon. Celui-ci me demande souvent d'écrire son nom ou des choses comme ça.
Hier, pour varier, il m'a demandé de composer un mot. Avec vertige, j'ai contemplé les lettres. Mon esprit, qui aime maximiser, n'était pas capable de composer un mot avec ce fatras de lettres.
Puis j'ai vu le mot : rafle
Puis j'ai vu : je
Puis j'ai vu : ton
Puis j'ai vu : son
JE RAFLE TON SON.
Le poète qui capte le bruit pour en faire une chanson. Ça me fait aussi penser à cette phrase de Hemingway : "In any art you're allowed to steal anything if you can make it better."
Finalement, j'ai peut-être bien fait de ne pas jouer au Scrabble : j'ai plus de facilité à distinguer une phrase poétique qu'un mot payant.
C'est une bonne chose que je sois poète finalement.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire