J'ai tellement parlé de Boris Vian, sur mon blogue et dans la vie, que c'en est indécent.
Longtemps, jusqu'au début de la trentaine, ayant franchi la porte d'entrée de la librairie, je me dirigeais vers le rayon des romans étrangers, tout droit à la lettre V.
Voulais voir s'il avait publié quelque chose de nouveau, même s'il était mort en 1959. (Ce n'était pas entièrement con, après tout, considérant la parution de Mademoiselle Bonsoir suivi de La Reine des garces en 2013, et du roman On n'y échappe pas, en 2020 – Vian, le roi de l'intemporalité)
Pourtant, je l'ai tellement aimé que j'ai fini par le détester. Juste un tout petit peu. Mais détester un petit peu, c'est détester beaucoup.
Je l'ai perçu comme un père jusqu'à scruter toutes ses failles et juger son legs, son empreinte sur moi, même si c'est moi qui l'avais choisi et adopté.
Mais ce matin – dans le demi-sommeil c'était, je crois – la figure du Transcendant Satrape m'est apparue éclatante. C'est-à-dire que son nom a repris sa dorure d'antan, comme s'il avait été astiqué plutôt que voué aux asticots. Je sais plus par quel songe j'ai été frappé ; c'est comme si Boris Vian était devenu le nom d'une institution ou quelque chose comme ça.
J'me suis empressé de prendre mon téléphone et j'ai noté :
Boris Vian - Mon père, mon prince, mon ami, mon héros, l'antidote à tous mes soucis.
Ouais. Je l'ai aimé.
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